Creuse la mort – Paul Clément

Résumé : « Que feriez-vous si chaque nuit une fosse était creusée dans votre jardin ? Vous la rebouchez ; une nouvelle vous y attend le lendemain. Vous interrogez les autorités ; nul ne vous répond. C’est la situation à laquelle Frédéric est confronté lorsqu’il découvre un beau matin une mystérieuse fosse en plein milieu de sa pelouse. Décidé à en découvrir l’origine, il est loin de se douter de l’ampleur que les événements vont bientôt prendre. Et s’il creusait sa propre tombe ? »

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Note personnelle : ★ ★

Avis : Je pense que c’est la première fois que je mets une note aussi basse et sincèrement ça me coûte… Je déteste ne pas avoir aimé mon  moment lecture ! Malheureusement je ne l’ai pas apprécié. J’adore les films post-apocalyptiques, cependant, pour les romans je n’affectionne pas le style.

L’histoire commence par des trous creusés dans le jardin de Frédéric, il s’affole, il devient presque fou d’inquiétude au point d’en avoir des vomissements et autres réjouissances. Cette partie de l’histoire dure jusqu’à la moitié du roman environ. Puis le côté paranormal arrive, on nous berce doucement dans l’idée que le personnage est peut-être fou, sans vraiment nous laisser y croire.

Et finalement tous s’enchaîne très rapidement jusqu’à la fin du roman. Je pense que le fait qu’il soit écrit à la première personne n’aide pas à rentrer dans l’histoire. C’était une expérience cette lecture mais je n’ai accroché. 🤫

Anecdote : Roman lu dans le cadre du #BabyChallengeThriller de Livraddict 2018 – Et ma première vraie déception.

Bonne lecture ! Signé C.

Résilience – Julia M. Tean

Résumé : Pour ses dix-neuf ans, Vincent s’est offert un parricide. Il a tué son bourreau. Mais peut-on vraiment se libérer de l’emprise du Mal ? Peut-on se reconstruire après avoir subi le pire ? Incarcéré, Vincent doit affronter ses démons, apprendre à se connaître et s’accepter… pour atteindre la délivrance, sa résilience.

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Note personnelle : ★ ★ ★

Avis : Ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est un bon livre. Perdu quelque part entre l’horreur et la poésie. Ce que je n’ai pas aimé du tout, malheureusement, c’est le cliché « Danseur = homosexuel ». Le roman traite d’énormément de sujets, comme le syndrome de Marfan, le racisme, l’homophobie, les violences familiales, la prostitution, le milieu carcéral (pour les deux derniers c’est survolé), je pense qu’il vaut mieux se concentrer sur une cause uniquement. Même si au final il n’y en a qu’une, on passe par trop de choses à mes yeux. Le style est divisé en deux parties très distinctes, entre la violence et les mots crus, puis une partie poétique et touchante, c’est très perturbant parce que le contraste est fort, attention je ne parle pas là d’un point faible du livre mais d’une caractéristique de celui-ci. Dans l’ensemble je suis mitigée. Quelques extraits pour illustrer ce fameux contraste :

« C’est une pute. Le père fait comme s’il ne voyait rien et se contente d’amasser les sous gagnés dans la moiteur d’une chatte bon marché. Une chatte que les ouvriers de l’Est monnayent pour le plaisir d’une éternelle insatisfaite. »

« Il adopte les poses de Juliette, se mettant sur la pointe des pieds comme pour s’élever aussi haut que les notes classiques, comme pour mieux effleurer l’incandescence fabuleuse des étoiles. »

« La bouche de la vieille broie le pain croustillant qui s’effrite sur son énorme poitrine. C’est une machine à manger. Depuis qu’elle ne baise plus, seule la bouffe compte. »

« Vincent atteint un instant de grâce, magique, éphémère et essentiel. Il se construit. Il est lui-même. Un être sensible qui vogue sur les notes d’une chanson qui s’accorde avec son moi profond. »

Anecdote : Roman lu dans le cadre du #BabyChallengeThriller de Livraddict 2018 si la plupart on été des coups de cœur, celui-ci m’a moins convaincu. 😉

Bonne lecture ! Signé C.

Effets d’emprises – Sélène Derose

Résumé : Histoires de toutes sortes, empreintes de mystère, naissent et s’assemblent dans Les Récits Sélénites. De la journaliste avide à l’enfant innocent, du village enclavé dans une sinistre forêt à l’immense cité aux mœurs sournoises, en passant une maison décrépie mangée par le lierre, une brume dont il faut se méfier au crépuscule, de sombres époques et leurs légendes captivantes, inquiétantes, se déploient comme l’obscurité sans lumière dans Effets d’Emprises. N’oubliez pas d’éteindre les lumières superflues pour vous mettre dans l’ambiance. Bonne lecture.

