Octobre – Søren Sveistrup

Résumé : Début octobre, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d’une femme amputée d’une main. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d’allumettes. Chargés de l’enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l’inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celles de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte. Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révèleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée. Lorsqu’une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer…

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : Le roman commence un « Mardi 31 octobre 1989 », par acquis de conscience, je suis allée vérifier si le 31/10/1989 était bien un mardi. C’est le cas. Détail futile, mais Inspectrice C. a voulu faire les choses bien. 🌰

Mardi 31 octobre 1989 : Marius Larsen, qui devrait, ou plutôt devait prendre sa retraite, s’y refuse. Pour différer l’annonce de cette décision à sa femme et surtout esquiver la situation tendue qui va en découler, il répond à un appel sur le canal et effectue un long trajet dans les bois afin de rencontrer Ørum, un fermier, pour lui demander de récupérer son bétail qui s’est égaré dans les champs voisins et de réparer sa clôture. Jusque là rien de bien palpitant. Mais rassurez-vous (ou pas) les choses se corsent lorsque le policier pénètre dans la maison… Il y découvre la fille d’Ørum : Elle est encore à table et ce qui reste de son visage criblé de balles baigne dans son assiette de porridge. Puis son fils… Il a reçu une balle en pleine poitrine et sa nuque appuyée contre la porte du four forme un angle étrange. Il découvre ensuite la mère, allongée sur le sol près de la baignoire d’où l’eau coule encore, mélangée à une grande quantité de sang. Détail morbide : un bras et une jambe sont détachés du corps. « Plus tard, dans le rapport d’autopsie, il sera noté qu’elle a été découpée à la hache, à coups répétés. ». Le policier trouve un petit garçon âgé de 10 ou 11 ans derrière le rideau de la douche. Ambulance. Renforts. Urgence. Aucune trace du fermier Ørum. Il se souvient tout à coup qu’il devrait y avoir un autre enfant, car celui qu’il a vu dans la salle de bains a une sœur jumelle. Marius se rend à la cave où il trouve la fameuse jumelle. Sur des étagères il découvre des sculptures de bonhommes et d’animaux en marrons… Des grands et des petits, enfantins et effrayants, certains achevés, d’autres difformes. Marius est fasciné par leur nombre et leurs différences. Ces figurines l’emplissent d’un profond malaise et, tandis qu’il les contemple, le garçon entre derrière lui. […] Quand il se retourne et se trouve nez à nez avec le garçon, ses pensées s’envolent comme de petits nuages affolés dans le ciel. La hache s’abat violemment sur sa mâchoire et tout s’obscurcit. Marius aurait mieux fait de prendre sa retraite finalement. Quant à ce garçon, on peut supposer qu’il a également assassiné son père Ørum, puisque Marius ne l’a pas trouvé. Peut-être même a-t-il tué sa sœur jumelle après s’être occupé de Marius (qui n’est pas officiellement mort, mais l’espoir de le revoir vivant est mince). Ou, peut-être a-t-il fait (fera ?) d’elle une complice. Les bases sont posées. Lecteurs, lectrices, l’histoire peut officiellement commencer ! 🌰

De nos jours : Nous découvrons plusieurs personnages, plusieurs histoires : Laura Kjær, qui court un grave danger. Naia Thulin, une inspectrice de police qui souhaite être mutée dans le service de cybercriminalité, le NC3, ainsi que son tout nouveau collègue, Hess. Rosa Hartung, une politique qui a perdue sa fille un an plus tôt, ainsi que Steen son mari devenu alcoolique après la tragédie. Très vite, Naia et Hess se retrouvent sur une scène de crime, dont la victime n’est autre que Laura Kjær… Ils découvrent également un petit bonhomme en marron, sur lequel se trouvent les empreintes digitales de la fille de Rosa et Steen (elle est officiellement décédée, tuée par un homme qui a été retrouvé et jugé, toutefois il ne dit pas où se trouve très exactement le corps). Maintenant, j’arrête de parler de l’histoire, je sais que vous avez l’eau à la bouche, si vous ne l’avez pas encore lu, alors je vous laisse dévorer ce roman. Si vous l’avez lu, vous savez ce qui m’attend… 🌰

