TAG – Si je m’écoutais…

Aujourd’hui, un nouveau TAG trouvé sur le blog Le monde de Typhaine créé par Marie du désormais célèbre blog Muffins and books, dont je m’inspire régulièrement. Merci à vous deux chères collègues blogueuses ! 🧡

pretty cool

Si je m’écoutais … quel livre j’achèterais immédiatement ?

Le second tome de la saga « Aberrations » de Joseph Delaney. J’avais pré-commandé le premier tome, mais finalement, je préfère attendre d’en avoir quelques-uns d’avance.

Si je m’écoutais … quel livre je lirais immédiatement ?fall

Aujourd’hui, j’ai très envie de lire « L’institut » de Stephen King ! Il est dans ma wish-list depuis sa sortie.

Si je m’écoutais … que livre je relirais alors que je l’ai lu il n’y a pas si longtemps ?

Le tout premier tome de la saga « L’épouvanteur » de Joseph Delaney. Oui, encore lui.

Si je m’écoutais … quel livre je jetterais au feu ?

Quelle horreur ! Bien que certains romans ne soient pas à mon goût, jamais je n’accepterai d’en jeter un au feu.

Si je m’écoutais … quel livre je relirais encore et encore ?

Cette question est compliquée. J’aime la découverte. Relire un livre, ce n’est pas dans mes habitudes. Sauf quelques exceptions comme les tomes de la saga « L’épouvanteur », parce qu’ils sont faciles et rapides à lire, surtout le premier que ordij’affectionne tout particulièrement pour son ambiance.

Si je m’écoutais … quel livre je forcerais les gens à lire ?

Je préfère les conseiller plutôt que les forcer, mais il y a bien un livre que je conseille régulièrement : Entre deux mondes, d’Olivier Norek.

Si je m’écoutais … quel livre j’admirerais pendant des heures ?

Je préfère les lire à vrai dire, mais j’aime tout particulièrement les couvertures des romans Steampunk, comme « Le Paris des Merveille », « Rouille ». Et les romans de science-fiction des éditions « J’ai lu », comme « Le cimetière des papillons » et « La nuit des lumières ».

Si je m’écoutais … pour quel goodie littéraire je craquerais, là, tout de suite ? 

Probablement un marque-page ! Je traîne le mien depuis des années, il s’agit d’un cadeau. Le fameux marque-page fermeture Éclair. J’ai d’ailleurs perdu un morceau et il est mâchouillé par endroit… Mais chut ! C’est un secret.ordi deux

Si je m’écoutais … quel livre j’achèterais en plusieurs éditions ?

Il n’y a qu’une raison pour que je fasse ce choix : je me suis procuré le premier roman d’une saga et je ne trouve pas les autres tomes du même éditeur. J’achète donc le premier dans une autre édition pour l’esthétique de ma bibliothèque.

Si je m’écoutais … qu’est-ce que je ne ferais plus pour gagner du temps de lecture ?

Mon temps de lecture est idéal. Je n’ai pas envie de renoncer à mes autres passions et… J’ai besoin de dormir, manger travailler et étudier. La situation me convient comme elle est. 🧡

N’hésitez pas à reprendre le TAG et mentionner sa créatrice ! Je suis curieuse de connaître vos réponses.

Aussi, j’ai sciemment refusé de mettre les couverture des livres que j’ai évoqué, préférant mettre en avant des GIFs de l’artiste Carlotta Notaro. Vous pouvez retrouver son travail sur Giphy.

Signé C.
bye

La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond – Serge Brussolo

Résumé : Femme scaphandrier, Lize Unke appartient à la brigade de police fluviale chargée d’enquêter sur la catastrophe du métro englouti. Qu’est-il réellement arrivé, ce jour-là, quand le plafond du tunnel a crevé, laissant le fleuve s’engouffrer dans le réseau souterrain pour noyer des kilomètres de galeries, de rames… et des milliers d’usagers ? Bien des années ont passé depuis le drame, mais l’énigme reste entière. On parle de survivants, prisonniers de poches d’air. Des survivants qui connaîtraient la vérité… mais que personne ne semble pressé de ramener à la surface. La solution du mystère est là, quelque part dans le labyrinthe des tunnels inondés. Lize, qui a perdu sa jeune sœur dans la catastrophe, s’est donné pour mission de faire la lumière sur cette étrange histoire. Décision imprudente s’il en est, car quoi de plus vulnérable qu’un scaphandrier perdu sous les eaux !

