Terreur déliquescente – Harry Adams Knight

Résumé : Rachel se figea soudain, bouche bée. Il y avait quelque chose dans le plus grand des bacs. Un cadavre, une jeune femme blonde en blouse blanche. Elle flottait entre deux eaux. Noyée. Une horrible masse de filaments noirâtres sortait de sa bouche. Comme si une espèce d’algue gluante avait poussé dans ses muqueuses. Et cela bougeait ! Rachel aurait voulu s’enfuir, mais son corps ne lui obéissait plus. Le cadavre pivota lentement. Et deux yeux d’un vert incandescent se posèrent sur elle.

slime

Note personnelle : ★ ★ ★ ★

Avis : Notre roman aujourd’hui est issu de la collection « Gore » des éditions Fleuve Noir (plus de 100 romans édités entre 1985 et 1990). Ce sont des histoires assez courtes et rythmées. Nous rentrons très vite dans le cœur du sujet !

Dès les premières pages, c’est dans une ambiance oppressante que nous découvrons nos six protagonistes sur un canot de sauvetage, en pleine mer, perdus dans le brouillard. Leurs traits de personnalités sont très marqués. Cela dit, c’est explicable : le roman doit être facile et rapide à lire. L’auteur a créé des personnages qu’on pourrait qualifier de caricatures. Nous voici donc en présence de trois couples, que je vais grossièrement vous présenter : Paul le leader et Linda la courageuse, Mark et Chris les peureux, Alex le pervers antipathique et Rachel qui ne semble pas du tout affectée par cette mésaventure.

Heureusement pour ce groupe hétéroclite, les contours d’une plateforme pétrolière se découpent dans le brouillard. Sûrs qu’il s’agit pour eux de la fin du calvaire, ils montent, soulagés, dans l’ascenseur qui vient miraculeusement les récupérer. Paul ou Mark, ma mémoire me fait défaut, découvre un vêtement au sol, duquel s’échappe une matière noire, animée de sa propre volonté. Le groupe ne trouvant personne en arrivant décide de partir à la recherche d’âme qui vive (et de nourriture). Ils trouvent de nombreux tas de vêtements, notamment une blouse appartenant à une scientifique, qui a bizarrement abandonné ses sous-vêtements à l’intérieur. Il y a de quoi se poser quelques questions ! La plateforme est visiblement déserte. Excepté cet homme, au comportement plus qu’étrange, qui les somme de quitter cet endroit avant qu’il ne leur arrive des bricoles. Le groupe décide de se reposer et se sustenter avant d’entreprendre la recherche d’une radio leur permettant de signaler leur besoin d’aide à l’extérieur. Normal.

Mais très vite, tout s’enchaîne. Ils font à plusieurs reprises des rencontres étranges, leur mettant la puce à l’oreille. Entre temps, nous comprenons qu’Alex va être un grand danger pour le groupe. C’est non seulement un dealer de drogue, mais en plus c’est un pervers. Un homme on ne peut plus malsain. Rachel ayant refuser ses avances, la frustration le rend d’autant plus nocif. La pauvre Chris va en faire les frais. Car Mark, qui est son conjoint, est devenu accro à la drogue, à cause d’Alex ainsi soit dit en passant. Le jeune homme étant en manque, il envoie sa dulcinée réclamer une dose au dealer, la jetant par la même occasion dans ses griffes acérées. Alex a bien compris que la demoiselle fera ce qu’il faut pour aider son amoureux, aussi, il la contraint à avoir un rapport sexuel.

Les péripéties ne s’arrêtent pas là, bien sûr. Rachel est la première à faire une VRAIE mauvaise rencontre. Elle découvre, comme vous pouvez le constater dans le résumé, le cadavre d’une jeune femme en blouse blanche dans un aquarium. Parallèlement, nous découvrons qu’une expérience terrifiante a été menée dans ces locaux. Les chercheurs travaillaient sur une modification de l’ADN permettant aux humains de devenir invulnérable. Enfin aux humains… Les tests ont été réalisés sur un requin. Et devinez ! Ce croisement a partiellement fonctionné, créant un mutant capable « d’aspirer » sa victime (ou de la tuer pour la manger si c’est le requin qui a ce moment-là le dessus). Nous avons donc un amas de matière déliquescente (déliquescence, n.f. : propriété qu’ont certains corps de se liquéfier en absorbant l’humidité de l’air.), capable de s’adapter rapidement et d’être donc invulnérable. Chouette. Ils vont bien s’amuser ! Ce qu’on apprend en plus, c’est que cette créature peut « laisser  la place » momentanément à une victime ou au requin, ce qui lui permet de s’approcher du groupe sans trop se faire remarquer. Notamment au moment où ils rencontrent le chercheur, ou la scientifique.

