Martin Eden – Jack London

Résumé : Martin Eden, un marin de vingt ans issu des quartiers pauvres d’Oakland, décide de se cultiver pour faire la conquête d’une jeune bourgeoise. Il se met à écrire, et devient un auteur à succès. Mais l’embourgeoisement ne lui réussit pas… Désabusé, il part pour les îles du Pacifique. Ce magnifique roman paru en 1909, le plus riche et le plus personnel de l’auteur, raconte la découverte d’une vocation, entre exaltation et mélancolie. Car la réussite de l’œuvre met en péril l’identité de l’écrivain. Comment survivre à la gloire, et l’unir à l’amour, sans se perdre soi-même ? Telle est la quête de Martin Eden, le marin qui désire éperdument la littérature.

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : Que ce soit le résumé ou la préface de l’édition Folio Classique, je ne suis complètement d’accord avec ce qu’ils en disent et je vais tâcher de vous expliquer pourquoi dans cet article.

Effectivement, Martin Eden est un jeune homme issu d’un milieu pauvre, qui va rencontrer une jeune femme d’une famille aisée et vouloir se cultiver, puis devenir un auteur à succès pour se sentir digne de l’épouser. Cependant, quand ils disent dans le résumé « Mais l’embourgeoisement ne lui réussit pas… Désabusé, il part pour les îles du Pacifique. », ils laissent sous-entendre qu’on va lire l’histoire de la fuite de la bourgeoisie, ce qui n’est pas le cas. Le roman parle de son envie et de ses sacrifices pour devenir quelqu’un d’important dans le monde de la littérature, pas de sa vie sur une île du Pacifique. Bref, je ne suis pas contente de leur résumé !

Dans la préface, ils expliquent également que Martin va tomber amoureux de Ruth, la jeune fille de bonne famille, puis d’une ouvrière. Et là, non. J’ai attendu pendant tout le roman que l’amour salvateur de cette ouvrière arrive et me débarrasse de Ruth, que je n’appréciais pas… J’imagine qu’il parle de Lizzie Connolly, qui est bien de la même classe que Martin, et dont il va s’occuper à la fin du roman. À aucun moment il n’éprouve de sentiments amoureux pour Lizzie, il la respecte, il respecte l’amour qu’elle a pour lui, il s’en occupe et s’en préoccupe mais il ne l’aime pas. Il l’aurait peut-être aimée s’il n’avait pas rencontré Ruth.

En parlant de ce personnage, que je détestais tant au tout début du roman, laissons Jack London nous la décrire…

C’était une créature pâle, séraphique ; elle avait de grands yeux d’un bleu céleste et une opulente chevelure d’or. Il eût été incapable de dire comment elle était vêtue. Il savait seulement que sa robe était aussi merveilleuse qu’elle. Il la compara à une pâle fleur d’or sur une tige frêle. Non, c’était plutôt un être spirituel, une divinité, une déesse ; une beauté aussi sublime n’était pas de ce monde.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Comment voulez-vous que je puisse apprécier Ruth en lisant cette description ? La fille très banale que je suis ne pouvait qu’exécrer cette créature divine. J’ai donc, dans un premier temps, détesté Ruth, ses manières, sa beauté, l’admiration et l’amour que Martin lui vouait. Probablement, je l’admets, par jalousie. Ruth est tout ce que je ne serais jamais. Forcément, sans pouvoir s’identifier aux personnages, un faussé est creusé entre le lecteur et son livre, ce qui me paraissait inconcevable. Je me suis donc identifiée à Martin Eden, malgré tout j’ai lu en ayant moins de sympathie pour lui, car je le trouvais finalement superficiel. Je l’ai même trouvé antipathique quand il rabaissait ses anciennes conquêtes et les autres filles moins bien nées que Ruth, celles qui s’abîment les mains et le dos au travail pour gagner quelques pièces.

Quant à Ruth… De mon point de vue, c’est une jeune femme élevée loin de la dure réalité du monde, qui tombe face à un homme qui va l’intriguer et la troubler. Si j’ai bien compris, Jack London laisse sous-entendre que cette femme est encore vierge. Et l’intérêt premier qu’elle a pour Martin Eden est très primaire, si on en croit la citation ci-dessous.

Il lui faisait peur et, en même temps il était étrangement plaisant d’être regardée ainsi. Son éducation l’avertissait de l’imminence d’un danger, de la séduction subtile et mystérieuse du péché, tandis que dans son être tout entier son instinct lui claironnait de ne pas s’arrêter aux barrières de classe et de position, et d’aller au-devant de ce voyageur venu d’un autre monde, ce jeune homme frustre aux mains lacérées, au cou marqué à vif d’une ligne rouge causée par le frottement d’un col de chemise inhabituel, et qui, cela n’était que trop évident, était sali et souillé par une vie dégradante. Elle était saine, et sa pureté se révoltait ; mais elle était femme, et elle commençait tout juste à apprendre le paradoxe de la femme.

