La ferme des animaux – George Orwell

Résumé : Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : « Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. ». Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : “Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.”

La ferme des animaux

Note personnelle : ★ ★ ★ ☆ ☆

Avis : Dès le début du roman, nous voilà face à Sage l’Ancien, un cochon qui fait part aux autres animaux du rêve qu’il a fait la nuit précédente : les paroles d’une chanson. Une chanson invitant à la révolte contre les humains, unissant tous les animaux dans ce combat…

L’Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d’œufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pour attraper un lapin. Pourtant le voici le suzerain de tous les animaux.

George Orwell, La ferme des animaux.

Trois jours après seulement, Sage l’Ancien s’éteignit, laissant derrière lui les braises de la révolte qui seront alimentées par trois autres cochons, Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil. Ils ont élaboré un système philosophique sans faille qu’ils appellent l’Animalisme. Ils essayent en vain d’en inculquer les valeurs aux autres animaux qui restaient désespérément fidèle à M. Jones, le propriétaire de la ferme. Pire encore, les autres étaient détourné de cette voie par Moïse, un corbeau apprivoisé, chouchou de M. Jones. Ce dernier, à son insu, déclencha « le soulèvement ». Commençant à sombrer dans l’alcoolisme, il s’occupait de moins en moins de ses bêtes. Un dimanche, Jones et ses employés oublièrent complètement les animaux qui n’y tenant plus défoncèrent leurs abris pour aller se nourrir. Les humains ont bien entendu essayé de les arrêter, mais face à ce troupeau affamé ils ont été contraint de fuir la ferme.

Les trois cochons apprirent à lire et écrire, oui c’est original… Puis ils parvinrent à réduire les principes de l’Animalisme à Sept Commandements :

  1. Tout deuxpattes est un ennemi.
  2. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami.
  3. Nul animal ne portera de vêtements.
  4. Nul animal ne dormira dans un lit.
  5. Nul animal ne boira d’alcool.
  6. Nul animal ne tuera un autre animal.
  7. Tous les animaux sont égaux.

Bien vite ils furent confrontés à une dure réalité. Personne pour traire les vaches laitières, des récoltes compliquées par le manque d’outils adaptés aux animaux, heureusement, les cochons trouvaient toujours un moyen de contourner ses difficultés… Et c’était là leur seul rôle. Ils ne travaillaient pas comme les autres animaux. Nous comprenons que le pouvoir n’a pas été partagé équitablement. Les cochons ont pris le contrôle de la ferme. S’appropriant de droit le lait et les pommes, faisant travailler sans relâche les autres, allant même jusqu’à kidnapper les chiots sous prétexte de les éduquer.

Parlons rapidement de Lubie, une jument blanche. Cette dernière aimait trop le sucre et les rubans de couleurs… Aussi, elle décida de partir rejoindre une autre ferme pour servir les humains. Les deux autres chevaux sont des personnages encore plus attachants. Malabar l’étalon, travaillait sans relâche. Il s’épuisait à la tâche jour et nuit. Il disait qu’il travaillerait plus dur chaque jour, jusqu’à celui de sa retraite. Mais suite à un accident, il fût envoyé à l’abattoir… Bien entendu le gouvernement a menti aux habitants de la ferme, leur disant que le plus grand des travailleurs avait été envoyé chez un vétérinaire qui n’avait pu le sauver. Quant à Douce elle portait bien son nom, prenant soin des autres animaux. N’oublions pas le dernier équidés, Benjamin, l’âne. Il est aigri c’est incontestable, mais aucun lecteur ne peut lui en vouloir après avoir pris connaissance de ses liens d’amitié avec Malabar.

Napoléon, le cochon, (saviez-vous d’ailleurs qu’il est interdit d’appeler un cochon Napoléon ?) pris le pouvoir, faisant régner la peur, persécutant les autres animaux. Accompagné des chiens qu’il avait élevé et de Brille-Babil qui finissait toujours par convaincre les autres animaux en évoquant le possible retour de Jones, Napoléon n’avait de cesse d’augmenter son emprise sur le groupe, changeant même les sept commandements à son avantage et faisant remplacer l’hymne de la ferme. Il fit construire un moulin, qui était à l’origine l’idée de Boule de Neige, chassé et accusé de tous les maux. Lors d’une second bataille, ce moulin fût détruit en même temps que le moral des animaux qui avaient tant travaillé à sa construction, alors même qu’ils manquaient de vivres. L’un après l’autre, le désormais nommé Camarade Napoléon, violait les sept commandements. La situation ne faisait qu’empirer. Bientôt la Ferme des Animaux devient inhospitalière pour qui n’était pas un cochon, ou à la limite, un chien. A coup de mensonge, Napoléon, représenté par Brille-Babil soumettaient les autres animaux. Ils allaient jusqu’à manipuler leurs souvenirs, faisant du premier cochon un héros et de Boule de Neige un traître… Arriva le moment où la Ferme des Animaux fût proclamée République, étant le seul candidat, Napoléon en devint le président. Jusqu’au jour du plus grand des blasphèmes. Les cochons marchaient sur deux pattes, les moutons qui jusqu’ici scandaient « Quatrepattes oui ! Deuxpattes non ! » avaient été habitué par Brille-Babil à chanter « Quatrepattes bon ! Deuxpattes mieux !« . Sur le mur où avaient été inscrits les sept commandements, un seul restait « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres »…

Anecdote : Lu pour le Pumpkin Autumn Challenge, menu automne douceur de vivre, catégorie « Badge PAC 2020Siroter un chocolat chaud sous les saules. » (Anthropomorphisme, enfance, feel good, cocooning). Je vous avoue que ça m’amuse énormément de quelques détails sur les images de présentation… Promis, demain j’arrête ! 🐷🐮🐔

Bonne lecture ! Signé C.