L’histoire se poursuit, Rachel qui rappelez-vous, a été attaquée, s’en prend à Alex. La créature et ce dangereux pervers fusionnent, créant un redoutable prédateur. C’est sous l’apparence d’un Alex dont la « virilité » a des proportions inhumaines que le mutant (enfin, Alex en fait) tue la pauvre Chris, en la violant avec une brutalité inouïe, déclenchant une hémorragie interne. Glauque, perturbant, voire vomitif, n’est-ce pas ? Ce passage m’a mise particulièrement mal à l’aise. Reprenons les comptes : trois sur six sont hors-jeu. Cela ne va pas durer, soyez-en sûrs ! Mark est à nouveau en manque. Retrouvant la drogue d’Alex il décide de se lâcher, mais à peine eut-il commencé à planer que la substance noire lui tombe dessus. Paul et Linda le retrouve d’ailleurs au milieu d’un amas de matière gluante et noire, avec des morceaux de corps. Le mutant a donc un point faible : la drogue. Il ne peut pas créer d’anticorps contre la cocaïne. Ce rebondissement va laisser l’occasion à Paul et Linda de se faire la malle. Les survivants remarquent qu’un hélicoptère s’est posé sur la plateforme, ils vont pouvoir s’enfuir, s’ils retrouvent le pilote.

C’est un couple paniqué et atteint d’une compréhensible paranoïa qui croise un homme avec une lampe et tire « logiquement » dessus, pensant qu’il s’agissait du mutant. Une erreur colossale ! Il avait une lampe. Le mutant est de toute évidence nyctalope, nous l’avons constaté à plusieurs reprises. Il n’utiliserait pas de lampe. Mais rassurez-vous ! L’hélicoptère contenait deux hommes. Ce deuxième homme croise leur chemin et bien entendu il les sauve de cet enfer sur… plateforme pétrolière. Malheureusement, nous comprenons que ce second homme a été « avalé » par le mutant et qu’ils viennent tout juste d’embarquer avec lui. Le roman s’arrête sur une fin ouverte, puisque le couple lui injecte une nouvelle dose de drogue et l’éjecte de l’hélicoptère. C’est au lecteur de décider ce que le mutant est devenu, sachant qu’il peut désormais se dédoubler (ou même disons procréer) mais qu’il tombe en pleine mer. Le monde va-t-il être détruit par cette nouvelle race ou le mutant est-il définitivement vaincu ?

Pour conclure, c’est un roman très rapide à lire. Il n’a rien d’exceptionnel mais il est parfait pour les transports en commun ou un soir où vous voulez une lecture « facile ». J’ai envie de me laisser tenter par les autres tomes de cette collection, qui je pense, ne sont pas des chefs-d’œuvre mais qui permettent de passer un bon moment.

Anecdote : emprunté dans une boite à livres. 😍

Bonne lecture ! Signé C.

La cerise sur le gâteux – Jean-Jacques Reboux (collection Le Poulpe)

Résumé : La grande roue, le frisson, la tendresse pour une peluche gagnée au stand de tir. Et déjà l’heure de rentrer. Alvaro tenait Yanissa contre lui. Ils avancèrent vers eux, menaçants. Et tout alla très vite. Sauf l’arrivée des flics… Le lendemain, le meurtre était à la Une. Et le Poulpe sur le pied de guerre dans les rues de Charençon-le-Plomb. Avec une question en tête  « Pourquoi Yanissa a-t-elle disparu ? ». Un guide précieux l’accompagne, Joël, SDF de Charençon. Un doux dingue qui se fait appeler Don Quichotte et part au combat au cri « d’Arago ! Arago ! ». Magouilles politiques, réseaux d’influence, à Charençon-le-Plomb, la vérité n’est pas facile à voir en peinture.