Effets d'emprise

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : Des nouvelles toutes plus surprenantes les unes que les autres. Des univers divers et variés. C’est cette diversité que je tiens à mettre en avant. Contrairement à ce que l’on peut penser, sortir de sa zone de confort n’est pas une chose aisée. Les histoires étant différentes, tout le reste doit suivre… Les lieux, les personnages, leurs attitudes, leurs vêtements, leurs façons de s’exprimer. Dans ce recueil, le changement d’ambiance est une réussite. J’ai malgré tout deux petits points qui m’embêtent. Le premier vient du style d’écriture, au début les adjectifs sont très nombreux et noient un peu les actions, je ne saurais pas vous l’expliquer mieux que ça. Je vous l’accorde, ce n’est pas très grave, d’autant plus que cela change au fur et à mesure de la lecture. Le second point c’est qu’on en veut plus encore ! Loin d’être un point faible en effet. Je voulais que l’histoire dure plus longtemps, que de ces nouvelles naissent de vrais romans. Particulièrement pour la seconde nouvelle « Les amants maudits ». Je me procurerais avec plaisir les deux autres œuvres de cette auteure, en attendant, je garderais un souvenir sympathique de cette lecture. 📕❤

Anecdote : J’ai découvert cette auteure grâce à Twitter (comme quoi les réseaux sociaux rapprochent parfois les personnes). L’auto-édition on le sait, c’est compliqué, les auteurs sont noyés dans la masse. C’est avec du talent, de l’investissement personnel et de la persévérance que l’on peut se démarquer. J’ai lu ce recueil avec plaisir et j’estime qu’il mérite d’être partagé.

Bonne lecture ! Signé C.

Le cimetière des papillons – Richard Canal

Résumé : Et si Dieu jouait aux dés ? Dans son casino le monde ne serait que hasard… Quelque part dans un espace virtuel, le Domaine, ils sont cinq à jouer. Ils animent des personnages, en créent, les regardent vivre et mourir. Quand on est immortel, il faut bien tuer l’ennui…
Le monde tel qu’ils l’ont tiré au sort n’est que désolation. Des villes à l’image de Brookstadt, qui puisent leur énergie dans des sources et tombent en poussière lorsque celles-ci tarissent. Partout ailleurs des mines fabriquées par les villes pour s’entre-déchirer… Mais dans l’enfer du jeu, un jour, bizarrement tout se dérègle. A Brookstadt, un homme, Anton, un enfant noir blanc et un clown échappent soudain à la furie des mines. Les joueurs sont dépassés… Qu’arrive-t-il quand les créatures pénètrent les secrets des Dieux ?

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Note personnelle : ★ ★ ★ ☆ ☆

Avis : Un roman de science-fiction dystopique*, bien que la présence dieux (bien qu’incompréhensible à mes yeux, puisqu’ils ne sont pas très présents) puissent venir altérer ce genre… Les nuages écarlates ça, je maîtrisais, pas de soucis, mais très vite sont venus s’ajouter les mots inconnus, car bien entendu créés pour ce monde. L’entropie (transformation, fonction exprimant le principe de la dégradation de l’énergie) est au centre du roman. Imaginez un monde où une couverture à une durée de vie d’une nuit, un flingue durera quelques jours, une fleur quelques secondes. La politique et les conditions de vie, tout tourne autour de ce monde qui se dégrade rapidement. Finalement, les dieux sont quasiment inexistants dans l’histoire (on ne comprend que peu leur rôle au début, si je rentre dans les détails je risque de spoiler). Par contre, on ne peut pas retirer la poésie de ce livre, ni paradoxalement la vulgarité, pour au final le qualifier « d’étrange ». J’ai bien aimé le fait que les machines du futur aient des noms d’animaux en référence à leurs « qualités ». Un condor, un faucon, un perroquet, un sanglier, un éléphant.

J’ai retenu quelques petites choses qui risquent de vous glisser entre les doigts, comme la sexualité d’un des personnages, par une simple phrase, une seule dans tout le livre, la suivante « À ce fils qu’il n’aurait jamais parce qu’il n’aimait pas les femmes ». Je me permets de mettre ceci en avant, pour créer le contraste avec un livre de 1973 (la maison des damnés de Richard Matheson), dans lequel l’homosexualité est à la fois fascinante et dégoûtante pour les personnages (je ne peux pas dire que c’est le cas de l’auteur). Là, elle passe comme une brise, on le sait, mais on ne s’en formalise pas parce que la sexualité d’une personne n’est pas plus importante que son caractère. Voilà une façon de penser qui colle à celle de notre époque. 💖

J’ai également d’autres extraits à vous présenter :

« Qu’il vous suffise de savoir que derrière l’univers ludique, il y a l’éternité. Et même si, en fin de compte, celle-ci vous effraie, croyez-moi, c’est bon d’y goûter, rien que pour apprécier la mort à sa juste valeur »

« – Espoir ! Mais on le trouve partout, mon brave. Jusque dans les vers de mirliton que les putes se font tatouer autour du sexe. Ce n’est pas en nous apportant des mots aussi galvaudés que vous sauverez la culture »

« – C’est toi qu’es pas normal de vouloir que tout soit normal. T’as pas remarqué ? C’est fou ce qu’on est normal, nous. »

Anecdote : A la fin du roman « Le songe d’une nuit d’octobre », j’ai regardé quelques titres proposés. Mes yeux ont immédiatement trouvé ce titre poétique. Je n’avais aucune idée de ce dont pouvait parler ce livre. 🦋 Offert par mon amoureux ❤

Bonne lecture ! Signé C.

*Comprendre les genres et sous-genre de l’imaginaire

La science-fiction dystopique répond aux critères suivants :

  • Montre un futur apocalyptique où la société a mal tourné, souvent dans le but d’attirer nôtre attention sur un problème actuel (mais pas toujours).
  • Inclus des technologies essentiellement humaines, même si elle peut également venir d’ailleurs.
  • Inclus une ampleur spatiale et/ou temporelle.