Martin Eden (1909) – de Jack London

J’imagine donc qu’elle a une attirance qui est en majeure partie sexuelle. Elle va ensuite tenter de le modeler à son image, ou plutôt à l’image de son homme idéal. Elle en devient encore plus détestable à mes yeux. Martin est un jouet entre ses mains, le pire, c’est qu’il semble accepter la situation et même s’en réjouir.

Il redevint aussitôt de l’argile entre ses mains ; il était aussi éperdument désireux d’être modelé par elle qu’elle l’était de le façonner à l’image de son idéal masculin.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Mais plus l’histoire avant, plus Martin ajoute des cordes à son arc, plus Ruth s’efface. Elle qui était un être divin à ses yeux, commence à pâlir. Dans la première partie du roman, il souhaite être à la hauteur pour elle, être aussi cultivé, intelligent, il veut intégrer son monde. Ruth l’aide à sa manière et à l’impression d’effectivement réussir à le faire se plier à ses exigences. Martin va réussir à se sentir à la hauteur intellectuellement, voire même se sentir plus intelligent encore. Et cette sensation va faire s’écrouler ce monde qui lui semblait idyllique. Il ne cesse pas d’aimer Ruth pour autant.

Jamais elle n’aurait deviné qu’à ces moments-là, cet homme venu d’un milieu inférieur la dépassait par la grandeur et la profondeur de ses conceptions. Comme tous les esprits limités qui ne savent reconnaître de limites que chez les autres, elle jugea que ses propres conceptions de la vie étaient vraiment très vastes, que les divergences de vues qui les séparaient l’un de l’autre marquaient les limites de l’horizon de Martin et rêva de l’aider à voir comme elle, d’agrandir son esprit à la mesure du sien.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Puis dans une second partie, alors qu’il a conquit le cœur de jeune fille, c’est désormais l’accord de ses parents pour l’épouser qu’il va devoir obtenir. À ce moment-là, il y a un tournant de l’histoire. Martin va maintenant se donner corps et âme à sa carrière d’écrivain. Son but initial étant de gagner suffisamment d’argent (c’est une notion qui revient très fréquemment, du début à la fin du roman, l’argent reste présent) pour offrir une vie confortable à Ruth. Son combat, c’est pour elle, comme va très joliment l’écrire Jack London.

En dépit des trésors de beauté qu’il avait en lui et de son désir éperdu de créer, c’était pour elle qu’il se battait. Il était un amoureux d’abord et avant tout ; il subordonnait tout le reste à l’amour.

Martin Eden (1909) – de Jack London

De mon point de vue, à l’instar de Walter White dans Breaking Bad, s’il est vrai que sa première motivation est sa famille, ou ici l’amour de Ruth, plus il va maitriser son sujet, plus il va vouloir le faire pour lui-même. Il aurait très bien pu prendre un emploi comme lui demandait sans arrêt sa bien-aimée et travailler ses textes dans ses moments de liberté, pourtant, il s’obstine à ne vouloir faire qu’écrire, quitte à se mettre dans une situation compliquée. Par ailleurs, Ruth ne comprend absolument pas la beauté de sa littérature. Elle n’aime pas ce qu’il écrit et ne le soutien pas. Il continue pourtant à écrire jour et nuit, et se confronter aux éditeurs, essuyer des refus encore et encore. Jusqu’au moment où la jeune femme décide de se séparer de lui. C’est la dégringolade pour Martin. Perdre Ruth est l’élément déclencheur de cette descente aux enfers, quoi qu’encore l’enfer lui aurait procuré plus d’émotions et de sensations que ce qu’il va vivre par la suite et jusqu’à la fin du roman. Il va tout de même la recroiser quand il aura enfin du succès…

Pourquoi n’avez-vous pas eu cette audace plus tôt ? demanda-t-il d’une voix dure. Quand j’étais sans travail ? Quand je mourais de faim ? Quand j’étais ce que je suis aujourd’hui, le même Martin Eden, le même homme, le même artiste ? Telle est la question que je ne cesse de me poser jour après jour – non seulement à votre sujet mais à propos de tout le monde.
[…]
Je crains que vous ne m’ayez pas comprit, dit-il avec douceur. Je veux dire ceci : si vous m’aimez, comment se fait-il que vous m’aimiez tellement plus qu’à l’époque où votre amour était suffisamment médiocre pour me renier ?
[…]
Ils demeurèrent silencieux pendant un long moment ; elle réfléchissait, au comble du désespoir ; lui songeait à son amour défunt. Il comprenait à présent qu’il ne l’avait jamais vraiment aimée. Il avait aimé une Ruth idéalisée, un être séraphique qu’il avait créé de toutes pièces, la muse lumineuse de ses poèmes d’amour. La vraie Ruth, la bourgeoise, avec tous les travers de sa classe, les petitesses désespérantes de l’esprit bourgeois, celle-là, il ne l’avait jamais aimée.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Je comprends ce que Martin veut dire par là, mais je pense aussi qu’il se trompe. L’amour est souvent comparé à un feu et j’ai acquis la certitude que c’est bien le cas, il se rapproche plus d’une forme de vie que d’un objet figé. Il naît, il grandit, et selon la façon dont on le cultive il évolue de différentes manières, parfois ou plutôt souvent, il meurt doucement. Pour moi, l’un comme l’autre se sont aimés. Ruth, a été élevée dans un climat privilégié et connu que ça. Ce devait être compliqué pour elle, qui vivait dans une bulle créée par ses parents, de se sortir de ces habitudes trop bien ancrée, d’accepter d’aimer quelqu’un issu de la classe ouvrière, et de se rebeller contre sa famille quitte à perdre ses privilèges. Je ne dis pas que c’est impossible, elle aurait pu le faire, et aurait même dû le faire. Mais finalement, c’est une jeune femme plutôt fragilisée d’avoir vécu dans ce monde aseptisé, j’ai presque de la peine pour elle, parce que je pense que ses sentiments sont vrais même si elle se laisse guider par sa famille. Quant à Martin, idéalisée ou non, il a aimé Ruth. Elle lui a ouvert une porte sur le monde, même si cette porte ressemblait plutôt à celle d’une bibliothèque. Elle lui a donné l’envie de se surpasser et un but ultime. Qu’est-ce que c’est, sinon de l’amour, quand épouser la personne devient un but ? Oui bon, en laissant de côté les gens qui ne sont là que pour l’appât du gain… Ce n’est pas le cas de Martin, il n’en avait pas après sa fortune, peut-être un peu son mode de vie (donc indirectement son argent haha) mais dire qu’il ne l’a jamais aimée, c’est, à mon avis complètement faux. S’il l’a aimée en l’idéalisant, elle n’en était pas moins elle-même à ce moment. Elle a toujours la Ruth bourgeoise et pourtant il l’aimait. Et voilà pour Ruth et Martin !