Petit détail, qui me fait sourire : l’auteur évoque régulièrement League of Legends. Notamment quand Hess parle au fils de feue Laura « Tu joues sur la Faille de l’Invocateur. Moi aussi, c’est la carte que je préfère. C’est Lucian le Purificateur, ton champion ?« . Un ADC donc ! Pour ma part, je préfère Sivir la vierge martiale, quand j’occupe ce poste. Par contre, l’enfant ferme l’ordinateur en pleine partie… Tatatatata, nous savons tous que ça ne se fait pas. Il risque de prendre un avertissement ou se faire bannir temporairement, voire définitivement si ça lui arrive régulièrement de quitter une partie.

Bref ! Je ne me suis pas ennuyée une seconde ! Quelques questions restent en malgré tout en suspend pour ma part. J’aurais aimé plus de réponses de part du coupable, sur le choix de ses méthodes et également sur l’avenir de certains personnages mais nous pouvons nous contenter de ce que nous donne l’auteur, la boucle est quand même bouclée. Un roman bien morbide, bien ficelé, avec un Hess tout à fait attachant. Je le considère plus comme le personnage principal que Thulin, même si l’enquête est menée par les deux inspecteurs. J’espère croiser ce duo dans un nouveau roman. 🌰

Anecdote : lu pour le Pumpkin Autumn Challenge 2020, menu automne douceur de vivre, catégorie « Il fait un temps Badge PAC 2020épouvantail ! » (Halloween, Samhain, Automne). P.S. : j’avoue, j’ai encore modifié un détail sur l’image de présentation, ce n’est pas un petit chat qui attend près du château, mais un écureuil. 🐿

Bonne lecture ! Signé C.

La ferme des animaux – George Orwell

Résumé : Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : « Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. ». Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : “Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.”

La ferme des animaux

Note personnelle : ★ ★ ★ ☆ ☆

Avis : Dès le début du roman, nous voilà face à Sage l’Ancien, un cochon qui fait part aux autres animaux du rêve qu’il a fait la nuit précédente : les paroles d’une chanson. Une chanson invitant à la révolte contre les humains, unissant tous les animaux dans ce combat…

L’Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d’œufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pour attraper un lapin. Pourtant le voici le suzerain de tous les animaux.

George Orwell, La ferme des animaux.

Trois jours après seulement, Sage l’Ancien s’éteignit, laissant derrière lui les braises de la révolte qui seront alimentées par trois autres cochons, Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil. Ils ont élaboré un système philosophique sans faille qu’ils appellent l’Animalisme. Ils essayent en vain d’en inculquer les valeurs aux autres animaux qui restaient désespérément fidèle à M. Jones, le propriétaire de la ferme. Pire encore, les autres étaient détourné de cette voie par Moïse, un corbeau apprivoisé, chouchou de M. Jones. Ce dernier, à son insu, déclencha « le soulèvement ». Commençant à sombrer dans l’alcoolisme, il s’occupait de moins en moins de ses bêtes. Un dimanche, Jones et ses employés oublièrent complètement les animaux qui n’y tenant plus défoncèrent leurs abris pour aller se nourrir. Les humains ont bien entendu essayé de les arrêter, mais face à ce troupeau affamé ils ont été contraint de fuir la ferme.

Les trois cochons apprirent à lire et écrire, oui c’est original… Puis ils parvinrent à réduire les principes de l’Animalisme à Sept Commandements :

  1. Tout deuxpattes est un ennemi.
  2. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami.
  3. Nul animal ne portera de vêtements.
  4. Nul animal ne dormira dans un lit.
  5. Nul animal ne boira d’alcool.
  6. Nul animal ne tuera un autre animal.
  7. Tous les animaux sont égaux.

