La cerise sur le gâteux – Jean-Jacques Reboux (collection Le Poulpe)

Résumé : La grande roue, le frisson, la tendresse pour une peluche gagnée au stand de tir. Et déjà l’heure de rentrer. Alvaro tenait Yanissa contre lui. Ils avancèrent vers eux, menaçants. Et tout alla très vite. Sauf l’arrivée des flics… Le lendemain, le meurtre était à la Une. Et le Poulpe sur le pied de guerre dans les rues de Charençon-le-Plomb. Avec une question en tête  « Pourquoi Yanissa a-t-elle disparu ? ». Un guide précieux l’accompagne, Joël, SDF de Charençon. Un doux dingue qui se fait appeler Don Quichotte et part au combat au cri « d’Arago ! Arago ! ». Magouilles politiques, réseaux d’influence, à Charençon-le-Plomb, la vérité n’est pas facile à voir en peinture.

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★

Avis : La collection « Le Poulpe » des éditions Baleine est particulière. En effet, les tomes sont d’auteurs différents. Après avoir lu plusieurs d’entre eux, je dois dire que la charte doit être très précise car je n’ai pas remarqué immédiatement que la plume changeait de main… En fait, je ne l’ai remarqué que lorsque j’ai fait des recherches sur internet (honte à moi, je ne prends même pas le temps de lire le nom de l’auteur sur la couverture). Ces romans se caractérisent par leur format court. Les titres contiennent des jeux de mots comme vous pouvez le constater avec ce douzième tome et ceux-là : « La petite écuyère a cafté » premier tome de la collection, « La Pieuvre par neuf » qui est le onzième, « Chili incarné » ou encore « Comme un coq en plâtre ». Parlons maintenant de cette histoire, puisque c’est tout de même le but de l’article.

Le roman commence de façon tragique. Yanissa, son frère Alvaro et des amis, passent une soirée à la fête foraine, où ils font une mauvaise rencontre. Une bagarre est engendrée par des skinheads, dont l’issue est fatale pour Alvaro, malgré l’intervention de ses amis et de forains venus leur prêter main forte. La police arrive sur les lieux, constate le crime, fait un rapide tour pour retrouver les assassins sans succès (sans conviction non plus d’ailleurs), Yanissa s’enfuit, l’affaire est classée.

Le lendemain, Gabriel Lecouvreur, dit « Le Poulpe » découvre cette histoire relatée par les journaux, notamment dans « Le Parisien » dont le titre de la une n’est autre que le suivant « Un Français originaire du Cap-Vert tué par balle par un skinhead à la foire du Trône. ». L’article contient un élément qui intrigue notre céphalopode, en effet, trois amis d’Alvaro certifient qu’il a été tué par balle, alors que la police nie ce fait. Il ne lui en faut pas plus pour le décider à enquêter sur cette affaire.

L’après-midi même Le Poulpe se retrouve à Charençon, où il fait la connaissance de Joël un sans domicile fixe, qui lui fait visiter le quartier et s’enfuit en criant « arago-arago-arago ! » dès l’apparition de deux vigiles. Pour moi, Arago est un astronome français, utiliser son nom comme « cri de guerre » est étrange. Je ne suis pas la seule à trouver ça bizarre, puisque la question lui est posée au cours d’un dialogue, cela a faillit rester un mystère : Joël lui-même ne sait pas pourquoi il s’obstine à dire « Arago » à tout-va. C’est dans une lettre écrite par sa sœur à l’attention de notre Poulpe que nous trouvons la triste réponse « Avant de tuer mon père, le tueur lui a dit : « De la part d’Arago. ». Nous apprenons également que Joël a occulté toute une partie de sa vie, oubliant même l’existence de cette sœur.

Revenons à l’histoire. Le Poulpe enquête aux côtés de Joël, qui l’amène au domicile de la mère d’Alvaro et Yanissa. Cette dernière est portée disparue depuis l’assassinat de son frère. S’en suit donc une histoire rythmée dont je vous passe les détails.

Pour conclure, ce tome milite contre le racisme, dénonçant le manque d’implication et d’empathie de la police dans la banlieue parisienne. Un sujet qui est malheureusement encore d’actualité, bien que le roman soit de 1998. Nous retrouvons beaucoup d’argot parisien dans ce roman, ce qui est plaisant pour moi et je l’espère, pour vous aussi.

Anecdote : emprunté à la bibliothèque municipale. 😍

Bonne lecture ! Signé C.