pd20-380063-jj.png

Note personnelle : ★ ★ ★ ★

Avis : La collection « Le Poulpe » des éditions Baleine est particulière. En effet, les tomes sont d’auteurs différents. Après avoir lu plusieurs d’entre eux, je dois dire que la charte doit être très précise car je n’ai pas remarqué immédiatement que la plume changeait de main… En fait, je ne l’ai remarqué que lorsque j’ai fait des recherches sur internet (honte à moi, je ne prends même pas le temps de lire le nom de l’auteur sur la couverture). Ces romans se caractérisent par leur format court. Les titres contiennent des jeux de mots comme vous pouvez le constater avec ce douzième tome et ceux-là : « La petite écuyère a cafté » premier tome de la collection, « La Pieuvre par neuf » qui est le onzième, « Chili incarné » ou encore « Comme un coq en plâtre ». Parlons maintenant de cette histoire, puisque c’est tout de même le but de l’article.

Le roman commence de façon tragique. Yanissa, son frère Alvaro et des amis, passent une soirée à la fête foraine, où ils font une mauvaise rencontre. Une bagarre est engendrée par des skinheads, dont l’issue est fatale pour Alvaro, malgré l’intervention de ses amis et de forains venus leur prêter main forte. La police arrive sur les lieux, constate le crime, fait un rapide tour pour retrouver les assassins sans succès (sans conviction non plus d’ailleurs), Yanissa s’enfuit, l’affaire est classée.

Le lendemain, Gabriel Lecouvreur, dit « Le Poulpe » découvre cette histoire relatée par les journaux, notamment dans « Le Parisien » dont le titre de la une n’est autre que le suivant « Un Français originaire du Cap-Vert tué par balle par un skinhead à la foire du Trône. ». L’article contient un élément qui intrigue notre céphalopode, en effet, trois amis d’Alvaro certifient qu’il a été tué par balle, alors que la police nie ce fait. Il ne lui en faut pas plus pour le décider à enquêter sur cette affaire.

L’après-midi même Le Poulpe se retrouve à Charençon, où il fait la connaissance de Joël un sans domicile fixe, qui lui fait visiter le quartier et s’enfuit en criant « arago-arago-arago ! » dès l’apparition de deux vigiles. Pour moi, Arago est un astronome français, utiliser son nom comme « cri de guerre » est étrange. Je ne suis pas la seule à trouver ça bizarre, puisque la question lui est posée au cours d’un dialogue, cela a faillit rester un mystère : Joël lui-même ne sait pas pourquoi il s’obstine à dire « Arago » à tout-va. C’est dans une lettre écrite par sa sœur à l’attention de notre Poulpe que nous trouvons la triste réponse « Avant de tuer mon père, le tueur lui a dit : « De la part d’Arago. ». Nous apprenons également que Joël a occulté toute une partie de sa vie, oubliant même l’existence de cette sœur.

Revenons à l’histoire. Le Poulpe enquête aux côtés de Joël, qui l’amène au domicile de la mère d’Alvaro et Yanissa. Cette dernière est portée disparue depuis l’assassinat de son frère. S’en suit donc une histoire rythmée dont je vous passe les détails.

Pour conclure, ce tome milite contre le racisme, dénonçant le manque d’implication et d’empathie de la police dans la banlieue parisienne. Un sujet qui est malheureusement encore d’actualité, bien que le roman soit de 1998. Nous retrouvons beaucoup d’argot parisien dans ce roman, ce qui est plaisant pour moi et je l’espère, pour vous aussi.

Anecdote : emprunté à la bibliothèque municipale. 😍

Bonne lecture ! Signé C.

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes – Karine Lambert

Résumé : Cinq femmes d’âges et d’univers différents cohabitent dans un immeuble parisien. Elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre. L’arrivée d’une nouvelle locataire va bousculer leur équilibre. Juliette est séduite par l’atmosphère chaleureuse de cette ruche, à un détail près : l’entrée est interdite aux hommes. Va-t-elle faire vaciller les certitudes de ses voisines ou renoncer, elle aussi ?

