Conan Lord – Serge Brussolo [saga]

Résumé : Londres, 1945. Les exploits de Conan Lord défraient la chronique. Qui est donc ce cambrioleur insaisissable qui signe ses forfaits en rayant les miroirs, comme si son image lui était insupportable ? Un nazi clandestin, un anarchiste ? Un soldat défiguré par la guerre et décidé à se venger ? Cependant, au square, le jeune Richard Shieldrake a lié connaissance avec un autre garçonnet, Tiny, lui aussi accompagné de sa nurse. Étrange enfant, celui-là, qui, une fois sorti du jardin, allume une cigarette et boit un coup. Quelque temps plus tôt, le cirque Paddington a brûlé dans les bombardements. On y exécutait pour appâter le public les numéros les plus dangereux…

Comtesse

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : L’histoire se déroule dans un Londres d’après-guerre, en 1945 (soit quatre ans après la fin du « Blitz », un bombardement stratégique qui a eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale), où nous allons suivre les aventures de Conan Lord, bien différent de notre cher Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur. C’est un enfant, en apparence, issu du cirque Paddington (qui a malheureusement été détruit durant les bombardements) qui se fait accompagner de sa nurse, Peggy, durant ses cambriolages. Nous découvrons bien vite que Tiny, alias Conan Lord, est en réalité un adulte, souffrant de la thyroïde, qui lui fait conserver cette apparence d’enfant. Par conséquent, sa nurse, n’en est évidemment pas une. Peggy est l’ancienne dompteuse du cirque. Le duo est accompagné d’un troisième compagnon, Seth, l’ancien homme-obus. Nous ne verrons pas énormément ce dernier car à la suite d’un accident lors d’une représentation, il souffre désormais de crises qui le plonge dans une espèce de léthargie, le rendant inefficace.

La mission de notre duo improbable est de trouver et détruire un tableau, qui se trouve dans la résidence Shelton, tristement connue pour avoir vu naître le Coupeur de Tête. Celui-ci a décapité pas moins de cinq domestiques et une invitée. Par ailleurs, deux hommes enquêtant sur le tueur, s’accusant mutuellement d’être le coupable, se sont entre-tués dans la roseraie… Beaucoup de sang a coulé entre ces murs désormais considérés comme maudits.

Trouver ce tableau et le détruire est une tâche difficile à accomplir, si nous tenons compte du fait qu’elle est gardée dans un coffre-fort quasiment impossible à détruire et à ouvrir… D’autant plus que la famille Shieldrake ne leur facilite en rien le travail. Le jeune Richard est un tortionnaire qui va s’amuser à torturer Tiny, lui racontant des histoires de fantômes et autres dangers qui le guettent. Sa mère folle à lier est hantée par les souvenirs de cette époque tragique, par ailleurs cette femme est d’une jalousie maladive, mettant dans une très mauvaise posture la fausse nurse Peggy, qui est courtisée par le beau-père de Richard, homme obsédé par le mystère du Coupeur de Tête, qui s’enferme dans le coffre-fort impénétrable avec le fameux tableau qui est, parait-il, sur le point de lui livrer son honteux secret. Si cette œuvre est si importante, c’est que le nom du tueur y est mentionné dans un message crypté. Cependant, afin de ne pas rendre aux enquêteurs la tâche trop facile, le peintre, qui est également l’ancien jardinier de la résidence et qui connait l’identité du Coupeur de Tête, a décidé d’utiliser une substance qui noircit irrémédiablement dès qu’elle est exposé à la lumière. Les scientifiques ont découvert qu’elle pouvait néanmoins s’étudier à l’aide de lumière rouge, car celle-ci a un effet moindre sur la toile.

Dans une ambiance malsaine et angoisse, à huit clos dans la résidence où le fog semble ne jamais disparaître, où de simples roses rouges vous donnent la chair de poule, entourés d’antipathiques occupants, les deux saltimbanques vont tenter de mener à bien leur mission si généreusement rémunérée.

Brussolo et son style si particulier, flirtant avec la science-fiction dans des ambiances étouffantes, nous terrorise encore une fois avec son roman. Comme toujours, je ne peux que le conseiller, en grande fan de l’auteur. ❤

Anecdote : Acheté dans une librairie Boulinier, que je vous invite à découvrir pour ceux qui aiment les romans d’occasions. Site ici. Et pour l’image ici.

Bonne lecture ! Signé C.

Il court, il court, le furet – M. J. Arlidge [saga]

Résumé : Southampton, quartier rouge. Le corps d’un homme est découvert. Atrocement mutilé, le cœur arraché. Peu de temps après, un colis est déposé au domicile de la victime. Sur un écrin de journaux, repose… son cœur. Bientôt, un autre corps est retrouvé. Même mise en scène macabre. La peur s’empare de la ville. Pain bénit pour les tabloïds, le tueur en série est bientôt comparé à Jack l’Éventreur. Pourtant, ce ne sont pas les prostituées qui sont visées mais leurs clients. Les victimes, des hommes en apparence bien sous tout rapport, fréquentaient tous en secret les bas-fonds de la ville. Le commandant Helen Grace est chargée de l’enquête. Le tueur est déchaîné. À elle de l’arrêter avant qu’il ne frappe à nouveau.