Bien vite ils furent confrontés à une dure réalité. Personne pour traire les vaches laitières, des récoltes compliquées par le manque d’outils adaptés aux animaux, heureusement, les cochons trouvaient toujours un moyen de contourner ses difficultés… Et c’était là leur seul rôle. Ils ne travaillaient pas comme les autres animaux. Nous comprenons que le pouvoir n’a pas été partagé équitablement. Les cochons ont pris le contrôle de la ferme. S’appropriant de droit le lait et les pommes, faisant travailler sans relâche les autres, allant même jusqu’à kidnapper les chiots sous prétexte de les éduquer.

Parlons rapidement de Lubie, une jument blanche. Cette dernière aimait trop le sucre et les rubans de couleurs… Aussi, elle décida de partir rejoindre une autre ferme pour servir les humains. Les deux autres chevaux sont des personnages encore plus attachants. Malabar l’étalon, travaillait sans relâche. Il s’épuisait à la tâche jour et nuit. Il disait qu’il travaillerait plus dur chaque jour, jusqu’à celui de sa retraite. Mais suite à un accident, il fût envoyé à l’abattoir… Bien entendu le gouvernement a menti aux habitants de la ferme, leur disant que le plus grand des travailleurs avait été envoyé chez un vétérinaire qui n’avait pu le sauver. Quant à Douce elle portait bien son nom, prenant soin des autres animaux. N’oublions pas le dernier équidés, Benjamin, l’âne. Il est aigri c’est incontestable, mais aucun lecteur ne peut lui en vouloir après avoir pris connaissance de ses liens d’amitié avec Malabar.

Napoléon, le cochon, (saviez-vous d’ailleurs qu’il est interdit d’appeler un cochon Napoléon ?) pris le pouvoir, faisant régner la peur, persécutant les autres animaux. Accompagné des chiens qu’il avait élevé et de Brille-Babil qui finissait toujours par convaincre les autres animaux en évoquant le possible retour de Jones, Napoléon n’avait de cesse d’augmenter son emprise sur le groupe, changeant même les sept commandements à son avantage et faisant remplacer l’hymne de la ferme. Il fit construire un moulin, qui était à l’origine l’idée de Boule de Neige, chassé et accusé de tous les maux. Lors d’une second bataille, ce moulin fût détruit en même temps que le moral des animaux qui avaient tant travaillé à sa construction, alors même qu’ils manquaient de vivres. L’un après l’autre, le désormais nommé Camarade Napoléon, violait les sept commandements. La situation ne faisait qu’empirer. Bientôt la Ferme des Animaux devient inhospitalière pour qui n’était pas un cochon, ou à la limite, un chien. A coup de mensonge, Napoléon, représenté par Brille-Babil soumettaient les autres animaux. Ils allaient jusqu’à manipuler leurs souvenirs, faisant du premier cochon un héros et de Boule de Neige un traître… Arriva le moment où la Ferme des Animaux fût proclamée République, étant le seul candidat, Napoléon en devint le président. Jusqu’au jour du plus grand des blasphèmes. Les cochons marchaient sur deux pattes, les moutons qui jusqu’ici scandaient « Quatrepattes oui ! Deuxpattes non ! » avaient été habitué par Brille-Babil à chanter « Quatrepattes bon ! Deuxpattes mieux !« . Sur le mur où avaient été inscrits les sept commandements, un seul restait « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres »…

Anecdote : Lu pour le Pumpkin Autumn Challenge, menu automne douceur de vivre, catégorie « Badge PAC 2020Siroter un chocolat chaud sous les saules. » (Anthropomorphisme, enfance, feel good, cocooning). Je vous avoue que ça m’amuse énormément de quelques détails sur les images de présentation… Promis, demain j’arrête ! 🐷🐮🐔

Bonne lecture ! Signé C.