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis :
« D’abord il y a la fissure qui s’ouvre dans le plafond de la station. Cric-crac-criiic-criiic… »
La première phrase d’un roman qui va vous faire suffoquer d’angoisse.

Hydrophobes, abstenez-vous ! Brussolo n’a pas fini de nous faire frissonner. Je venais de refermer « La princesse noire », d’abandonner derrière moi les enfants infirmes, la crasse, la maladie et les mensonges, pour plonger dans l’horreur d’une station de métro inondée. Le lendemain, je dois avouer que j’ai regardé le plafond, en empruntant les couloirs de la ligne 9. J’ai même jeté un second coup d’œil en attendant que la rame qui circule entre Pont de Sèvre et Mairie de Montreuil arrive.

Contrairement à ma récente lecture de Brussolo qui m’a étrangement surprise de par sa fin optimiste, nous sommes cette fois en présence d’un grand classique de l’auteur ! Une atmosphère étouffante, une sensation de danger imminent qui ne vous lâche plus. Une héroïne forte et fragile à la fois. Une femme bouleversée, perdue, qui n’hésite pas à enfiler son scaphandrier pour plonger parmi les cadavres immergés à la recherche de celui de sa petite sœur, espérant peut-être au passage noyer sa peine dans l’eau trouble.

J’ai remarqué avec autant d’étonnement que de plaisir, qu’aucun homme n’a pris le pouvoir sur l’héroïne, ce qui est je trouve, très rare dans les œuvres de l’auteur. Cela dit, dans le roman « La princesse noire », il n’y avait pas non plus cette notion de soumission que je reproche souvent à mon auteur favori, juste un chantage d’un adolescent, mais au fond, Inga avait accepté cette situation.

Scaphandrier
Casque de scaphandrier en cuivre et laiton à 3 boulons.

Dans un premier temps, nous découvrons Lize, hantée par le souvenir de la catastrophe, cauchemardant sans relâche de la mort de sa sœur Nacha. Refusant catégoriquement d’accepter le diagnostic de la psychologue lui répète pour la énième fois que tout vient de sa peur de devenir mère. Pourtant, sans cesse, elle parle de la voûte qui crève « comme un ventre », de son métier de « fœtus d’acier », avec ce fameux « cordon ombilical » sans lequel elle succomberait à une asphyxie. Je dois vous avouer que j’ai trouvé cette psychologue antipathique. Pourtant, en tournant les pages, j’ai constaté que Lize comparait souvent son métier à la grossesse, pire encore, elle s’était obligée enfant à être une mère pour Nacha.

Toute cette partie s’atténue rapidement, laissant place à l’angoisse de la plongée. Le travail de Lize consiste à piller les tombeaux sous-marins, rien d’illégal, promis ! Ce système permet de récupérer les papiers d’identité des cadavres pour les recenser et ainsi permettre aux familles de faire leur deuil. L’héroïne s’obstine, malgré les problèmes de santé que cet emploi engendre, à s’immerger plusieurs heures dans l’eau. Seule, à la merci des scaphandriers clandestins, qui pourraient d’un seul coup de couteau dans le tuyau d’approvisionnement en air, la tuer. Cette persévérance vient du fait, comme dit plus haut, qu’elle veut à tout prix retrouver sa sœur. Morte ou vive. Car il a été prouvé qu’il existe des poches d’air où se sont réfugiés des survivants ! La seconde partie de son emploi consiste à déposer des vivres dans ces grottes pour permettre aux rescapés de s’alimenter, se laver, s’habiller, survivre en somme. Ces derniers refusent tout contact avec leurs potentiels sauveteurs.

