Exercice d’écriture – Thème Noël

Je vous propose un atelier écriture. Bien que je sois principalement une lectrice, j’aime également écrire et souhaite vous faire partager cette seconde passion. 🖋️

L’exercice est simple. Il suffit prendre six mots (vous pouvez utiliser un générateur de mots sur internet comme celui-ci ou demander à quelqu’un de vous les donner) et les inclure dans une histoire autour du thème de Noël. 🎅

Thème : Noël
Nombre de caractères : Minimum 10000 – Maximum 20000 (15481 au total)
Mes mots imposés sont : vieux – animal – genou – robe – graisse – moustache (tous les mots sont inclus)

Il était six heures du matin, un vingt-quatre décembre, lorsque l’alarme se déclencha. Un grognement s’éleva de sous la couverture. Une main en sortit et donna un coup sec sur le réveil. Celui-ci, non content d’avoir réveillé le dormeur, eu l’audace de tomber au sol, d’où il continua d’émettre des sons stridents. Après un second grognement, Bruno se leva et éteignit l’objet infernal. C’est d’une humeur massacrante qu’il entreprit de se préparer une tasse de café. Le vacarme de la cafetière ressemblait à un doux ronronnement à ses oreilles après l’insupportable sonnerie du réveil. La tasse fumante à la main, il traîna des pieds jusqu’à la salle de bain. Bruno inspecta son visage dans le miroir. La lumière crue creusait ses traits déjà tirés par une mauvaise nuit. Il haussa les épaules en soupirant. Son père lui disait souvent que l’insomnie était la triste compagne des gens seuls, savait-il seulement à quel point il avait raison, se demanda-t-il en se glissant sous la douche.

Le parking était vide excepté quelques voitures garées dans la zone réservée aux employés du centre commercial, à l’arrière du bâtiment, à côté des conteneurs pleins à craquer ce matin-là. Bruno poussa la porte qui s’ouvrit en grinçant. Il se dirigea vers les vestiaires. Un homme grand et maigre était en train d’enfiler une veste aux couleurs de l’entreprise. Bruno le salua d’un signe de main.
– C’est vous le Père Noël ? demanda-t-il en boutonnant sa veste.
– Pour une semaine oui.
Il tourna le dos à l’employé pour lui signifier qu’il ne souhaitait pas poursuivre cette conversation trop matinale à son goût. Mais le jeune homme était d’humeur jouasse et ignorant le message implicite s’approcha de lui.
– J’étais en repos ces derniers jours, expliqua-t-il tout en s’asseyant sur le banc, j’avais peur que vous ayez terminé votre mission avant que j’aie eu le temps de prendre une photo avec vous.
Bruno haussa un sourcil et dévisagea le jeune homme.
– Tu n’es pas un peu vieux pour faire une photo avec le Père Noël ?
– Bien sûr que non ! répondit-il. Mais je le suis sûrement pour m’asseoir sur vos genoux, ajouta le jeune homme avant de s’esclaffer.
Il hésita quelques secondes puis se tourna à nouveau vers l’homme qui bouclait la ceinture de son déguisement.
– Sérieusement m’sieur, on peut faire une photo avant l’ouverture ?
Comprenant que le jeune homme ne lâcherait l’affaire pas avant d’obtenir gain de cause, Bruno accepta. Ils se rendirent ensemble au stand, allumèrent automates et lumières, puis prirent la précieuse photographie.
– Merci m’sieur, elle est pour ma mère. Je n’avais pas de vrai cadeau pour ce soir, faut dire qu’ils ne payent pas très bien ici… se justifia-t-il en se grattant l’arrière de la tête d’un air penaud. Je lui ai pris une boite de chocolat aussi ! Vous croyez qu’elle sera contente ?
Il se dandinait d’un pied sur l’autre, devant le fauteuil d’où Bruno le regardait déconcerté. Il prit soudainement son rôle à cœur.
– Il n’y a pas de doute, elle va adorer tes cadeaux, lui répondit-il de sa voix la plus rassurante puis souriant il ajouta, joyeux réveillon jeune homme !
– Merci, joyeux réveillon aussi m’sieur ! s’exclama l’employé visiblement soulagé, qui s’éloignait déjà en agitant joyeusement sa photographie.