Parlons maintenant de Martin et Brissenden. C’est un homme qu’il a rencontré chez Ruth, cultivé et intelligent, qui est du même monde que sa bien-aimée. Il va se prendre d’affection pour lui, notamment parce qu’il va se rendre compte qu’à la différence des autres personnes qui font partie de la bourgeoisie, lui n’est pas simplement cultivé, il ne se contente pas de répéter bêtement les leçons apprises par ses professeurs. De plus, il va reconnaître le génie de Martin, lire et apprécier ses textes avant tout le monde. Par ailleurs, ils vont se rendre compte qu’ils sont d’accord sur le monde de l’édition dont ils disent « Voilà où réside l’épouvantable paradoxe : les portes d’entrée de la littérature sont gardées par des cerbères qui sont les ratés de la littérature. Les rédacteurs en chef, leurs adjoints et associés, pour la plupart, les lecteurs de manuscrits qui travaillent pour les revues et les maisons d’édition, pour la plupart ou presque tous, sont des gens qui ont voulu écrire et qui n’ont pas réussi. » Brissenden est convaincu que Martin ne peut pas réussir dans ce monde, mais à la différence de Ruth qui ne le trouve pas bon, lui, le pense trop brillant.

Je sais ce que vous écrivez. Je le devine les yeux fermés. Il y a un ingrédient qui vous ferme la porte des magazines : la tripe. Les magazines ne savent que faire de cet organe. Ce qu’ils veulent, c’est du pipi de chat, et ils en sont bien arrosés, mais pas par vous.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Il y a également tout une partie politique en rapport avec Brissenden. Je pense que je suis passée à côté d’une partie importante de l’histoire, parce que la politique ne m’intéresse absolument pas et que je ne la comprends pas plus dans le roman que dans le monde actuel. Pourtant la notion de « socialisme » est souvent utilisée, son ami lui dit « Vous voyez, j’aimerais vous voir devenir socialiste avant de disparaître. Cela donnera une justification à votre existence. C’est la seule chose qui vous sauvera de la désillusion qui vous guette » et c’est même à cause d’un journalisme qui a complètement inversé le discours politique de Martin qu’il finit par perdre Ruth (plus d’une fois dans les dîners en famille, le père de Ruth lui parle de politique et ils sont en désaccord, sa mère se servira même de ce sujet pour les pousser à se quereller à nouveau et éloigner sa précieuse fille de Martin). Je vois l’importance de cette partie, sans pour autant réussir à bien la comprendre. Cela dit, ce n’est pas tout ce que fait Brissenden. Non content d’être la première personne à apprécier ses œuvres et à lui offrir de quoi survivre, il le prévient également, que Ruth ne sera pas une femme idéale pour lui. Il lui conseille de choisir une femme de la classe ouvrière (Hello Lizzie !), et il a parfaitement raison dans ce roman.