FOCUS : Tome 1 – Chroniques du Monde Émergé – Licia Troisi

Résumé : Nihal est une jeune fille très étrange : oreilles pointues, cheveux bleus, yeux violets tout la distingue des autres habitants du Monde émergé. Fille d’un célèbre armurier, elle passe son temps à jouer à la guerre avec une bande de garçons. Mais la nuit, des voix plaintives et des images de mort hantent l’esprit de Nihal. Et lorsque le terrible Tyran envahit La Terre du Vent, elle comprend que ses cauchemars sont devenus réalité. L’heure du véritable combat a sonné. Nihal doit devenir une vraie guerrière et défendre la paix, à tout prix. Ses seuls alliés : Sennar, le jeune magicien, et une infaillible épée de cristal noir.

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★

Avis : J’avoue qu’au début je n’ai pas du tout accroché. Nihal, le personnage principal, n’était qu’une enfant désobéissante, bagarreuse et têtue comme une mule. J’avais bien envie de lui tailler les oreilles en pointe mais il se trouve qu’elles l’étaient déjà, sans compter ses yeux violets si spéciaux.

Nous voyons donc cette enfant évoluer auprès de son père, qui lui est un homme honnête, travailleur et surtout bienveillant. La jeune fille réussi à acquérir une arme fabriquée par son père (durant un duel où il la laisse gagner) qu’elle pari dans un duel qu’elle perd. Profondément vexée, doutant du fairplay de son adversaire (qui a utilisé la magie pour la vaincre) et dorénavant aveuglée par un besoin de vengeance, elle décide d’aller apprendre la magie et devenir Chevalier Dragon.

La suite de l’histoire est conforme à ce qu’on attend d’un roman de la catégorie High Fantasy. La demoiselle et ses compagnons s’entraînent pour devenir meilleur et sauver le monde du grand méchant de l’histoire. Dans les « Chroniques du Monde Émergé », nous avons dans le rôle de la force antagoniste l’armée du Tyran (qui porte ma foi bien son nom). Je dois maintenant faire mon mea culpa : si je trouvais qu’au début de l’histoire la jeune Nihal n’était pas une héroïne intéressante, elle est devenue au fil des pages un personnage aux multiples talents, portant sur ses frêles épaules un horrible poids car elle est la dernière représentante de son peuple anéanti par le Tyran. Pire encore, elle voit son père adoptif mourir sous ses yeux, suivi quelques temps plus tard par Fen le Chevalier Dragon dont elle est tombée amoureuse (mais qui est « le mec de tata Soana » donc voilà voilà). Salazar, la tour-cité de la Terre du Vent, où elle habitait durant son enfance est détruite, elle est séparée de son ami le plus précieux… Bref ! Qui supporterait autant de peine ? Son comportement que je trouvais immature, tout comme son mentor Ido, m’a paru finalement tout à fait compréhensible. J’ai vu cette jeune demi-elfe d’un autre œil et me suis prise d’affection pour elle.

Revenons sur deux détails. Premièrement : je vous ai parlé il y a presque un an d’une saga dont j’ai lu le premier tome « Les artefacts du pouvoir » de Maggie Furey, que j’aimerais comparer aux « Chroniques du Monde Émergé ». Dans le premier, les femmes accèdent au pouvoir aisément, dans le second, Nihal est montré du doigt et doit redoubler d’efforts pour s’imposer. Je me demande encore lequel des deux schémas est le mieux. Le premier est tout de même plus logique. Deuxièmement : nous apprenons que le Tyran, que nous n’avons d’ailleurs jamais croisé, capture des êtres vivants pour effectuer des expériences sur eux, afin de créer des guerriers parfaits. C’est glauque. Avouez-le !

J’attendais avec impatience l’occasion de lire le second tome.

MAGICAL SUMMER CHALLENGE.pngAnecdote : Lu dans le cadre du Magical Summer Challenge 2019, menu « Rainbow Sparkle » catégorie « Starlight ».

Bonne lecture ! Signé C.