Bruno trouvait le fauteuil particulièrement inconfortable. Voilà sept années qu’il jouait le rôle du Père Noël dans les centres commerciaux et c’était la première fois que cet emploi lui paraissait aussi difficile. Outre ce manque de confort, les courants d’air glacés et les insupportables chants de Noël lui donnaient la migraine. Il eut à peine le temps de trouver une position acceptable qu’une petite fille en robe rouge grimpa sur ses genoux. Il lui sourit et lui demanda si elle avait bien été sage. L’enfant se tordit les doigts, lança un regard à sa mère, qui lui fit un oui de la tête. Ses petites joues se colorèrent de rose, elle répondit timidement qu’elle avait en effet été sage.
– Qu’as-tu commandé ma grande ? demanda Bruno,
Rougissant de plus belle, elle prit une grande inspiration et répondit avec une solennité qui contrastait avec son jeune âge.
– Je voudrais avoir un chien, mais maman dit qu’on ne peut pas avoir un animal, alors j’aimerais bien avoir un chien en peluche et aussi je voudrais bien avoir…
– Doucement doucement, Bruno tapota sur son épaule pour la calmer, tu as dit un chien en peluche, c’est ça ?
– Oui Père Noël, je voudrais aussi…
Bien qu’il appréciait les enfants et ne souhaitait en aucun cas les décevoir, la politique de l’agence était stricte, il devait atteindre un certain nombre de photographies dans la journée pour ne pas voir son salaire amputé, par conséquent il décida d’écourter l’énumération de la liste.
– Un chien en peluche, c’est noté ! Maintenant regarde le lutin et sourit.

Le flash jaillit de l’appareil. La mère, enchantée, vint reprendre sa fille. Bruno inspecta d’un rapide coup d’œil les alentours et constata avec soulagement que plus personne n’attendait devant son stand. Vérifiant l’heure sur sa montre, il décida de s’octroyer une pause méritée. Il posa un écriteau sur le siège et sortit à l’arrière du magasin où quelques employés frissonnants étaient en train de boire du café dans des gobelets en plastique. Il s’adossa contre un mur, près des poubelles, tira sur sa fausse barbe jusqu’à la placer sous son menton et glissa une cigarette entre ses lèvres. Il regarda le groupe s’en aller. Un peu de silence ne me fera pas de mal, songea-t-il, en se massant les tempes. Le destin en avait décidé autrement. De petits pas rapides se firent entendre dans la cour. La fillette à la robe rouge se pressait vers lui. Il tressauta et essaya maladroitement de replacer sa fausse barbe.
– C’est bon, dit-elle, je sais que tu n’es pas le vrai Père Noël.
Bruno jeta sa cigarette et l’écrasa sous sa botte.
– Tu as raison, je ne suis pas le vrai, mais c’est un secret, tu dois le garder, c’est d’accord ? lui demanda l’homme déguisé en se baissant pour être à sa hauteur.
La petite accepta d’un signe de tête et lui tendit une enveloppe.
– C’est pour que tu la donnes au vrai Père Noël, ajouta-t-elle en rougissant ce qui semblait être l’une de ses habitudes.
Il prit l’enveloppe et la mit dans la poche de sa veste. L’instant d’après la porte s’ouvrit avec fracas et une femme paniquée fit irruption dans la cour.
– Rose ! Tu es là ! Tu m’as fait peur ! s’exclama-t-elle, entre colère et soulagement.
Elle courut jusqu’à la petite et la tira par le bras, en direction de la porte, sans même jeter un regard à l’homme habillé en Père Noël, qui se relevait avec difficulté.
– Je donnais une lettre au monsieur pour qu’il la passe au Père Noël, s’excusa l’enfant.
– Ne t’éloigne jamais de moi dans les magasins, c’est dangereux Rose.
Bruno fit un clin d’œil à la petite fille qui lui répondit par un sourire complice en suivant sa mère. Il allait également rentrer lorsqu’un faible bruit se fit entendre. Il s’immobilisa et écouta. Ce qui ressemblait à un miaulement s’éleva d’un endroit qu’il estimait être situé près des poubelles. Intrigué, il fit demi-tour. J’espère que dans ce centre commercial de malheur les rats ne savent pas miauler, ronchonna-t-il en inspectant le contenu de la benne la plus proche. Un troisième miaulement s’éleva plus loin, s’approchant du dernier conteneur il vit le chat sortir de sous l’énorme boite et venir à sa rencontre. Maculé de saleté que la tempête de neige avait moins réussit à laver qu’à mouiller, la pauvre bête, qu’il devinait avoir été d’un roux flamboyant, tremblait de froid. Il approcha la main doucement. Sans la moindre hésitation, le chat y frotta sa tête.
– Tu es dans un bien sale état toi, lui dit Bruno en le prenant dans ses bras.
Pour toute réponse, le chat se mit à ronronner.
– Je vais t’amener au chaud, susurra-t-il au félin en entrant dans le bâtiment.

