Conan Lord – Serge Brussolo [saga]

Résumé : Londres, 1945. Les exploits de Conan Lord défraient la chronique. Qui est donc ce cambrioleur insaisissable qui signe ses forfaits en rayant les miroirs, comme si son image lui était insupportable ? Un nazi clandestin, un anarchiste ? Un soldat défiguré par la guerre et décidé à se venger ? Cependant, au square, le jeune Richard Shieldrake a lié connaissance avec un autre garçonnet, Tiny, lui aussi accompagné de sa nurse. Étrange enfant, celui-là, qui, une fois sorti du jardin, allume une cigarette et boit un coup. Quelque temps plus tôt, le cirque Paddington a brûlé dans les bombardements. On y exécutait pour appâter le public les numéros les plus dangereux…

Comtesse

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : L’histoire se déroule dans un Londres d’après-guerre, en 1945 (soit quatre ans après la fin du « Blitz », un bombardement stratégique qui a eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale), où nous allons suivre les aventures de Conan Lord, bien différent de notre cher Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur. C’est un enfant, en apparence, issu du cirque Paddington (qui a malheureusement été détruit durant les bombardements) qui se fait accompagner de sa nurse, Peggy, durant ses cambriolages. Nous découvrons bien vite que Tiny, alias Conan Lord, est en réalité un adulte, souffrant de la thyroïde, qui lui fait conserver cette apparence d’enfant. Par conséquent, sa nurse, n’en est évidemment pas une. Peggy est l’ancienne dompteuse du cirque. Le duo est accompagné d’un troisième compagnon, Seth, l’ancien homme-obus. Nous ne verrons pas énormément ce dernier car à la suite d’un accident lors d’une représentation, il souffre désormais de crises qui le plonge dans une espèce de léthargie, le rendant inefficace.

La mission de notre duo improbable est de trouver et détruire un tableau, qui se trouve dans la résidence Shelton, tristement connue pour avoir vu naître le Coupeur de Tête. Celui-ci a décapité pas moins de cinq domestiques et une invitée. Par ailleurs, deux hommes enquêtant sur le tueur, s’accusant mutuellement d’être le coupable, se sont entre-tués dans la roseraie… Beaucoup de sang a coulé entre ces murs désormais considérés comme maudits.

Trouver ce tableau et le détruire est une tâche difficile à accomplir, si nous tenons compte du fait qu’elle est gardée dans un coffre-fort quasiment impossible à détruire et à ouvrir… D’autant plus que la famille Shieldrake ne leur facilite en rien le travail. Le jeune Richard est un tortionnaire qui va s’amuser à torturer Tiny, lui racontant des histoires de fantômes et autres dangers qui le guettent. Sa mère folle à lier est hantée par les souvenirs de cette époque tragique, par ailleurs cette femme est d’une jalousie maladive, mettant dans une très mauvaise posture la fausse nurse Peggy, qui est courtisée par le beau-père de Richard, homme obsédé par le mystère du Coupeur de Tête, qui s’enferme dans le coffre-fort impénétrable avec le fameux tableau qui est, parait-il, sur le point de lui livrer son honteux secret. Si cette œuvre est si importante, c’est que le nom du tueur y est mentionné dans un message crypté. Cependant, afin de ne pas rendre aux enquêteurs la tâche trop facile, le peintre, qui est également l’ancien jardinier de la résidence et qui connait l’identité du Coupeur de Tête, a décidé d’utiliser une substance qui noircit irrémédiablement dès qu’elle est exposé à la lumière. Les scientifiques ont découvert qu’elle pouvait néanmoins s’étudier à l’aide de lumière rouge, car celle-ci a un effet moindre sur la toile.

Dans une ambiance malsaine et angoisse, à huit clos dans la résidence où le fog semble ne jamais disparaître, où de simples roses rouges vous donnent la chair de poule, entourés d’antipathiques occupants, les deux saltimbanques vont tenter de mener à bien leur mission si généreusement rémunérée.