L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes.png

Note personnelle : ★ ★ ★  

Avis : Quelle belle idée ! Le titre à rallonge, typique des romans feel good, m’a immédiatement séduite, parce qu’il m’arrive d’être un petit mouton à la mode. J’ai imaginé des tonnes anecdotes drôles qui pourraient arriver à ces femmes qui ont renoncé aux hommes. C’est extrêmement enthousiaste que j’ai commencé cette lecture. 🌺

Je me suis parée d’un sourire, j’ai embarqué un paquet de madeleine, une tablette de chocolat, une tasse de thé, et enfin confortablement installée, j’ai commencé mon bout de chemin aux côtés de cinq femmes n’ayant qu’en commun leur lieu d’habitation (et les règles qui y sont imposées).

L’auteur nous fait découvrir, par des petites touches d’humour et de poésie, le passé mouvementé de ses personnages. Je vais tenter de vous donner mon point de vue sur ces femmes.

Commençons par Rosalie… Pour le coup, c’est le personnage que je comprends le moins. Je m’explique : elle a cru trouver en François l’homme de sa vie. Elle travaillait avec lui, filait le parfait amour, elle rêvait de mariage et d’enfants, mais lui il est parti. C’est le cœur brisé qu’elle a rejoint l’immeuble, pour se jeter à corps perdu dans le yoga, le thé et l’encens. Allons, allons, allons… Des peines de cœur, que celui qui n’en a pas connues lève la main. Je vais m’adresser aux femmes rapidement : mesdames, honnêtement, un homme qui part ça arrive, ça fait pleurer un peu, ça fait manger quelques kilogrammes de chocolat et c’est reparti n’est-ce pas ? Ou alors je suis un monstre d’insensibilité, parce que je ne me vois pas abandonner toute ma vie et l’amour pour un homme qui n’a pas su m’aimer. Elle est cool Rosalie, mais j’avoue que ses raisons sont trop légères pour que je les valide. Tant pis si je suis classée comme peste officielle de la blogosphère. 😂

Ensuite parlons de Simone. Certes là, je la comprends déjà un peu mieux. Simone a été élevée à la campagne et a décidé de partir en Amérique latine, où elle rencontre l’amour de sa vie. De cette amour naît un petit garçon, Diego. Un jour, elle surprend son amoureux avec une jeune femme. Effondrée elle quitte le pays avec son enfant. Elle s’occupe seule de ce petit bout. Elle s’autorise cependant à aimer à nouveau, notamment en se réfugiant dans les bras de son professeur de danse, qui comme les autres hommes qu’elle a connus, lui fait comprendre qu’il ne restera qu’une nuit. Il est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, ni une, ni deux, Simone rejoint l’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes. Je peux comprendre Simone, elle n’a pas renoncé immédiatement, alors que mince, l’homme avec qui elle a fait un enfant l’a trompé et les autres n’ont pas fait mieux, je lui accorde une pause à Simone. Pas vous ?

Troisième locataire, Giuseppina. Je valide son besoin de refuge, sans négocier. Pourquoi elle plus que les autres ? Parce que nous avons tous nos expériences, notre ligne de conduite et nos convictions. Je me suis aperçue qu’instinctivement j’ai présenté les locataires d’après ma perception de la gravité de leurs soucis. C’est très personnel finalement, une chronique de blog en somme, où on accepte d’afficher ses avis, en prenant garde à rester bienveillant, tant avec l’auteur qu’avec l’ouvrage. Revenons à notre demoiselle Giuseppina… Sicilienne, brocanteuse, repoussant toute féminité et visiblement noyant sa peine dans la boisson de temps en temps, voilà le portrait. Mais comment en est-elle arrivée là ? Les hommes de sa famille sont machistes. Ils l’empêchaient de vivre (si mes souvenirs sont bons, je crois bien que l’un d’entre eux, père ou frère, a même levé la main sur elle) et l’ont mariée à un goujat qui a expédié vite fait la nuit de noce devant un match de foot. Franchement… Là, il y a de quoi leur vomir dessus, s’exiler ensuite dans l’immeuble interdit aux mecs, puis vomir à nouveau. Mais elle leur a laissé sa fille… C’est le point noir de ce personnage qui aurait enfin pu apporter un peu de féminisme dans ce roman qui laissait penser que nous allions voir le combat d’un petit groupe de femmes. Mais Giuseppina m’a déçue. Certes je comprends : oui elle devait partir, mais purée pas en laissant sa fille. Elle l’a condamnée à vivre la même chose qu’elle. Elle aurait dû se battre, sortir son enfant de ce schéma diabolique, c’est ce que j’attendais en tant que lectrice.