Un jour, ne tenant plus, la jeune femme décide de chercher Gudrun, l’amie de Nacha, qui lui ressemble physiquement et qui de par sa carrière de comédienne est capable de l’imiter à la perfection. Elle espère obtenir des informations sur sa sœur qui ne souhaitant plus être autant couvée par son aînée, avait disparu trois ans avant l’accident du métro. Elle y descendait pour mendier en jouant de la guitare. Lize tentait de renouer un lien avec elle, mais Nacha continuait de lui tourner le dos, préférant la dangereuse compagnie de Gudrun. Ayant enfin trouvé la localisation de cette dernière, Lize va accepter sa proposition : des informations sur les trois années de la vie de sa sœur où elle n’a pas pu être présente, contre une nuit dans l’appartement de l’héroïne. Grâce à cet échange, Gudrun va réussir à semer le doute dans la tête de Lize. L’accident était-il réellement dû à un tremblement de terre ? Est-ce réellement parce que les sortir de là serait trop couteux que les autorités ont décidé de laisser les survivants sous terre ? Les scaphandriers clandestins ont-ils pour mission de rapatrier les corps pour les familles ? L’enquête commence.

Son dénouement est abominable. Nous comprenons au fil des pages, que ce qui a créer l’inondation est l’explosion d’un laboratoire militaire clandestin. Un lieu où les chercheurs s’évertuaient à trouver un moyen de faire « des guerres propres », sans cadavres pourrissants, sans destructions de bâtiments. Sortir les morts ou les vivants, dévoilerait la supercherie. Quant à nos clandestins, il est bien vrai qu’il repéchait les dépouilles au début, néanmoins l’activité bâtant de l’aile, ils se sont mis à répondre à des requêtes plus malsaines. Le gaz mis au point par le laboratoire a des propriétés très étranges, celle de momifier instantanément. Laisser les peaux des cadavres intactes et d’une belle couleur miel. Les riches ont commencé à s’intéresser à ce surprenant cuir. Les clandestins violaient les tombes immergées pour ce commerce morbide.

Après un court moment dans la poche de gaz principale, Lize perd toute notion de temps. Elle perd également ses capacités à réfléchir. Tantôt amorphe à cause de l’excès de CO2, tantôt galvanisée par celui d’oxygène, elle ne peut que vivre au rythme de la tribu dans laquelle elle a échoué. Un instant de lucidité lui permet de retrouver la trace de sa soeur, et la demoiselle elle-même après avoir traversé le couloir de la peur. Une bonbonne de gaz provocant des crises de panique déversait la substance dans ce lieu. La jeune femme qu’elle pense être Nacha ne daigne pas lui adresser la parole, défigurée selon les rumeurs, elle ne se sépare jamais de son masque, aussi Lize repartira sans la moindre certitude.

Le lecteur n’en sait pas plus que Lize. Une fin typique des romans de Serge Brussolo. Nous retrouvons notre héroïne, amorphe, incapable de savoir si la jeune femme du métro était bien Lize, ou si elle se tient devant elle en prenant le rôle de Gudrun. Pire encore, Brussolo répète mots pour mots des passages du roman faisant référence à la vie que mène les rescapés. Nous comprenons grâce à ses répétitions que le cerveau de Lize a subit des dégâts irrémédiables, tout comme les « survivants » elle perd la mémoire, elle alterne les phases d’apathie et d’euphorie. Une partie de cette femme restera emprisonnée à jamais dans la grotte des survivants…

Brusquement elle se sentit emplie d’une bouffée d’euphorie. Une mousse de bulles multicolores envahit son cerveau, et pour traduire sa joie elle ne sut que crier :
« Marathon ! Marathon ! »
Quand elle reprit son calme, Gudrun pleurait.

Les dernières phrases d’un roman qui va vous faire suffoquer d’angoisse.

Anecdote :Badge PAC 2020 Lu pour le Pumpkin Autumn Challenge 2020, menu automne frissonnant, catégorie « Esprit es-tu là ? » (Fantôme, fantôme du passé, famille, historique, classique). Comme vous pouvez le constater, il s’agit d’un fantôme du passé… Petit bonus : j’ai trouvé ce livre dans ces fameux grands bacs de livres d’occasion de la librairie Boulinier, à Paris bonne nouvelle ! 🎃📚

Bonne lecture, Signé C.