Le cimetière des papillons – Richard Canal

Résumé : Et si Dieu jouait aux dés ? Dans son casino le monde ne serait que hasard… Quelque part dans un espace virtuel, le Domaine, ils sont cinq à jouer. Ils animent des personnages, en créent, les regardent vivre et mourir. Quand on est immortel, il faut bien tuer l’ennui…
Le monde tel qu’ils l’ont tiré au sort n’est que désolation. Des villes à l’image de Brookstadt, qui puisent leur énergie dans des sources et tombent en poussière lorsque celles-ci tarissent. Partout ailleurs des mines fabriquées par les villes pour s’entre-déchirer… Mais dans l’enfer du jeu, un jour, bizarrement tout se dérègle. A Brookstadt, un homme, Anton, un enfant noir blanc et un clown échappent soudain à la furie des mines. Les joueurs sont dépassés… Qu’arrive-t-il quand les créatures pénètrent les secrets des Dieux ?

Le cimetière des papillons.png

Note personnelle : ★ ★ ★ ☆ ☆

Avis : Un roman de science-fiction dystopique*, bien que la présence dieux (bien qu’incompréhensible à mes yeux, puisqu’ils ne sont pas très présents) puissent venir altérer ce genre… Les nuages écarlates ça, je maîtrisais, pas de soucis, mais très vite sont venus s’ajouter les mots inconnus, car bien entendu créés pour ce monde. L’entropie (transformation, fonction exprimant le principe de la dégradation de l’énergie) est au centre du roman. Imaginez un monde où une couverture à une durée de vie d’une nuit, un flingue durera quelques jours, une fleur quelques secondes. La politique et les conditions de vie, tout tourne autour de ce monde qui se dégrade rapidement. Finalement, les dieux sont quasiment inexistants dans l’histoire (on ne comprend que peu leur rôle au début, si je rentre dans les détails je risque de spoiler). Par contre, on ne peut pas retirer la poésie de ce livre, ni paradoxalement la vulgarité, pour au final le qualifier « d’étrange ». J’ai bien aimé le fait que les machines du futur aient des noms d’animaux en référence à leurs « qualités ». Un condor, un faucon, un perroquet, un sanglier, un éléphant.

J’ai retenu quelques petites choses qui risquent de vous glisser entre les doigts, comme la sexualité d’un des personnages, par une simple phrase, une seule dans tout le livre, la suivante « À ce fils qu’il n’aurait jamais parce qu’il n’aimait pas les femmes ». Je me permets de mettre ceci en avant, pour créer le contraste avec un livre de 1973 (la maison des damnés de Richard Matheson), dans lequel l’homosexualité est à la fois fascinante et dégoûtante pour les personnages (je ne peux pas dire que c’est le cas de l’auteur). Là, elle passe comme une brise, on le sait, mais on ne s’en formalise pas parce que la sexualité d’une personne n’est pas plus importante que son caractère. Voilà une façon de penser qui colle à celle de notre époque. 💖

J’ai également d’autres extraits à vous présenter :

« Qu’il vous suffise de savoir que derrière l’univers ludique, il y a l’éternité. Et même si, en fin de compte, celle-ci vous effraie, croyez-moi, c’est bon d’y goûter, rien que pour apprécier la mort à sa juste valeur »

« – Espoir ! Mais on le trouve partout, mon brave. Jusque dans les vers de mirliton que les putes se font tatouer autour du sexe. Ce n’est pas en nous apportant des mots aussi galvaudés que vous sauverez la culture »

« – C’est toi qu’es pas normal de vouloir que tout soit normal. T’as pas remarqué ? C’est fou ce qu’on est normal, nous. »

Anecdote : A la fin du roman « Le songe d’une nuit d’octobre », j’ai regardé quelques titres proposés. Mes yeux ont immédiatement trouvé ce titre poétique. Je n’avais aucune idée de ce dont pouvait parler ce livre. 🦋 Offert par mon amoureux ❤

Bonne lecture ! Signé C.

*Comprendre les genres et sous-genre de l’imaginaire

La science-fiction dystopique répond aux critères suivants :

  • Montre un futur apocalyptique où la société a mal tourné, souvent dans le but d’attirer nôtre attention sur un problème actuel (mais pas toujours).
  • Inclus des technologies essentiellement humaines, même si elle peut également venir d’ailleurs.
  • Inclus une ampleur spatiale et/ou temporelle.