La Reine. Passons maintenant à elle. Celle qui a mis en place ces règles. Danseuse étoile dans sa jeunesse, elle faisait tomber les hommes comme des mouches. Elle le dit elle-même, elle aimait le frisson de la première rencontre, la douceur de la séduction, elle aimait l’étincelle dans les yeux de ces messieurs. Le seul a qui elle a voulu faire une vraie place est parti en la laissant toute seule. Elle me rappelle Rosalie finalement. Bien que l’histoire soit différente, une déception puis on s’enferme dans un immeuble et on dit « plus jamais » aux hommes. Non, à nouveau. On comprend également que ce personnage refuse de vieillir, elle déteste ce corps qui ne peut plus séduire (m’enfin, faudrait qu’elle essaye pour savoir s’il séduit encore ou non), ce visage qui se couvre de rides, ces articulations qui se rouillent, la fleur fane, l’étoile pâlit et entraîne dans sa chute quatre autres cœurs. Elle est bien égoïste cette Reine. Elle a mal géré sa vie, son amour, et condamne les autres à faire comme elle. Bref, bien qu’elle écrive une lettre touchante à la fin, disant à ses locataires qu’elle s’est trompée et qu’elles devraient toutes à nouveau chercher l’amour, elle n’a pas réussi à redorer son image à mes yeux.

Reste Juliette, qui remplace Carla partie en Inde. Juliette a un passé compliqué. Ses parents ne s’intéressaient pas à elle, je crois même qu’ils ne l’aimaient pas. Est-ce possible ? Je n’en sais rien, je n’ai pas été dans ce cas et je n’ai pas d’enfant. Dans tous les cas, ce personnage aurait pu être encore plus brisé que Giuseppina ! Mais elle est un rayon de soleil, pleine de vie, elle refuse d’abandonner ses rêves, elle refuse d’abandonner l’amour ! Finalement, elle est celle qui m’a le plus touchée. Elle fait preuve d’une détermination sans faille, elle tient tête à La Reine et ses trois sbires. Finalement, elle trouve l’amour (ouais c’est du spoil, mais tout l’article c’est du spoil, je m’explique plus bas). Pas dans les bras de Max comme on pourrait le penser au début (le vieux cliché du meilleur ami qui devient l’homme de sa vie), mais dans ceux d’un cordonnier (si mon cerveau a bien retenu). Bref, tout est bien qui fini bien pour elle, et elle emmène les autres avec elle !

Un gros article n’est-ce pas ? Je n’ai parlé que des personnages. Parce que malheureusement le livre aussi. L’auteur nous présente ses personnages, leurs passés, comment elles sont arrivées là, et c’est tout. Je ne dirais pas qu’il n’y a pas d’histoire, puisqu’il y en a cinq, mais le roman manque cruellement de passages dans le présent et d’actions. Finalement je suis restée sur ma faim. Je pense qu’avec un tel sujet, il y avait de quoi écrire quatre ou cinq cents pages de plus ! D’autant plus que Karine Lambert place avec brio des petites références qui font sourire les lecteurs, elle y met de l’humour, de la poésie, elle tenait un truc là…

Quelques extraits :

« Il n’y a que sur scène qu’on peut danser tous les jours la même chorégraphie avec son partenaire sans tomber. Dans la vie c’est plus périlleux. »

« Moi on m’appelle « Chuuuut » ! C’est vilain, mais c’est mieux que rien. Ca fait un petit bruit dans le silence. Le silence est immense. Il est froid. Il fait mal quand il s’enroule autour de moi. »

« Est-ce qu’on peut faire provision d’amour comme de sucreries ? »

« L’homme c’est le jeu, l’imprévu, un moment de folie. »

Je lirais avec plaisir les autres livres de Lambert. Je râle, mais j’ai tout de même passé un bon moment et remercie l’auteur pour toute cette poésie qu’elle nous offre. 🌺

MAGICAL SUMMER CHALLENGEAnecdote : Lu dans le cadre du Magical Summer Challenge 2019, menu « Sweet Cloud » catégorie « Smoothie Party ».