La princesse noire – Serge Brussolo

Résumé : Capturée puis vendue comme esclave par des pillards vikings, Inga est achetée par une étrange châtelaine surnommée « la Princesse noire ». Quel est le secret de cette femme solitaire qui règne en maître sur un manoir en ruine où elle recueille des enfants infirmes abandonnés par leurs parents ? Inga sent qu’un mystère pèse sur les lieux. Les adolescents dont elle a la garde chuchotent de bien curieuses histoires à propos d’une créature qui hanterait les souterrains. Un assassin qui, tel l’ogre des contes, viendrait à chaque nouvelle lune prélever son tribut de chair fraîche. Qui se cache sous le masque d’un dieu barbare pour commettre ses crimes en toute impunité ? Quelles manigances se trament dans le secret des oubliettes ?

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : Autant vous le dire : avant même le premier chapitre nous avons un avertissement écrit de la main de l’auteur. Avertissement qui concerne l’appellation des dieux vikings mais pas que ! Il nous parle de l’âge des protagonistes, qui nous paraîtront extraordinairement jeunes, mais nous assure qu’à cette époque on était considérés comme adulte à partir de 12 ou 13 ans… Connaissant l’auteur et les passages malsains dans ses livres, j’ai eu peur. C’est un génie de l’angoisse, qui n’a pas peur d’inclure fréquemment pour ne pas dire systématiquement, des scènes érotiques. Je fais abstraction habituellement, cependant, cette fois les protagonistes étant des enfants à mes yeux, j’ai eu envie de refermer le livre et le ranger, ce que je n’ai pourtant pas fait. Ma peur n’était pas fondée, rassurez-vous. Pour du Brussolo c’est relativement soft à ce niveau. Certes, il y a un passage avec quelques caresses sur le torse, entre deux adolescents. Rien de traumatisant non plus.

Nous suivons l’évolution d’Inga, jeune femme capturée puis vendue comme esclave par un groupe de vikings. Achetée par une femme mystérieuse, appelée Princesse Noire, nous la découvrons dans les premières pages aux côtés d’Inga, ensemble elles tentent de sauver un bébé abandonné dans le froid à la merci des loups. L’horreur commence très rapidement. L’enfant a été kidnappé sous leurs yeux, emmené dans un camp de « fabricants de monstres ». En effet, les nouveau-nés infirmes abandonnés par les familles vikings, qui espèrent les voir se faire dévorer par les loups, terminent parfois entre les griffes de ces groupes, qui à l’aide d’étranges machines de torture, comme des corsets de fer, contraignent leurs corps à grandir de travers. Ils les exhibent ensuite devant la foule, comme étant des trolls, gnomes et autres créatures… Le dernier enlevé a quant à lui eu « de la chance », car Inga et la Princesse ont réussi à le récupérer. Il grandira donc au Manoir des Deux Corbeaux, parmi la multitude d’enfants infirmes « sauvés » par la maîtresse des lieux.

Parlons-en du lieu d’ailleurs. Cet imposant manoir, s’avère finalement être un échec architectural. Voulant faire plaisir à sa Princesse, le défunt mari de celle-ci a décidé de céder à son caprice et lui construire le palais qu’elle souhaitait. Malheureusement les vikings n’étaient pas de bons maçons et ce qui devait être un véritable château, n’est finalement qu’un tas de pierres où le vent glacial s’engouffre par les nombreuses fissures. Les habitants sont dans un état encore plus pitoyable que la bâtisse. Des enfants infirmes, habillés de haillons, maigres et malades, jouant dans la fange du matin au soir. Nous apprenons que parmi eux se cache une vraie terreur, qui fait régner la peur, on lui prête une réputation de violeur et d’assassin… Skall de son prénom, s’avèrera finalement être un allié de taille pour Inga qui s’évertue à résoudre les mystères qui entourent cette île et sa Princesse.

En effet, le lecteur se fait trimballer de légendes en mystères, de mystères en mensonges et de mensonges en vérités relatives. Dans un monde de violence, de crasse et de maladie, Inga démêle le vrai du faux. En écoutant les versions de l’histoire, variant d’un personnage à l’autre. Il y a les villageois vikings qui craignent la Princesse Noire, ce prêtre qui la pourchasse en l’accusant de tous les péchés, il y a également la version des enfants du manoir et bien entendu celle de la principale intéressée. Parmi les mystères à élucider, nous avons le choix… Pourquoi la dame sauve-t-elle ces enfants abandonnés, qui est-elle réellement, quelle créature se cache dans les sous-sols du manoir, d’où vient cette bête volante qui attaque les troupeaux de moutons ?! Au fil des pages, Inga et le lecteur découvrent la triste vérité.