Brussolo et son style si particulier, flirtant avec la science-fiction dans des ambiances étouffantes, nous terrorise encore une fois avec son roman. Comme toujours, je ne peux que le conseiller, en grande fan de l’auteur. ❤

Anecdote : Acheté dans une librairie Boulinier, que je vous invite à découvrir pour ceux qui aiment les romans d’occasions. Site ici. Et pour l’image ici.

Bonne lecture ! Signé C.

La cerise sur le gâteux – Jean-Jacques Reboux (collection Le Poulpe)

Résumé : La grande roue, le frisson, la tendresse pour une peluche gagnée au stand de tir. Et déjà l’heure de rentrer. Alvaro tenait Yanissa contre lui. Ils avancèrent vers eux, menaçants. Et tout alla très vite. Sauf l’arrivée des flics… Le lendemain, le meurtre était à la Une. Et le Poulpe sur le pied de guerre dans les rues de Charençon-le-Plomb. Avec une question en tête  « Pourquoi Yanissa a-t-elle disparu ? ». Un guide précieux l’accompagne, Joël, SDF de Charençon. Un doux dingue qui se fait appeler Don Quichotte et part au combat au cri « d’Arago ! Arago ! ». Magouilles politiques, réseaux d’influence, à Charençon-le-Plomb, la vérité n’est pas facile à voir en peinture.

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★

Avis : La collection « Le Poulpe » des éditions Baleine est particulière. En effet, les tomes sont d’auteurs différents. Après avoir lu plusieurs d’entre eux, je dois dire que la charte doit être très précise car je n’ai pas remarqué immédiatement que la plume changeait de main… En fait, je ne l’ai remarqué que lorsque j’ai fait des recherches sur internet (honte à moi, je ne prends même pas le temps de lire le nom de l’auteur sur la couverture). Ces romans se caractérisent par leur format court. Les titres contiennent des jeux de mots comme vous pouvez le constater avec ce douzième tome et ceux-là : « La petite écuyère a cafté » premier tome de la collection, « La Pieuvre par neuf » qui est le onzième, « Chili incarné » ou encore « Comme un coq en plâtre ». Parlons maintenant de cette histoire, puisque c’est tout de même le but de l’article.

Le roman commence de façon tragique. Yanissa, son frère Alvaro et des amis, passent une soirée à la fête foraine, où ils font une mauvaise rencontre. Une bagarre est engendrée par des skinheads, dont l’issue est fatale pour Alvaro, malgré l’intervention de ses amis et de forains venus leur prêter main forte. La police arrive sur les lieux, constate le crime, fait un rapide tour pour retrouver les assassins sans succès (sans conviction non plus d’ailleurs), Yanissa s’enfuit, l’affaire est classée.

Le lendemain, Gabriel Lecouvreur, dit « Le Poulpe » découvre cette histoire relatée par les journaux, notamment dans « Le Parisien » dont le titre de la une n’est autre que le suivant « Un Français originaire du Cap-Vert tué par balle par un skinhead à la foire du Trône. ». L’article contient un élément qui intrigue notre céphalopode, en effet, trois amis d’Alvaro certifient qu’il a été tué par balle, alors que la police nie ce fait. Il ne lui en faut pas plus pour le décider à enquêter sur cette affaire.

L’après-midi même Le Poulpe se retrouve à Charençon, où il fait la connaissance de Joël un sans domicile fixe, qui lui fait visiter le quartier et s’enfuit en criant « arago-arago-arago ! » dès l’apparition de deux vigiles. Pour moi, Arago est un astronome français, utiliser son nom comme « cri de guerre » est étrange. Je ne suis pas la seule à trouver ça bizarre, puisque la question lui est posée au cours d’un dialogue, cela a faillit rester un mystère : Joël lui-même ne sait pas pourquoi il s’obstine à dire « Arago » à tout-va. C’est dans une lettre écrite par sa sœur à l’attention de notre Poulpe que nous trouvons la triste réponse « Avant de tuer mon père, le tueur lui a dit : « De la part d’Arago. ». Nous apprenons également que Joël a occulté toute une partie de sa vie, oubliant même l’existence de cette sœur.