J’ajoute qu’il est inutile d’essayer de m’étouffer, je dirai ce que j’ai à dire. Si je comprends bien, vous en êtes encore aux amours juvéniles ; mais, au nom de la Beauté, choisissez mieux la prochaine fois ! Bon dieu ! qu’avez-vous à faire d’une fille de la bourgeoisie ? Laissez-les donc tranquilles. Trouvez-vous une belle et ardente dévergondée, qui se moque de la vie, raille la mort et aime à satiété. De telles femmes existent, et elle vous aimeront autant que n’importe laquelle des plantes pusillanimes sorties des serres chaudes de la bourgeoisie.
– Pusillanimes ? protesta Martin.
– Absolument, pusillanimes. Qui dégoisent la petite morale dont on les a gavées et ont peur de vivre leur vie. Celles-ci vous aimeront, Martin, mais elles aimeront bien davantage leur petite morale. Ce qu’il vous faut, c’est l’abandon magnifique à la vie, la liberté des grandes âmes, les papillons aux couleurs flamboyantes et non les petites phalènes grises.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Pour terminer avec cette amitié… Après que Ruth ait quitté Martin, Brissenden décède. Je pense que c’est surtout la perte de son ami qui lui fait totalement perdre pied. Il n’est pas la seule personne à avoir été présent pour Martin, il y a Maria chez qui il logeait et qui plu d’une fois à privé ses enfants de nourriture pour en donner à l’homme qui lui louait une chambre, elle l’a veillé et soigné quand il est tombé malade, bref, Maria était un soutien. Il y a aussi Gertrude sa sœur, dans une moindre mesure, qui l’invitait aussi à manger quand son mari était absent, et lui donnait de l’argent, même si elle lui demandait de trouver un emploi. Cependant, Brissenden est le seul à lui avoir apporté un soutien dans le domaine de la littérature, qui rappelons-le est devenu au fil du temps, sa vraie raison de vivre. Et donc, j’en conclu que finalement, c’est la plus grosse claque que lui met la vie. Après ça, il a finalement du succès, de l’argent et se met à haïr la terre entière.

Je vous dirais que la lune est un fromage vert, que vous applaudiriez, ou du moins que vous n’oseriez pas me contredire, parce que je suis riche. Et je suis le même qu’alors, quand vous me rouliez dans la boue, sous vos pieds.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Globalement, vous savez déjà tout sur Martin. Il rencontre Ruth, sous le charme il fait tout ce qu’il peut pour pouvoir s’intégrer dans son monde, puis se rend compte que ce monde n’est que de la poudre aux yeux mais reste amoureux de Ruth et du coup, il se lance dans une carrière littéraire en espérant devenir un écrivain connu pour pouvoir offrir une vie confortable à sa petite amoureuse et obtenir le consentement de ses parents pour l’épouser. Il rencontre en parallèle Brissenden qui va le conforter dans l’idée que le monde de l’édition et la bourgeoise sont deux choses ignobles dont il devrait se tenir loin. Il perd l’amour de Ruth, puis son ami décède. Bien sûr entre temps, Jack London nous raconte comment se fait cette ascension sociale, les efforts, les sacrifices, la faim, la fatigue… Jusqu’à ce qu’enfin il triomphe ! Mais la victoire a un goût amer et tout peut se résumer dans la phrase certainement la plus citée de ce roman « Ce n’est pas dans le succès d’une œuvre qu’on trouve sa joie, mais dans le fait de l’écrire. ».

Il se souvint des jours où il mourrait de faim, où personne ne l’invitait à dîner. C’était à ce moment-là qu’il avait besoin de repas, qu’il s’affaiblissait, manquait s’évanouir parce qu’il n’avait pas à manger, maigrissait parce qu’il criait famine. Étrange paradoxe. Quand il avait faim, personne ne le nourrissait, et maintenant qu’il pouvait s’offrir cent mille repas et perdait peu à peu l’appétit, on l’invitait de toutes parts. Où était la justice là-dedans, où était son mérite ? Il n’était pas différent d’alors. Il avait déjà fait tout son travail à l’époque.

Martin Eden (1909) – de Jack London

En se concentrant sur le personnage de Martin et en retraçant l’histoire, je vois un homme qui tombe amoureux évidemment, fait des efforts pour être aimé en retour et qui commence à rejeter ses origines, à détester la classe ouvrière, qui ne s’y sent plus à sa place lorsque ses connaissances le font se sentir supérieur à ces gens-là. Mais la tragédie c’est qu’il ne se sent pas plus à sa place parmi ceux qu’il admirait avant de se cultiver. Par-dessus le marché, il perd la femme qu’il aime, son but, sa raison de se battre et de vivre. Puis, pire encore, il perd son ami, la seule personne qui croyait en lui. C’est peut-être la véritable histoire d’amour de ce roman, sous la forme d’une amitié entre deux hommes. Ce sont deux personnes qui se voient, s’acceptent et s’admirent telles qu’elles sont. Il devrait être consolé par sa réussite littéraire, mais au contraire, il en veut aux gens de l’admirer une fois qu’il a eu du succès, alors qu’il estime être le même. Imaginez son état d’esprit à ce moment… Il n’a plus d’objectif, il ne sent plus à sa place nul part, il n’a plus l’amour (et je pense qu’il a très peur d’aimer à nouveau et s’en empêche), il n’a même plus la vraie amitié. Tout ce qu’il lui reste c’est de l’argent. Il est devenu apathique, il dort sans arrêt. Bref, il montre des signes évident de dépression. Et c’est là que je vais le admirer le personnage. Il va tenir toutes ses promesses. Rendre son argent au centuple à sa sœur, acheter une ferme laitière à Maria, une blanchisserie à Joe… Inconsciemment il règle toutes ses affaires avant d’embarquer sur un bateau, duquel il va se jeter.