Bonne lecture ! Signé C.

FOCUS : Tome 7 – L’épouvanteur – Joseph Delaney

Premier focus sur un tome ! 🥳

J’ai décidé de changer de format pour ce type d’article. Attention, cet article sera « FULL SPOIL ».

51t3JzxfX8L._SX346_BO1,204,203,200_

Le résumé made in Signé C. 😉

Après leur retour de Grèce, Thomas accompagné des chiens de Bill Arkwright (William Arkwright de son vrai nom, épouvanteur de Caster), Alice et l’Épouvanteur découvrent que la guerre fait rage dans le Comté. Les mauvaises ne s’arrêtent pas ici : la maison de Chipenden ainsi que la précieuse bibliothèque de l’Épouvanteur ont été détruites dans un incendie. Lizzie L’Osseuse, la redoutable sorcière, mère d’Alice, emprisonnée dans un puis au fond du jardin, s’est échappée. Le gobelin qui gardait la demeure est également parti, puisque le pacte a été rompu une fois la maison écroulée.

Désespérés, le trio prend la route de Caster, cependant, le nord du Comté à lui aussi été envahit. Ils décident donc de se réfugier sur l’Île de Mona. Cela n’est pas visiblement pas la meilleure des idées puisqu’ils y sont très mal reçu. En effet, le cruel Lord Barrule, refuse d’abriter les réfugiés qui arrivent par centaines suite à la guerre, et donne l’ordre aux hallebardiers (des soldats) d’emprisonner quiconque foule le sol de sa précieuse petite île.

Après une altercation avec un hallebardier, les trois acolytes se réfugient dans la forêt, où ils réfléchissent à un plan qui leur permettrait de quitter l’Île de Mona. Thomas se voit contraint de descendre en ville, afin de trouver un moyen de locomotion qui les emmènera loin de cet enfer. Alice, qui ne doit en aucun cas être séparé (à cause de la fiole de sang qui les protège tous les deux, cette fiole a été préparée par Alice pour protéger l’apprenti de l’Épouvanteur qui venait de vendre son âme au diable, littéralement) de lui mais qui a malheureusement reçu l’ordre de rester aux côtés de l’Épouvanteur, s’échappe et rejoint Tom. Ils trouvent une auberge, où un visage connu les remarque ! Il s’agit de Baines, capitaine de La Céleste, qui les a emmené en Grèce l’été précedent. La discussion commence à peine que des hallebardiers débarquent dans l’auberge, accompagnés par un semi-homme… Qui se trouve être un prisonnier, aveugle, muni de courtes cornes blanches. Sur ordre de ses bourreaux, ce dernier analyse les deux jeunes gens : pas de doute pour lui, Alice est une sorcière, quant à Thomas un bout d’obscur est logé au fond de son âme…

Ils sont alors emprisonnés ! Nous apprenons que le semi-homme se nomme Horn et qu’il est le demi-frère d’Alice (il est lui aussi le fruit d’une union entre une sorcière et Satan). C’est le troisième enfant du Malin que nous croisons (bien que nous en connaissions quatre) : Tusk qui était le fils de Mère Malkin (tous les deux morts dans le premier tome : elle a été tuée par Tom, est revenue sous forme de verme, puis a été mangée par des cochons sous cette forme, Tusk quant à lui a été tué par John Gregory d’un coup de lame d’argent dans le crâne), Alice la fille de Lizzie L’Osseuse, Horn dont on ne connait pas la mère, et nous savons que Grimalkin a eu un petit garçon parfaitement humain avec le Malin (que ce dernier a tué pour cette seule raison d’où la haine que Grimalkin voue au Malin). Nous rencontrons également un nouveau personnage qui va devenir d’une importance capital dans ce tome, Adriana Lonan.

Les péripéties s’enchaînent, on découvre que le méchant Lord Barrule est le chaman qui contrôle le grand danger de cette île à savoir le buggane. Qu’il a fait prisonnière Lizzie L’Osseuse. Qu’il est accro aux « jeux », enfin, aux combats de chiens, de coqs ou même d’humains, nous ne pouvons donc pas à mes yeux considérer ça comme des jeux, mais des actes de cruauté. Cet homme abject propose un marché à Thomas, en échange de sa liberté et celle de ses chiens, il doit tuer une sorcière durant un combat sous les yeux des parieurs. S’il perd, il sera exécuté et ses chiens se feront face dans l’arène. Le combat se solde par une égalité car Thomas est incapable de tuer la sorcière sous les yeux d’Alice (qui est sa fille), Lizzie se libère et tue Lord Barrule, elle devient ensuite « Reine » de l’Île et là c’est le drame… Passons sur le reste et penchons nous sur les points importants.