Il court il court le furet.pngNote personnelle : ★ ★ ★  

Avis : J’ai commencé par « Am Stram Gram » du même auteur. Pour une fois j’ai lu les romans dans le bon ordre (mais vous le savez, une fois n’est pas coutume, sinon le « oups j’ai commencé par le tome 4 » ne serait pas un runing gag sur ce blog). J’ai trouvé ce roman un poil moins bon que le premier, sans être mauvais pour autant ! J’avoue que je risque d’avoir un peu de mal à vous faire une chronique correcte, étant donné que le livre ne m’a pas spécialement marqué et que j’ai repoussé l’écriture de la chronique pendant un long moment.

Nous retrouvons Helen Grace, ça je m’en souviens, un officier de police atypique, au fort caractère qui enquête dans la ville de Southampton, dans le comté d’Hampshire. Pour la petite anecdote et ceux qui n’aiment pas la géographie, sachez que cette ville existe bel et bien ! Elle est située en Angleterre. Vous voyez Liverpool ? Eh bien, c’est à l’opposé, sur la côte sud de l’Angleterre. 😂

Revenons à Helen Grace. Grande, motarde, avec un caractère bien trempé. Autant dire que c’est un personnage charismatique qui fait du bien au moral des féministes, merci Matthew ! Cependant, notre chère Helen a changé. Plus dure et sèche en public, une femme forte qui refuse de faire tomber son masque, sauf, bien entendu, dans l’intimité où l’on découvre sa sensibilité. Presque une double personnalité ! Je me demande bien dans quel état sera Helen dans le troisième tome. Je suis ravie que la psychologie du personnage évolue avec les événements de l’histoire.

Justement, l’histoire, nous y venons. Dans ce second tome, elle est plus classique, mais nous découvrons en profondeur la personnalité d’Helen. Découvrir ce personnage compense le fait que l’intrigue soit moins étonnante. En effet, les personnages sont mis à nu, l’émotion est plus présente. Je suis tentée de comparer les deux livres dans cet article… Je vais m’abstenir, sinon qu’aurais-je à dire lorsque je chroniquerai « Am Stram Gram » ? 😉

En somme, je conseille de le lire dans la continuité du premier roman et non pas comme un one-shot, cela risquerait de décevoir certains lecteurs.

Anecdote : Je suis certaine de ne plus avoir besoin de vous présenter Nidalee, ma jeune chatte. Croyez-vous qu’elle sache que son intrusion sur la photo va à merveille avec le titre ? Elle court, elle court, ma chouquette ! 😍 📚 Offert par mon amoureux à mon anniversaire.

Bonne lecture ! Signé C.

Entre deux mondes – Olivier Norek

Résumé : Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences. (C’est que ça le résumé sur mon livre version poche, sur internet j’en trouve des plus longs).

Entre deux mondes.png

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : Un coup de cœur et toutes mes félicitations à Olivier Norek. On parle d’un sujet extrêmement sensible et important en France, un sujet qui nous concerne tous qu’on le veuille ou pas, que l’on ferme les yeux ou pas et qu’on agisse ou pas : l’immigration.

Ce roman parle de la « Jungle de Calais », officiellement appelée « La Lande », et oui ça existe… Ce qui est encore pire, parce que cette lecture est déjà comme un coup de poing à l’estomac. Tragique et beau, poétique, bouleversant. Je me suis sentie minuscule, ridicule, honteuse même parfois d’oser me plaindre de ma vie et surtout de ne pas agir pour celle des autres.

Il prend aux tripes il n’y a pas d’autre façon de le dire. Il m’a broyé le cœur au point d’en pleurer, de colère, de frustration. J’ai été choquée par moment et tant mieux. C’est une bonne leçon. Je voudrais que la France entière le lise, surtout les personnes qui pensent que les immigrés sont indésirables. Si malgré tout ils ne changent pas d’avis qu’ils écoutent « Rentrez chez vous » de BigFlo & Oli, pour se rendre compte que ça pourrait être nous. Pour comprendre que la bienveillance est importante. Qu’un jour peut-être on aura besoin d’une main tendue et non pas d’un regard haineux. Je ne peux rien ajouter de plus, sinon qu’il est probablement le meilleur livre que j’ai lu en 2018.

Anecdote : Je l’ai lu dans le cadre du #BabyChallengeThriller 2018 de Livraddict. Il m’a suivi jusqu’en Belgique, à Bruges, ou Brugge, où j’ai pu avancer dans ma lecture, bien au chaud devant une cheminée, et sincèrement, à ce moment là je ne pensais pas « Entre deux mondes » mais « Deux mondes différents ».

Bonne lecture ! Signé C.