Il montre la détermination à mourir que celle qu’il a eue pour vivre. Il combat l’instinct de survie. Et il triomphe à nouveau. C’est ça dernière victoire. Je vous laisse écouter ce passage lu par @clement.livres sur Instagram, que vous pouvez retrouver aussi sur Youtube.

Lecture de la scène de fin de Martin Eden (1909) de Jack London – Par @clement.livres

Pour finir, ce qui fait la beauté de ce roman, c’est l’évolution. Celle des personnages, de leurs sentiments, de leurs liens et relations. L’histoire en devient très réelle, très forte et très touchante. Ce n’est plus le bien contre le mal, il n’y a pas que des gentils et des méchants, le monde et les personnages ne sont pas figés. C’est une œuvre « humaine », je ne saurais pas dire si c’est le mot qui lui convient, mais c’est le mot que je souhaite lui attribuer.

Un petit mot pour Lizzie Connolly qui aime démesurément et inconditionnellement Martin Eden, mais ne va obtenir que son respect en retour de ses sentiments. Je ne comprends pas pourquoi il n’est pas en mesure de l’aimer, ni pourquoi il décide de la laisser sur le quai lorsqu’il embarque. Peut-être qu’elle aurait su rallumer la flamme avec toute la chaleur de son amour et ses couleurs flamboyantes de papillon. Par ailleurs, elle fait comme Martin finalement, elle accepte de prendre des cours pour devenir meilleure et pouvoir être aimée de cet homme qu’elle admire. Je suis triste pour ce personnage, je voulais vraiment parler d’elle avant de vous laisser !

Anecdote : Merci pour cette découverte mon futur auteur de best-seller. 🐺💖

Bonne lecture ! Signé C. 🐻

Pigpen – Kim carnby

Résumé : Le protagoniste se retrouve à la dérive sur une île inhabitée, où une mystérieuse famille apparaît devant lui.

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : Je pensais n’avoir sélectionné que des mangas terminés, malheureusement celui-ci est encore en cours. Il y a 19 chapitres disponibles en ligne actuellement. D’ailleurs je parle de « manga » mais il s’agit d’un « manhwa » (bande dessinée coréenne).

J’aime énormément le design de Pigpen. Les couleurs ne sont pas très vives, souvent froides, excepté quand ils font ressortir des lumières (soleil, lune ou éclairages divers). Il est principalement fait en nuance de bleu-gris (il y a quand même de la couleur, j’exagère un peu) et teinté de rouge lorsqu’il s’agit d’un souvenir. Le design des personnages, notamment au niveau des expressions de leurs visages, mérite des félicitations également. Une autre petite anecdote visuelle que j’aime beaucoup, à un moment donné nous voyons un personnage avec des jumelles, par lesquelles nous voyons également. Lors des déplacements des jumelles d’un point à un autre, nous avons un flou sur le décor. Un détail qui donne déjà, beaucoup de mouvement et de vie aux dessins, et puis mince c’est stylé quand même !

Parlons de l’histoire. Un jeune homme se réveille sur une île suite à un accident. Il trouve une boite aux lettres (WTF ?!) puis en continuant son exploration, une maison qui semble habitée. Sans transition, il se réveille à nouveau mais dans une chambre. En sortant, il tombe sur une femme en train de nettoyer le sol. Rien d’exceptionnel (quoi que) jusqu’ici. La femme lui explique qu’ils l’ont trouvé dans le jardin, que c’est un hôtel.

Une fois à table, il rencontre le reste de la famille. Et quelle famille ! La mère bien que souriante semblait nettoyer du sang sur le sol, le père est un croyant (trop) strict, la fille aînée est une séductrice bipolaire, la cadette tue des animaux, et le grand frère semble complètement perdu dans son monde. En partageant leur repas, il s’inquiète de la provenance de la viande qui lui est servie. La famille lui assure qu’elle vient des porcs de leur élevage (personnellement, je la trouve très rouge et saignante pour du porc, mais peut-être que ça vient du dessin). Ils lui servent également un thé qui lui aussi est de couleur rouge, cette fois, l’aînée lui dit qu’il s’agit d’un thé à la cerise. N’étant pas totalement convaincu par les explications, le jeune homme va profiter que la maîtresse de maison accepte son aide en cuisine pour voler un couteau. Acte non sans conséquence, puisque celle-ci va ensuite le harceler pour le récupérer. Un autre détail dérange le héros, tous évitent la question lorsqu’il demande le nom de l’île. Ils lui garantissent également qu’il n’y a ni téléphone, ni ordinateur sur l’île.

Ensuite… Ensuite, je me suis un peu perdue. C’est le but de ce manhwa. C’est-à-dire qu’on ne sait pas qui est un allié, qui est un ennemi, qui ment, qu’est-ce qui est vrai ou faux. Bref. Nous croisons un homme qui semble être un employé, lui aussi à des comportements totalement différents d’un moment à l’autre. Il semble penser que la famille est composée de psychopathe mais leur obéit, et indique même au jeune homme qu’il faut impérativement leur être utile. Il lui confie qu’il a mangé de la viande humaine avant d’exploser de rire et lui dire que c’est une blague.