Revenons à l’histoire. Le Poulpe enquête aux côtés de Joël, qui l’amène au domicile de la mère d’Alvaro et Yanissa. Cette dernière est portée disparue depuis l’assassinat de son frère. S’en suit donc une histoire rythmée dont je vous passe les détails.

Pour conclure, ce tome milite contre le racisme, dénonçant le manque d’implication et d’empathie de la police dans la banlieue parisienne. Un sujet qui est malheureusement encore d’actualité, bien que le roman soit de 1998. Nous retrouvons beaucoup d’argot parisien dans ce roman, ce qui est plaisant pour moi et je l’espère, pour vous aussi.

Anecdote : emprunté à la bibliothèque municipale. 😍

Bonne lecture ! Signé C.

Exercice d’écriture – Thème Noël

Je vous propose un atelier écriture. Bien que je sois principalement une lectrice, j’aime également écrire et souhaite vous faire partager cette seconde passion. 🖋️

L’exercice est simple. Il suffit prendre six mots (vous pouvez utiliser un générateur de mots sur internet comme celui-ci ou demander à quelqu’un de vous les donner) et les inclure dans une histoire autour du thème de Noël. 🎅

Thème : Noël
Nombre de caractères : Minimum 10000 – Maximum 20000 (15481 au total)
Mes mots imposés sont : vieux – animal – genou – robe – graisse – moustache (tous les mots sont inclus)

Il était six heures du matin, un vingt-quatre décembre, lorsque l’alarme se déclencha. Un grognement s’éleva de sous la couverture. Une main en sortit et donna un coup sec sur le réveil. Celui-ci, non content d’avoir réveillé le dormeur, eu l’audace de tomber au sol, d’où il continua d’émettre des sons stridents. Après un second grognement, Bruno se leva et éteignit l’objet infernal. C’est d’une humeur massacrante qu’il entreprit de se préparer une tasse de café. Le vacarme de la cafetière ressemblait à un doux ronronnement à ses oreilles après l’insupportable sonnerie du réveil. La tasse fumante à la main, il traîna des pieds jusqu’à la salle de bain. Bruno inspecta son visage dans le miroir. La lumière crue creusait ses traits déjà tirés par une mauvaise nuit. Il haussa les épaules en soupirant. Son père lui disait souvent que l’insomnie était la triste compagne des gens seuls, savait-il seulement à quel point il avait raison, se demanda-t-il en se glissant sous la douche.

Le parking était vide excepté quelques voitures garées dans la zone réservée aux employés du centre commercial, à l’arrière du bâtiment, à côté des conteneurs pleins à craquer ce matin-là. Bruno poussa la porte qui s’ouvrit en grinçant. Il se dirigea vers les vestiaires. Un homme grand et maigre était en train d’enfiler une veste aux couleurs de l’entreprise. Bruno le salua d’un signe de main.
– C’est vous le Père Noël ? demanda-t-il en boutonnant sa veste.
– Pour une semaine oui.
Il tourna le dos à l’employé pour lui signifier qu’il ne souhaitait pas poursuivre cette conversation trop matinale à son goût. Mais le jeune homme était d’humeur jouasse et ignorant le message implicite s’approcha de lui.
– J’étais en repos ces derniers jours, expliqua-t-il tout en s’asseyant sur le banc, j’avais peur que vous ayez terminé votre mission avant que j’aie eu le temps de prendre une photo avec vous.
Bruno haussa un sourcil et dévisagea le jeune homme.
– Tu n’es pas un peu vieux pour faire une photo avec le Père Noël ?
– Bien sûr que non ! répondit-il. Mais je le suis sûrement pour m’asseoir sur vos genoux, ajouta le jeune homme avant de s’esclaffer.
Il hésita quelques secondes puis se tourna à nouveau vers l’homme qui bouclait la ceinture de son déguisement.
– Sérieusement m’sieur, on peut faire une photo avant l’ouverture ?
Comprenant que le jeune homme ne lâcherait l’affaire pas avant d’obtenir gain de cause, Bruno accepta. Ils se rendirent ensemble au stand, allumèrent automates et lumières, puis prirent la précieuse photographie.
– Merci m’sieur, elle est pour ma mère. Je n’avais pas de vrai cadeau pour ce soir, faut dire qu’ils ne payent pas très bien ici… se justifia-t-il en se grattant l’arrière de la tête d’un air penaud. Je lui ai pris une boite de chocolat aussi ! Vous croyez qu’elle sera contente ?
Il se dandinait d’un pied sur l’autre, devant le fauteuil d’où Bruno le regardait déconcerté. Il prit soudainement son rôle à cœur.
– Il n’y a pas de doute, elle va adorer tes cadeaux, lui répondit-il de sa voix la plus rassurante puis souriant il ajouta, joyeux réveillon jeune homme !
– Merci, joyeux réveillon aussi m’sieur ! s’exclama l’employé visiblement soulagé, qui s’éloignait déjà en agitant joyeusement sa photographie.