Avis rapides – Romans policiers jeunesses

Je vous propose quelques avis rapides sur des romans policiers pour jeune public, que j’ai empruntés à la bibliothèque municipale, histoire de voir ce que lisent nos enfants. 🕵️‍♂️📚

Cette nuit, Soledad – Hubert Ben Kemoun

Résumé : Il y a Arto qui n’est pas au rendez-vous. Il y a Ludovic qui se prend pour un gangster. Il y a Dimitri qui rôde et observe sans jamais se décider. Et il y a Soledad, qui mérite tellement mieux que cet inconnu qui la séquestre et la menace…

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Avis : Des cigarettes, des armes à feu, un jeune adulte qui mériterait qu’on appelle Pascal le Grand Frère, un adolescent orphelin qui survit en volant, une jeune fille trop rêveuse, une vieille dame pleine de malice et un cambriolage qui tourne mal. Voilà le résumé de ce roman. J’ai apprécié cette lecture, excepté une phrase qui m’a laissée perplexe « Si tu ne peux pas être avec celui que tu aimes, aime celui avec qui tu es. » Peut-être que je ne suis pas assez sage pour comprendre et accepter. Ou peut-être suis-je finalement trop fleur bleue, alors que je pensais être moins romantique que Schrek. Ce roman est tout de même violent pour un jeune public, je le laisserai être lu malgré tout, simplement parce qu’il montre que certaines personnes essayent d’être bienveillantes et d’aider les autres alors que ce sont elles qui ont besoin d’aide.

Une ombre en cavale – Sylviane Corgiat et Bruno Lecigne

Résumé : L’homme qui se réveille dans le train ne se souvient de rien. Pas même de son nom. Son passeport et un article de journal trouvés dans ses affaires lui apprennent qu’il s’appelle Léo Météni et qu’il vient de s’évader de prison. Il est seul et pourtant il se sent épié, poursuivi, traqué…

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Avis : Peut-être est-ce parce qu’on est en 2019, époque où le tabagisme est diabolisé, mais j’ai été surprise de découvrir que de nombreux personnages fumaient des cigarettes dans un roman jeunesse, comme dans le précédent (Cette nuit, Soledad de Hubert Ben Kemoun). Oublions ce détail et passons rapidement à mon avis personnel. Le personnage principal est amnésique et découvre rapidement qu’il est un meurtrier en cavale. Nous le suivons dans sa fuite qui le mène auprès d’autres truands pour lesquels il est censé ouvrir un coffre-fort, alors que, pauvre de lui, il a oublié comment faire. L’intrigue est bien construite, l’histoire est riche en rebondissements, il y a de quoi apprendre un peu de vocabulaire, on ne s’ennuie à aucun moment. Je déplore tout de même cette fin trop rapide. C’est compensé par une question étique qu’il m’a amenée à me poser « une personne amnésique doit-elle être punie pour les actes commis avant cette perte de mémoire ou serait-ce condamner un innocent ? ». En somme, je valide ce roman jeunesse.

Fantôme sous la pluie – Hubert Ben Kemoun

Résumé : Cela commence avec un message de quelques mots sur un répondeur téléphonique. Le message d’un homme sorti de nulle part. Un homme ou un fantôme ? Matthieu ne sait comment réagir au retour imprévu de ce père parti il y a des années. Que veut ce type qui revient en ville alors que celle-ci, encerclée par les crues du fleuve, s’apprête à sombrer comme un navire en perdition ?

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Avis : Nouveau running gag sur ce blog, mes choix s’arrêtent sur des romans jeunesses qui mentionnent des cigarettes et des armes à feu ! Certes, les pistolets dans un roman policier c’est logique, mais tout de même… Comme dans les romans précédents (voir ci-dessus) l’un des personnages principaux est un truand. L’histoire est partagée entre la vision du petit Matthieu (14 ans) et de son père, autour d’un sujet qui mérite d’être traité : l’abandon (Greg, le papa, est parti sept ans plus tôt sans jamais donner de nouvelles). Je trouve l’histoire très sombre, très triste, violente, sans happy end (à mes yeux). Bref, je suis dubitative. Je ne pense pas que je laisserais un enfant lire ce roman, même si au final on montre une forme d’acceptation de cette situation qui peut être compliquée à vivre pour un enfant.

Deux oui et un non pour ces romans que je vais ramener à la bibliothèque pour en emprunter d’autres. C’est mon péché mignon ! J’adore les romans jeunesses, qui se lisent très rapidement et me sortent généralement des pannes de lectures.

Bon lecture, Signé C.