Romi la fille aînée n’est pas mieux, elle lui dit que ce n’est pas sa vraie famille, qu’elle veut quitter l’île et lui demande son aide. Il l’aide donc à s’échapper et elle revient après avoir fait du shoping, en lui offrant une bouteille de désherbant (qui par ailleurs est un puissant poison). Il trouve aussi des photos pixelisée avec un chiffre au dos, il trouve un téléphone et contacte des secours qui lui disent que sans le nom de l’île ils ne peuvent rien faire. Bref.

Il y a également une histoire avec un livre vierge, qui finalement ne semble plus l’être quand le fils lui lit un passage. Nous ne savons pas en somme. Est-ce que le héros est fou ? Est-ce qu’il y a vraiment un problème avec cette famille ? Qui sont vraiment ces gens ?

Je vous ai dit qu’il était amnésique ? Le héros ne sait pas pourquoi, ni comment, il est arrivé sur l’île. Un passage m’a offert une hypothèse que l’avenir confirmera peut-être. Nous voyons dans un restaurant, une télévision où sont diffusées informations qui parlent d’une star portée disparue (l’employé de l’île) et nous voyons également un jeune en mode DarkSasukeDu59. Je pense donc, qu’il est fort probable que notre héros soit une espèce de détective privé à la recherche de cette fameuse star, recherches qui l’auront conduit à proximité de l’île où malheureusement il a un accident, se retrouve amnésique et piégé.

J’attends la suite avec impatience… Je ne me suis pas informée sur les prochaines sorties. Je penserais sûrement à regarder au prochain Pumpkin Autumn Challenge. D’ici là, je vous conseille de commencer la lecture si vous vous sentez capable de supporter l’attente !

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021, menu « Automne frissonnant », catégorie Double, double, toil and trouble (Sorcière, pièce de théâtre, prophétie, tragédie)

Bonne lecture ! Signé C.

Aime ton prochain – Chida Daisuke

Résumé : Kazumi Ichinose est un lycéen de seize ans. Il y a six ans, sa vie a basculé dans l’horreur lorsque Saki Mido, une camarade de classe de l’époque, s’est entichée de lui. Depuis, l’adolescent vit un véritable enfer à cause de cet amour à sens unique que lui voue la jeune fille. En effet, d’une jalousie maladive, cette dernière ne laisse derrière elle qu’un torrent de sang et de larmes, et même un cadavre… Peut-on continuer à vivre quand on est aimé par le Mal incarné sur qui la raison et la morale n’ont aucun effet ?

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : Voilà un manga qui m’a sacrément marqué. L’article va être 100% spoil. Pour ceux qui ont eu la chance de le lire, ça va vous rafraichir la mémoire. Pour les autres, filez vite le découvrir !

Une pré-adolescente Saki Mido (11 ans tout juste) est « amoureuse » d’un garçon de son âge, Kazumi Ichinose, qui est en couple avec Fumika Nimi. Au détour d’une conversation Mido demande à Kazumi s’il aurait accepté de sortir avec elle si Fumika n’existait pas ou s’ils s’étaient rencontrés avant. Innocemment il répond que oui… C’est le début de l’enfer. Mido, âgée rappelons-le de tout juste onze ans, tue Fumika en lui tranchant la gorge avec un cutter, puis demande toute contente à Kazumi si maintenant elle peut devenir sa petite amie. Normal.

Six ans plus tard, alors que Kazumi n’a plus de nouvelles de Mido (qui est en centre de rééducation pour jeunes), tombe amoureux d’une autre adolescente. Mido refait surface, la kidnappe et la torture. Ce n’est pas tout, ça serait trop facile. Et c’est d’ailleurs là que ça devient extrêmement glauque (ha bon, ça l’était déjà ?!). Je vous assure qu’à ce moment-là on passe un cap au niveau de l’horreur. Mido s’empare du portable de Yotsuya (la petite amoureuse de notre héros) et contacte Kazumi pour le forcer à venir dans l’école où elle a tuée Fumika (et où elle vient de torturer Yotsuya). Le jeune homme arrive et à force de menaces contre sa petite amie, elle obtient de lui qu’il lui offre sa virginité. Oui oui. Nous parlons bien d’un viol. Mais comme si ce n’était pas assez malsain comme ça, elle le force à avoir ce rapport dans la classe où elle a commis son premier crime et devant l’urne qui contient les cendres de Fumika, qu’elle a volés. Normal.

Après tout ça, nous n’en sommes qu’à la fin du chapitre 12, sur 73 chapitres. J’espère que vous avez l’estomac bien accroché pour la suite.