Bruno trouvait le fauteuil particulièrement inconfortable. Voilà sept années qu’il jouait le rôle du Père Noël dans les centres commerciaux et c’était la première fois que cet emploi lui paraissait aussi difficile. Outre ce manque de confort, les courants d’air glacés et les insupportables chants de Noël lui donnaient la migraine. Il eut à peine le temps de trouver une position acceptable qu’une petite fille en robe rouge grimpa sur ses genoux. Il lui sourit et lui demanda si elle avait bien été sage. L’enfant se tordit les doigts, lança un regard à sa mère, qui lui fit un oui de la tête. Ses petites joues se colorèrent de rose, elle répondit timidement qu’elle avait en effet été sage.
– Qu’as-tu commandé ma grande ? demanda Bruno,
Rougissant de plus belle, elle prit une grande inspiration et répondit avec une solennité qui contrastait avec son jeune âge.
– Je voudrais avoir un chien, mais maman dit qu’on ne peut pas avoir un animal, alors j’aimerais bien avoir un chien en peluche et aussi je voudrais bien avoir…
– Doucement doucement, Bruno tapota sur son épaule pour la calmer, tu as dit un chien en peluche, c’est ça ?
– Oui Père Noël, je voudrais aussi…
Bien qu’il appréciait les enfants et ne souhaitait en aucun cas les décevoir, la politique de l’agence était stricte, il devait atteindre un certain nombre de photographies dans la journée pour ne pas voir son salaire amputé, par conséquent il décida d’écourter l’énumération de la liste.
– Un chien en peluche, c’est noté ! Maintenant regarde le lutin et sourit.