Contrairement aux fins généralement sombres auxquelles l’auteur nous a habitué, j’ai trouvé que cette fois, ça se terminait bien pour les protagonistes. Inga n’est pas devenue folle, ou esclave de je ne sais quel dégénéré. Le roman se termine sur son départ en mer avec les enfants qu’elle a pu sauver, quelle surprise ! Vous vous doutez que je vous conseille ce roman, comme je le fais chaque fois quand il s’agit de Serge Brussolo.

Anecdote : Badge PAC 2020Lu pour le Pumpkin Autumn Challenge 2020, menu automne frissonnant, catégorie « Les chimères de la Sylve rouge. » (Gothique, vampire, créatures de la nuit). Je dois avouer que le résumé m’a laissé croire qu’il s’agissait d’une histoire tournant autour d’une créature de la nuit…

Bonne lecture, Signé C.

[GATACA] – Franck Thilliez

Résumé : Quel lien entre onze psychopathes gauchers et l’homme de Cro-Magnon ? Alors que Lucie Henebelle peine à se remettre de ses traumatismes, l’ex-commissaire Sharko se voit relégué à des enquêtes de seconde zone. Telle la découverte du corps de cette jeune scientifique, battue à mort par un grand singe. À nouveau réunis pour le pire, les deux flics plongent aux origines de la violence, là où le génome humain détermine son avenir : l’extinction. Bienvenue à GATACA…

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : Ne l’ouvrez surtout pas si vous n’avez pas le temps de le terminer ! Vous allez vivre une véritable torture en attendant le moment où enfin vous pourrez connaître la suite. Il mérite amplement les cinq étoiles que je lui ai attribuées. Tout commence en France par la découverte du cadavre d’une étudiante dans la cage d’un singe, plus précisément une guenon, un chimpanzé de l’Afrique de l’Ouest, et tout se termine en Amazonie. En passant par les Alpes françaises, Paris, et même Lyon. Vous entendrez parler de latéralité, de génome, de chromosomes, d’évolution, de violence…

Il pourrait effrayer les moins scientifiques d’entre vous, mais rassurez-vous Thilliez a réussi à le rendre accessible à tous. Vous l’aurez compris, vous allez partir à la conquête de l’ADN humain et ce dès les premières pages.

L’histoire ne s’arrête pas à cette enquête. Avec Franck Sharko et Lucie Hennebelle, il était peu probable que l’entièreté du roman tourne autour de la recherche de l’assassin. Vous tremblerez donc en prenant connaissance des ennuis auxquels l’ex-commissaire Sharko va faire face. Manien, de la brigade criminelle de Paris, qui devient très vite son ancien supérieur, va s’obstiner à l’accuser d’avoir consciemment détruit une scène de crime. Pire encore, il va se persuader qu’il l’a fait dans le but de cacher sa culpabilité… Je dois vous avouer que je ne me souviens plus si l’auteur nous dit clairement que Sharko est innocent, mais au fond de mon âme de lectrice, l’ex-commissaire a de grandes chances d’être coupable. Oui, vous avez bien lu, je pense que Sharko a tué un homme. Je suis d’accord avec cette andouille de Manien, sa théorie tient debout, les réactions de Franck le confirme à mes yeux.

Attendez, ce n’est pas tout, l’histoire se penche également sur l’état de Lucie, qui tente de faire son deuil après la découverte du cadavre calciné de Clara. Nous la verrons quelques fois en compagnie de sa mère, de Juliette et de son chien Klark. Cette histoire parallèle est vraiment touchante, bouleversante, surtout par son surprenant dénouement. J’ai été complètement aveugle durant toute ma lecture, je dois bien l’avouer. Je ne sais pas si je suis passée à côté des signes ou si l’auteur n’en a donné aucun, mais dans les derniers chapitres, j’ai été littéralement scotchée, par les trois parties d’ailleurs… Celle de Sharko, celle de Lucie et celle de l’enquête.

J’ai envie de vous partager quelques extraits marquants de cette lecture.