Je vous raconte encore un peu. Évidemment, Kazumi après ces évènements, refuse de s’investir dans une relation amoureuse et cumule les coups d’un soir ou de plusieurs soirs d’ailleurs. Le jeune homme attend avec impatience le moment où Mido refera surface pour la tuer, pour venger Fumika et Yotsuya. Il a d’ailleurs engagé des détectives pour retrouver la retrouver. Au bout de cinq ans, Mido est repérée. Le jeune homme, accompagné de la petite sœur de Yotsuya va à sa rencontre. Surprise motherfucker, Mido est amnésique. La grande méchante, celle qui doit payer pour ses crimes, ne s’en souvient justement pas. Et c’est le drame. Est-ce qu’il ‘est juste de punir une personne qui ne se souvient plus de ses crimes ? Punir une personne qui est devenue inoffensive. Est-ce que l’on peut réellement considérer qu’il s’agit de la même personne ? Si nous partons du principe que nos souvenirs font ce que nous sommes, alors, Mido devenue amnésique n’est plus une criminelle. C’est ainsi que la petite sœur de Yotsuya va convaincre de laisser tomber sa vengeance. Elle va également partir toute une soirée et une nuit chez Mido pour lui rappeler qui elle est. Personnellement, je suis mitigée. Je me dis que certes, elle est amnésique, et après ? Ce n’est pas parce qu’elle ne s’en souvient pas qu’elle n’a pas commis ces crimes… J’ai souvent du mal à trancher dans ce genre de situation. La frustration des victimes me pousse vers la punition, l’amnésie du bourreau vers le pardon. Je vous laisse choisir votre camp, ou rejoindre le mien « Le club du Bwaaaaah Chaipatro ».

Vous pensiez que c’était terminé ? J’ai annoncé 73 chapitres ! Prenez une grande inspiration, un Nausélib et continuons. Au petit matin, Mido se ramène avec Shiho (la petite sœur de Shino Yotsuya) pour les accompagner sur le voyage du retour. Et oui, cette garce à retrouvé la mémoire. Toute la nuit, elle a torturé la pauvre Shiho et continue même dans le train. Elle s’installe chez un Kazumi qui semble résigné, prêt à accepter la souffrance de vivre avec la démone. Elle lui confisque son téléphone, surveille toutes ses sorties, quant à lui il s’impose des règles pour ne pas la contrarier. Vous pensez que ça ne peut pas être pire ? Kazumi s’autorise une sortie avec un ami et tombe sur une ancienne fréquentation. La jeune femme a l’air terrifiée lorsqu’elle le voit. Elle lui dit qu’elle n’a pas le droit de lui parler et fond en larmes. Il rentre extrêmement énervé chez lui et demande à Mido si elle a rendu visite à l’une de ses anciennes conquêtes. Mido lui dévoile toute une série de carte SD où elle se filme en train de torturer ces femmes. Je ne sais plus si c’est 26 ou 27 mais nous sommes d’accord, une, c’est déjà trop. Kazumi pète littéralement un plomb et tente de tuer Mido. C’est un échec. Il aurait mieux valu qu’il ne fasse rien ou qu’il réussisse, parce que cette tentative le met dans une position très inconfortable. Oui oui, Mido va l’enchaîner et le torturer. Le pire dans tout ça, c’est qu’elle y prend beaucoup de plaisir. Alors que nous étions au comble de l’horreur, je me suis aperçue que nous n’étions qu’au chapitre 37. Là, j’ai fait une petite pause pour respirer. Vous l’avez compris, elle le séquestre pour le soumettre, en espérant par ailleurs qu’il finisse par avoir des sentiments pour elle (le fameux syndrome de Stockholm), mais elle ne le torture pas pour cette raison. Ces douleurs physiques qu’elle lui inflige sont réalisées dans le cadre de sa sexualité. Je pense qu’on peut raisonnablement dissocier la pratique sexuel et les sentiments. Ce qui reste extrêmement gênant (inacceptable en fait), c’est qu’elle ne lui laisse pas le choix. Je veux bien accepter l’idée que les gens aient des pratiques étranges, mais nous sommes d’accord (je l’espère), tous les partenaires doivent être consentants. Enfin, dans une histoire aussi glauque, je suppose que c’est « normal ».

Dernière partie, celle où Kazumi s’échappe, traque Mido et enfin la capture. J’ai sauté quelques passages, mais je les trouve moins important que cette fin. Même si c’était intéressant de voir ce jeu de manipulation et de constater que celui qui a le plus d’informations triomphe sur l’autre. Revenons à la capture. Kazumi et ses alliés emmènent Mido dans l’ancienne école, là où tout à commencé. Le jeune homme passe ses nerfs sur elle, ce qui est tout à fait compréhensible. Il allait d’ailleurs la tuer lorsque Yotsuya (et oui, sa petite amoureuse du lycée, qui a été torturée et qui s’est enfermée chez elle depuis ce jour) arrive et l’en dissuade. C’est juste trop mignon, trop touchant, j’ai peut-être un peu pleuré mais ne dites rien à personne. Finalement ils la dénoncent à la police, ce qu’ils n’avaient pas encore fait (excepté à 11 ans quand elle a tuée Fumika mais c’est un adulte qui l’a découvert). Kazumi et Yotsuya finissent ensembles, fin parfaite !