Le flash jaillit de l’appareil. La mère, enchantée, vint reprendre sa fille. Bruno inspecta d’un rapide coup d’œil les alentours et constata avec soulagement que plus personne n’attendait devant son stand. Vérifiant l’heure sur sa montre, il décida de s’octroyer une pause méritée. Il posa un écriteau sur le siège et sortit à l’arrière du magasin où quelques employés frissonnants étaient en train de boire du café dans des gobelets en plastique. Il s’adossa contre un mur, près des poubelles, tira sur sa fausse barbe jusqu’à la placer sous son menton et glissa une cigarette entre ses lèvres. Il regarda le groupe s’en aller. Un peu de silence ne me fera pas de mal, songea-t-il, en se massant les tempes. Le destin en avait décidé autrement. De petits pas rapides se firent entendre dans la cour. La fillette à la robe rouge se pressait vers lui. Il tressauta et essaya maladroitement de replacer sa fausse barbe.
– C’est bon, dit-elle, je sais que tu n’es pas le vrai Père Noël.
Bruno jeta sa cigarette et l’écrasa sous sa botte.
– Tu as raison, je ne suis pas le vrai, mais c’est un secret, tu dois le garder, c’est d’accord ? lui demanda l’homme déguisé en se baissant pour être à sa hauteur.
La petite accepta d’un signe de tête et lui tendit une enveloppe.
– C’est pour que tu la donnes au vrai Père Noël, ajouta-t-elle en rougissant ce qui semblait être l’une de ses habitudes.
Il prit l’enveloppe et la mit dans la poche de sa veste. L’instant d’après la porte s’ouvrit avec fracas et une femme paniquée fit irruption dans la cour.
– Rose ! Tu es là ! Tu m’as fait peur ! s’exclama-t-elle, entre colère et soulagement.
Elle courut jusqu’à la petite et la tira par le bras, en direction de la porte, sans même jeter un regard à l’homme habillé en Père Noël, qui se relevait avec difficulté.
– Je donnais une lettre au monsieur pour qu’il la passe au Père Noël, s’excusa l’enfant.
– Ne t’éloigne jamais de moi dans les magasins, c’est dangereux Rose.
Bruno fit un clin d’œil à la petite fille qui lui répondit par un sourire complice en suivant sa mère. Il allait également rentrer lorsqu’un faible bruit se fit entendre. Il s’immobilisa et écouta. Ce qui ressemblait à un miaulement s’éleva d’un endroit qu’il estimait être situé près des poubelles. Intrigué, il fit demi-tour. J’espère que dans ce centre commercial de malheur les rats ne savent pas miauler, ronchonna-t-il en inspectant le contenu de la benne la plus proche. Un troisième miaulement s’éleva plus loin, s’approchant du dernier conteneur il vit le chat sortir de sous l’énorme boite et venir à sa rencontre. Maculé de saleté que la tempête de neige avait moins réussit à laver qu’à mouiller, la pauvre bête, qu’il devinait avoir été d’un roux flamboyant, tremblait de froid. Il approcha la main doucement. Sans la moindre hésitation, le chat y frotta sa tête.
– Tu es dans un bien sale état toi, lui dit Bruno en le prenant dans ses bras.
Pour toute réponse, le chat se mit à ronronner.
– Je vais t’amener au chaud, susurra-t-il au félin en entrant dans le bâtiment.

Le chat dormait paisiblement, roulé en boule dans le traîneau décoratif du stand, malgré le vacarme ambiant. Bruno l’avait enveloppé dans son pull qu’il était retourné chercher dans les vestiaires. Il avait songé à y laisser son nouvel ami mais à peine eut-il fermé la porte que des miaulements inquiets avaient retenti. Il avait finalement cédé au chantage du chat et l’avait emmené avec lui. Les heures défilaient et les enfants se succédaient sur les genoux du Père Noël, parfois souriants, parfois larmoyants. Certains tentaient même d’arracher la fausse barbe qu’il portait, ce qui dans d’autres circonstances ne l’aurait pas dérangé, car il supportait difficilement le contact avec les poils synthétiques. La moustache était plus incommodante encore, elle lui chatouillait le nez le faisant régulièrement éternuer. En professionnel de l’animation, comme il aimait le dire, il restait souriant et gardait du mieux possible son ton enjoué de Père Noël.