Les points importants :

  • Nous apprenons l’existence d’un quatrième enfant du Malin : Horn
  • Nous découvrons une nouvelle catégorie de démon : les bugganes

Les bugganes hantent principalement les ruines, mais leur territoire s’étend aussi loin qu’ils peuvent creuser. Ils prennent en général l’apparence d’un grand taureau ou d’un homme velu, bien qu’ils puissent choisir d’autres formes, notamment, celle d’un ver lorsqu’ils sont dans des zones marécageuses. Ils émettent deux sons caractéristiques, ils mugissent comme les taureaux, ou ils susurrent d’un timbre lugubre qui aspire l’énergie vitale des victimes (leur anima) qu’il stocke au milieu d’un labyrinthe sous terre.Ils sont insensibles au sel et au fer, mais ils peuvent être tués si une lame faite d’un alliage d’argent leur est enfoncée dans le cœur.

Je pense que Joseph Delaney s’est inspiré de la légende du grec du Minotaure pour créer les bugganes. Plusieurs points me mènent à cette conclusion : le tome précédent se déroule en Grèce (Delaney a dû probablement étudier ce pays, ses coutumes et ses légendes pour écrire le tome 6), et les ressemblances entre Minotaure et les bugganes, telles que le taureau, le labyrinthe, les sacrifices. Voici la légende du Minotaure :

Né des amours de Pasiphaé (épouse du roi Minos) et d’un taureau blanc envoyé par Poséidon, il est enfermé par Minos dans le labyrinthe. Situé au centre de la Crète, le labyrinthe est construit spécialement par Dédale afin que le Minotaure ne puisse s’en échapper et que nul ne découvre son existence. Tous les neuf ans, Égée, roi d’Athènes, sera contraint de livrer sept garçons et sept filles au Minotaure qui se nourrira de cette chair humaine. Thésée, fils d’Égée, sera volontaire pour aller dans le labyrinthe et tuera le monstre. (Source Wikipédia)

  • Adriana est une « sorcière d’oiseaux »

En effet, celle-ci possède le don de communiquer avec les oiseaux. Considérée comme une « bénévolente » par Tom mais un doute persiste, c’est une « pernicieuse » d’après les critères de L’Épouvanteur, même s’il n’exprime pas clairement sa pensée. Adriana se présente elle-même comme une « sorcière d’oiseaux » et elle ajoute :

 – Je n’ai pas d’animal familier. Je n’échange pas mon sang avec des bête, ni rien de ce genre. Mais les oiseaux sont mes amis. Nous nous aidons mutuellement. […]

Spoiler les morts !
  • Horn est tué par Lizzie L’Osseuse
  • Lord Barrule est tué par Lizzie L’Osseuse
  • Les parents d’Adriana Lonan sont tués par Lizzie L’Osseuse
  • Deux hallebardiers sont tués par Lizzie L’Osseuse
  • Stanton est tué par le buggane
  • Simon Sulby (fiancé d’Adriana) est tué par Lizzie L’Osseuse
  • Adriana Lonan est tuée par Lizzie L’Osseuse
  • Lizzie est tuée par des oiseaux (envoyés par Adriana)
  • Cinq bugganes sont tués par L’épouvanteur, Tom et Alice
    J’ai peut-être oublié des morts, notamment de personnages secondaires.

Il existe également une carte de l’Île de Mona dans le roman, elle est fournie à Thomas et l’Épouvanteur par Simon Sulby, le fiancé d’Adriana Lonan :

ile de mona.png

J’ajoute brièvement, que Grimalkin m’a manqué dans ce tome ! 😉

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce tome 7 ? Grimalkin vous a-t-elle manqué également ? Dans quelle catégorie classeriez vous Adriana Lonan ? 🤔

MAGICAL SUMMER CHALLENGE

Bonne lecture, Signé C.