J’ai encore quelques petites choses à dire, même si l’article est déjà gigantesque. Premièrement, Mido, notre grande méchante… Et bien, je crois que quelque part je comprends sa jalousie. Je comprends l’humaine mais je condamne fermement l’acte (les actes même). Elle veut absolument Kazumi pour elle, mais surtout elle veut compter pour lui, quitte à mourir de sa main pour rester à jamais dans son esprit. Vous remarquerez que je n’ai jamais parlé d’amour entre Mido et Kazumi. Excepté au tout début où j’ai pris soin de mettre des guillemets autour du mot « amoureuse ». Pour moi Mido ne sait pas ce qu’est aimer. Tout ce qu’elle fait c’est pour que Kazumi soit à elle. Mais aimer est très différent de posséder.

Ensuite, le fait qu’ils n’aient pas contacté la police m’a surprise, mais je pense que soit c’est pour que l’histoire puisse exister, soit c’est une question de culture. En effet, Mido prenait soin de filmer ses séances de tortures, les filles étaient déshabillées, humiliées et devaient parfois même se rabaisser en disant à quel point elles sont minables d’avoir eu des rapports sexuels avec Kazumi. S’il arrivait quelque chose à Mido, les vidéos auraient été dévoilées. Bon… Déjà à aucun moment (sauf si je suis passée à côté) ils ne disent de quelle façon elle les aurait publiées. Peut-être avec l’aide de l’infirmière (je ne l’ai pas évoquée dans l’article mais elle est sa complice sous influence du chantage et de la torture). Honnêtement ça me parait bizarre, à moi, en tant que française, de ne pas la dénoncer par peur de voir ces vidéos faire surface. Ce ne sont pas des vidéos honteuses, ce sont des preuves des crimes de Mido à mes yeux.

Je conclus enfin l’article ! Ce manga était très prenant mais très malsain. Cela dit, même si je n’ai pas terminé mes lectures du Pumpkin Autumn Challenge, jusqu’ici c’est de loin la meilleure. Je ne peux que la conseiller (aux personnes peu sensibles, ou aux personnes équipées pour affronter la pire noirceur de l’humanité).

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021, menu « Automne frissonnant », catégorie « Le folklore de Chipenden » (Créature surnaturelle, fantastique, obscure, fantasy)

Bonne lecture ! Signé C.

Damned Master – Katayama Shuu

Résumé : Uni, jeune étudiant universitaire, est fréquemment sujet à la paralysie du sommeil qui lui fait voir des choses qu’il n’arrive pas à expliquer. Shishou, un professeur fan d’occultisme, va alors s’intéresser à son cas…

Note personnelle : ★ ★ ★ ☆ ☆

Avis : Je ne savais pas tellement à quoi m’attendre en commençant ce manga. J’imaginais une histoire avec deux hommes qui découvrent les ténèbres. Finalement, il s’agit d’un jeune homme qui semble voir des esprits, et qui décide d’aller partout où les gens disent qu’il y a des phénomènes paranormaux. C’est une accumulation de petites histoires horrifiques, comme une légende urbaine sur une main noire qui exaucerait les vœux si on la gardait sept jours, un trou étrange qui se forme sans arrêt dans le bac à sable d’une école, des appels étranges… Bref des petites histoires quoi !

Est-ce que cette obscurité vous effraie ? Fermez les yeux ! Voilà…

Damned Master – Katayama Shuu

Le tout début de l’histoire est très sympathique pour les fans d’horreur, mais la suite m’a semblée un peu légère, pas assez horrible, avec plus ou moins toujours les mêmes mécanismes. Le « Master » en question, ressemble surtout à un jeune homme en dépression qui joue à se faire peur. Il n’offre pas souvent de réponse concrète, souvent les chapitres finissent sur un « p’tête bin qu’oui, p’tête bin qu’non », magnifique expression qui ne fonctionne pas sans accent au passage. Il y a un moment où j’ai vraiment apprécié le personnage qui sortait enfin du mode « DarkSasukeDu59 », c’est quand il pète littéralement un plomb et décide de se faire une cure de ténèbres. Je vous mets la double page en question plus bas. J’avoue, j’ai rigolé.

Il y a un petit détail qui me plaisait beaucoup, c’est que la plupart des visages des personnages secondaires ne sont pas justement pas détaillés, par exemple un visage entièrement blanc avec un trait pour la bouche qui suffit amplement à comprendre le ressenti de cette personne. Et même toute une histoire contée avec des visages entièrement noirs, excepté le fameux détail qui permet de retranscrire l’émotion du personnage (que ce soit la joie, la tristesse, ou la peur par exemple).

Ses pupilles sombres fixaient l’horreur cachée sous l’obscurité.

Damned Master- Katayama Shuu

Il existe visiblement, si ma mémoire ne me trahie pas, sept tomes en VO et uniquement cinq en VF. En mauvaise chroniqueuse, je vous laisserais le soin d’aller vérifier si bon vous semble.

En somme, ce n’est pas un mauvais manga. Il manquait juste de profondeur pour moi. Je n’ai pas eu de frissons, sauf au début, et je n’ai pas tant aimé les personnages. Le vrai point positif pour moi c’est les dessins, notamment ceux des esprits, toujours noirs avec ces visages terrifiés, ça c’est bien.

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021, menu « Automne frissonnant », catégorie « Gare, gare à la main de gloire ! » (Voleur, thriller, policier, superstition, horreur, épouvante)

Bonne lecture ! Signé C.