Les clients se firent de plus en plus rares au stand. L’heure avançait et tous souhaitaient rentrer chez eux pour commencer les préparatifs du réveillon. Un homme s’approcha de lui à grandes enjambées.
– Comment se passe la journée ? Beaucoup de photos ? demanda l’homme dont l’impolitesse énerva instantanément Bruno.
– Bonjour Monsieur le directeur, répondit-il les mâchoires serrées en tendant la main.
Devant l’immobilité de l’homme en costume, il finit par abdiquer et laissa retomber sa main.
– Oui il y a eu beaucoup de visite sur le stand aujourd’hui.
Le félin roux qui n’avait jusqu’ici pas bougé d’un poil, se mit à miauler doucement.
– Qu’est-ce que c’est que ça ? s’agaça le directeur en regardant par-dessus l’épaule du Père Noël qui tentait tant bien que mal de dissimuler l’intrus. Vous n’avez tout de même pas osé ramener une saloperie de chat sur le stand ! Mais, regardez-moi ça, il est tout pouilleux !
L’homme s’avança vers le traîneau, le chat feula le faisant immédiatement reculer. Revenu à une distance suffisante pour se sentir en relative sécurité il s’adressa à Bruno.
– Il est dangereux cet animal ! Il pue en plus, c’est une infection ! Vous êtes complètement inconscient ma parole ! Ramener une bête sauvage ici, on aura tout vu, s’égosilla-t-il. Et vous avez pensé aux allergies ? Et s’il avait des maladies ? S’il avait blessé un gosse ?! L’agence va m’entendre, je vous le garantis !
Agitant rageusement son index devant le nez de Bruno, il finit par sortir son téléphone portable et composa un numéro. Le Père Noël lança un regard consterné au chat, en lui chuchotant qu’il avait choisi le mauvais moment pour se manifester. Le directeur quant à lui, faisait les cents pas, l’oreille collée à son mobile.
– Oui, un chat, vous avez bien entendu ! Comment ça vous ne pouvez pas rembourser ? Vous vous rendez compte ? Un chat sale, sauvage et agressif, dans nos locaux.
Le visage du directeur avait viré au cramoisi, une veine palpitait sur sa tempe. Il s’époumonait dans le microphone de l’appareil. Bruno eut pitié de la personne à l’autre bout du fil. Certainement Alice, songea-t-il, la réceptionniste. Une jeune fille souriante et gentille, qui ne méritait aucunement qu’on s’acharne sur elle de la sorte.
– Monsieur le directeur, l’appela Bruno en lui tapant doucement sur l’épaule, Monsieur le directeur, insista-t-il. Je vais amener ce chat dans les vestiaires, rassurez-vous.
– Ne croyez pas que vous allez vous en sortir si facilement, vociféra-t-il avant de raccrocher. Bien entendu que vous allez le virer d’ici ! Et immédiatement !
Il tourna les talons et partit en rouspétant, il prit tout de même le temps de proférer une dernière menace.
– Si l’agence refuse de me dédommager, le manque à gagner sera prélevé sur votre salaire. Vous aussi, ne croyez pas vous en sortir si facilement.
Bruno récupéra le chat tout ébouriffé dans le traîneau.
– Bravo, grâce à toi, aucun de nous deux n’aura de crevette pour le réveillon, lui dit-il en lui caressant la tête.
Le chat se blottit contre l’homme et se laissa porter jusqu’aux vestiaires où il fut délicatement déposé sur un banc.
– Je reviens dans… Bruno regarda sa montre avant de continuer, une petite demi-heure. Reste sage, je passerais t’acheter des croquettes avant qu’on fiche le camp d’ici.
Il referma la porte en priant pour que le temps passe vite. L’idée de laisser l’animal seul lui tordait l’estomac. Heureusement, quand il revint, le félin patientait toujours au même endroit.