Lola, petite, grosse et exhibitionniste – Louisa Méonis

Résumé :« Moi, c’est Lola. Petite (pas tant que ça). Grosse (aucun commentaire). Et exhibitionniste (mais toujours par erreur !) »
Auteur de romans érotiques la nuit et assistante d’une patronne aussi tyrannique qu’anorexique pour une grosse boîte de finance new-yorkaise le jour. Et jusque-là, je m’en sortais pas trop mal. Mais il a fallu que mon big boss décède (l’égoïste !). Hop, Joseph Hamlish n’est plus, vive Jérémy Hamlish ! Alias monsieur le fils héritier qui a débarqué dans nos bureaux, alias monsieur JE SUIS UN DIEU VIVANT. Alors bon, moi, j’ai beau être une fille très bien sous tous rapport, quand on me met dans un ascenseur (ou sur un ring) avec l’incarnation de mes fantasmes, forcément, j’ai tendance à dépasser les bornes des limites. Voire à aller un peu au-delà…

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★

Avis : Ma pile à lire du Magical Summer Challenge m’a décidément apporté beaucoup de joie et de belles découvertes. Après avoir lu les trois romans du menu « Sweet Cloud » (voir ma PAL du MSC) qui m’avaient tous emmenés dans un tourbillons d’émotions aux côtés d’héroïnes toutes plus drôles et touchantes les unes que les autres, me voilà aux côtés de la tout aussi charmante Lola. Oui, c’est une grosse introduction, mais il fallait bien ça, avant de parler de Lola !

Avant la lecture j’étais partagée, malgré le titre typiquement Feel good j’ai pensé qu’il s’agissait d’un Mommy Porn, au même titre que « 50 nuances de Grey », « After », « Love game » (j’en passe et des meilleurs) qui ne serait clairement pas ma tasse de thé. Puisqu’il était dans ma pile à lire pour le Magical Summer Challenge (vous savez maintenant que pour les challenges je prends le risque de lire des romans qui sortent de ma zone de confort) il fallait bien que je commence ma lecture et que je vois si elle était aussi insipide que je le pensais.

Grosses gouttes de sueur en lisant le prologue… Imaginez ma tête durant cette situation délicate : j’ai laissé une chance à ce roman et voilà qu’il me balance un passage érotique, non, soyons honnête, carrément pornographique dès les premières lignes ! J’ai faillit éteindre ma liseuse en criant « Hey je suis pas venue ici pour souffrir ok ?! » et partir jouer à PokeMMO (mon élevage de Magicarpe se porte à merveille, j’ai en stock des pokémons avec des statistiques à faire pâlir le professeur Chen). Puisqu’il ne s’agissait pas de l’intégral mais du tome 1, il comportait tout juste une centaine de pages, j’ai décidé de continuer ma lecture et j’ai bien fait !

Bien loin des beautés qui s’ignorent que l’on croise habituellement dans ces romans, Lola n’est pas la femme parfaite (Hallelujah). L’auteure nous met au parfum dès le début, Lola est toujours en retard, elle est célibataire, a eu le cœur brisé par son premier amour, elle écrit des romans érotiques la nuit, travaille comme comptable dans une grosse boîte le jour, où elle a un collègue homosexuel et une supérieure infecte qui répond aux clichés de « la pharaonne Toutanplastik », elle habite avec colocataire et un chat handicapé. Voilà le tableau, Lola n’est pas banale.

La demoiselle se retrouve dans un ascenseur avec Monsieur Sexy-Fossettes (mettez la climatisation, voici l’arrivée du mâle alpha), où elle décide de se changer tant bien que mal devant son futur patron (sans qu’elle le sache d’ailleurs), lui dévoilant une partie de son joli corps « potelé » (parce qu’une IMC de 25,71 kg/m² c’est un tout petit surpoids, à 0,71kg/m² elle était dans les corpulences dites « normales »). Lola n’a pas fini de nous faire rire, puisque nous découvrons ensuite un morceau de sa vie riche en rebondissements, le tout écrit avec un humour ponctué de références qui parleront aux femmes de ma génération et nous assistons à quelques scènes très hot.

Voilà ce qui vous attend si vous décidez de lire ce roman ! J’ai globalement passé un très bon moment, même si, je le répète, les clichés du « mec trop parfait » et les scènes osées m’embêtent toujours un peu.

MAGICAL SUMMER CHALLENGE.pngAnecdote : Lu dans le cadre du Magical Summer Challenge 2019, menu « Hypnotic Sunset » catégorie « Fairy Tale ». Photo de @awks_aine juste ici.

Bonne lecture ! Signé C.