[…] Ce sont deux phalènes du bouleau. Observez-les attentivement. Que constatez-vous ?
Mains dans le dos, Sharko s’approcha de la vitre, intrigué.
– Deux mites complètement identiques, dont l’une a les ailes plutôt blanches, et l’autre, les ailes plutôt noires.
– Eh bien voyez-vous, au XIXᵉ siècle, en Angleterre, la forme pâle était ultra-dominante. Durant le jour, les phalènes pâles se camouflaient sur les troncs des bouleaux, ce qui assurait leur survie. Voilà pourquoi elles étaient plus nombreuses : les prédateurs ne les voyaient pas. […] Mais de nos jours, on a remarqué que la forme pâle devenait de plus en plus rare, et que la forme noire se développait. […] Avec l’avènement de l’ère industrielle, l’Angleterre a vécu un grave problème de pollution atmosphérique. Cette pollution modifiait la couleur des bouleaux de gris pâle à gris foncé. Ainsi, il devenait de plus en plus difficile pour la forme pâle du papillon de survivre puisque son camouflage n’était plus efficace, contrairement à la forme sombre. Vous avez là un exemple type de sélection naturelle influencée par la culture humaine.

Est-ce horrible ou magnifique ? L’Homme et ses habitudes de consommation, peut avoir une influence le monde. Je dirais qu’actuellement, à grande échelle, c’est tragique, puisque nous abusons des ressources que la Terre peut nous fournir. Mais d’un autre côté le monde évolue avec nous. La faune et la flore s’adaptent. Je préfère voir ces changements comme un espoir. L’espoir que nous ne sommes pas en train de détruire le monde, mais d’en créer un différent.

Pourquoi le système immunitaire, qui attaque tous les corps étrangers et rejette même les greffes, laisse-t-il un organisme, dont la moitié du patrimoine génétique est intrus (car paternel), se développer dans le ventre maternel ? Quels secrets de l’Évolution permettent la naissance in vivo, à l’intérieur même de l’être humain ?
Certes, le point de départ est la corrélation, voire la causalité entre violence et latéralité, toutes deux étudiées par Éva Louts, mais au fil des pages l’histoire va vous amenez à regarder un horizon plus large. Pour finalement se rétrécir à nouveau. Une enquête « en losange », comme toutes les enquêtes je suppose. Voilà donc le pourquoi de cet extrait, qui sont les interrogations d’un des suspects, ce qui l’a poussé à choisir la carrière qu’il a eue.

Tout à fait. Gène de forte production laitière pour les vaches, et gène de la tolérance pour les hommes. Si je me souviens bien, c’est ce qu’on appelle une coévolution, ou encore une course à l’armement entre la vache et l’homme : la sélection naturelle a fait que l’homme, à l’origine chasseur-cueilleur et se nourrissant exclusivement de viande et de fruits, puisse boire le lait des vaches qu’il domestiquait. De ce fait, elle a aussi rendu les vaches meilleures productrices de lait. Et plus elles produisaient, plus les hommes buvaient… […] Ces individus non-tolérants ont dû avoir des ancêtres qui vivaient éloignés du centre de domestication des races bovines laitières. Plus les vaches étaient éloignées, moins les individus supportaient le lait et développaient le gène. A l’époque de mes études, les chiffres indiquaient environ 5% d’intolérants au lactose en Europe, et un truc du genre 99% en Chine, par exemple. Car 70% de la population mondiale est intolérante. Fais boire du lait à un Asiatique, et il vomit sur-le-champ. Par contre, n’importe quel Français pur souche depuis des générations pourra consommer du lait à volonté. […]
Un dialogue entre Sharko et Paul Chenaix, sont ami légiste. C’est un passage très intéressant, parce que c’est l’une des clés du mystère. Outre ce fait, c’est une théorie qui me plaît bien, qui me semble plutôt logique. Je ne vous cache cependant pas que je préfère le terme « coévolution » au second.

Pour conclure, je dois vous avouer que le seul défaut que j’ai trouvé à ce roman c’est qu’il est difficile à poser. Peut-être également, et là, c’est purement personnel… Petit caprice : j’aurais aimé un peu plus d’Amazonie. Cela dit c’était une lecture fascinante. Du pur génie !

Anecdote :Badge PAC 2020 Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2020, menu automne frissonnant, catégorie « Je suis Médée, vieux crocodile ! » (Trahison, thriller, policier, horreur, épouvante).

Bonne lecture, Signé C.