Bruno déposa le chat sur le siège passager et démarra la voiture.
– Il va falloir te trouver un nom maintenant. Qu’est-ce que tu dis de Santa ? questionna-t-il en lui lançant un regard. Non, ça ne te va pas. Peut-être que Claus te convient mieux.
À son grand étonnement le chat répondit par un miaulement.
– Bien, c’est officiel, tu t’appelles Claus. Grâce à notre rencontre aucun de nous deux ne passera le réveillon seul.
Bruno se mit à siffloter gaiement, malgré la circulation ralentie par la neige qui tombait encore en abondance. Rien ne pourrait entacher sa bonne humeur désormais.
– Finalement, j’ai acheté des crevettes. Tu as de la chance mon petit Claus ! Elles étaient en promotion, puis je te trouve maigrichon. Il te faut un peu de graisse si tu veux passer l’hiver mon petit.
Le chat était attentif aux paroles de son nouveau maître. Il le regardait conduire, poussant régulièrement des miaulements pour lui montrer sa reconnaissance. Bruno se gara dans une rue non loin de son appartement. Il sortit le chat de la voiture en s’assurant qu’il soit bien emmailloté dans le pull qu’il lui avait cédé. Il marchait doucement en veillant à ne pas glisser sur les plaques de verglas. En passant près d’un réverbère, il remarqua une affiche signalant la disparition, depuis plusieurs jours, d’un chat roux nommé Drufus. Pris d’un doute Bruno étudia à tour de rôle le chat qu’il tenait dans ses bras et celui de l’affiche. C’est à contrecœur qu’il arracha le numéro de téléphone de la propriétaire et le glissa dans la poche de son manteau.

De retour dans son appartement, Bruno déposa le chat et lui servit un bol de croquettes. Il rangea ses maigres courses et se résigna à sortir son téléphone. Il regarda l’animal qui mangeait goulûment puis pianota le numéro noté sur le morceau de papier froissé. Il écouta les sonneries, espérant honteusement que personne ne décroche.
– Allô ! Allô ! C’est qui à l’appareil ? questionna la voix d’une dame âgée.
– Bonsoir Madame, je crois que j’ai retrouvé votre chat Drufus, déclara-t-il en observant le petit chat qui se léchait les babines rassasié.
– Mais allons bon, que racontez-vous ?
– J’ai dit que j’ai retrouvé votre chat madame, il est…
– Il est sur le fauteuil, mon Drufus. Peu importe quel chat vous avez trouvé ce n’est certainement pas le mien, ajouta-t-elle avec fermeté.
– Je vois, je suis navré de vous avoir dérangée.
– Mais non, ce n’est rien. Bon réveillon monsieur.
Il raccrocha avec soulagement. Claus, vient se frotter à ses jambes. Il prit le chat dans ses bras et le caressa avec tendresse.
– Puisque tu es bien Claus et pas Drufus, je propose que l’on commence à fêter le réveillon ! Tu devrais faire ta toilette pendant que je nous prépare des crevettes. Le directeur avait raison sur un point, tu ne sens pas très bon, plaisanta-t-il en se levant pour cuisiner.
Le chat sauta sur le canapé et entreprit le nettoyage de son pelage. C’est d’ailleurs ensemble sur ce même canapé, à manger des crevettes décortiquées que les deux nouveaux amis passèrent leur réveillon de Noël et les suivants.

Bonne lecture, Signé C.

 

Des livres, Noël et Instagram 🎅📸

Noël est dans trois jours !

Pour patienter et m’imprégner de l’ambiance de cette fête, je suis allée sur Instagram à la recherche de jolis comptes à vous proposer. #Bookstagram #Christmas ! 🎄🎅

Commençons par @Tomreadbook un bookstagrameur de talent, qui nous présente des livres et cette jolie boule de poils nommé Phoenix, qui va assurément vous faire craquer.

Vous pouvez également vous plonger dans une ambiance cocooning en consultant le magnifique compte de @cofe_vs qui va vous en mettre plein les yeux !

Un compte français, tenu par une mère et sa fille @sushi_and_books nous partage des photos complètement dans le thème de ce mois-ci, Noël…

Poursuivons avec le compte @lightsandbooks qui nous propose de belles idées lectures dans une ambiance pleine de gourmandise.

Toujours plus de douceur et de magie avec le compte @lucynatomon qui va vous mettre des étoiles plein les yeux.

Avant dernier compte de cet article, voici le compte @carofromwoodland où là ausi vous retrouverez de la gourmandise.

Pour conclure, découvrez le merveilleux compte @elliriny.books ! D’une créativité incroyable, ce compte va vous faire voyager.

Remercions Instagram pour nous permettre de partager autour de nos passions.
Joyeux Noël à tous,
Signé C. 🎅