Le chat dormait paisiblement, roulé en boule dans le traîneau décoratif du stand, malgré le vacarme ambiant. Bruno l’avait enveloppé dans son pull qu’il était retourné chercher dans les vestiaires. Il avait songé à y laisser son nouvel ami mais à peine eut-il fermé la porte que des miaulements inquiets avaient retenti. Il avait finalement cédé au chantage du chat et l’avait emmené avec lui. Les heures défilaient et les enfants se succédaient sur les genoux du Père Noël, parfois souriants, parfois larmoyants. Certains tentaient même d’arracher la fausse barbe qu’il portait, ce qui dans d’autres circonstances ne l’aurait pas dérangé, car il supportait difficilement le contact avec les poils synthétiques. La moustache était plus incommodante encore, elle lui chatouillait le nez le faisant régulièrement éternuer. En professionnel de l’animation, comme il aimait le dire, il restait souriant et gardait du mieux possible son ton enjoué de Père Noël.

Les clients se firent de plus en plus rares au stand. L’heure avançait et tous souhaitaient rentrer chez eux pour commencer les préparatifs du réveillon. Un homme s’approcha de lui à grandes enjambées.
– Comment se passe la journée ? Beaucoup de photos ? demanda l’homme dont l’impolitesse énerva instantanément Bruno.
– Bonjour Monsieur le directeur, répondit-il les mâchoires serrées en tendant la main.
Devant l’immobilité de l’homme en costume, il finit par abdiquer et laissa retomber sa main.
– Oui il y a eu beaucoup de visite sur le stand aujourd’hui.
Le félin roux qui n’avait jusqu’ici pas bougé d’un poil, se mit à miauler doucement.
– Qu’est-ce que c’est que ça ? s’agaça le directeur en regardant par-dessus l’épaule du Père Noël qui tentait tant bien que mal de dissimuler l’intrus. Vous n’avez tout de même pas osé ramener une saloperie de chat sur le stand ! Mais, regardez-moi ça, il est tout pouilleux !
L’homme s’avança vers le traîneau, le chat feula le faisant immédiatement reculer. Revenu à une distance suffisante pour se sentir en relative sécurité il s’adressa à Bruno.
– Il est dangereux cet animal ! Il pue en plus, c’est une infection ! Vous êtes complètement inconscient ma parole ! Ramener une bête sauvage ici, on aura tout vu, s’égosilla-t-il. Et vous avez pensé aux allergies ? Et s’il avait des maladies ? S’il avait blessé un gosse ?! L’agence va m’entendre, je vous le garantis !
Agitant rageusement son index devant le nez de Bruno, il finit par sortir son téléphone portable et composa un numéro. Le Père Noël lança un regard consterné au chat, en lui chuchotant qu’il avait choisi le mauvais moment pour se manifester. Le directeur quant à lui, faisait les cents pas, l’oreille collée à son mobile.
– Oui, un chat, vous avez bien entendu ! Comment ça vous ne pouvez pas rembourser ? Vous vous rendez compte ? Un chat sale, sauvage et agressif, dans nos locaux.
Le visage du directeur avait viré au cramoisi, une veine palpitait sur sa tempe. Il s’époumonait dans le microphone de l’appareil. Bruno eut pitié de la personne à l’autre bout du fil. Certainement Alice, songea-t-il, la réceptionniste. Une jeune fille souriante et gentille, qui ne méritait aucunement qu’on s’acharne sur elle de la sorte.
– Monsieur le directeur, l’appela Bruno en lui tapant doucement sur l’épaule, Monsieur le directeur, insista-t-il. Je vais amener ce chat dans les vestiaires, rassurez-vous.
– Ne croyez pas que vous allez vous en sortir si facilement, vociféra-t-il avant de raccrocher. Bien entendu que vous allez le virer d’ici ! Et immédiatement !
Il tourna les talons et partit en rouspétant, il prit tout de même le temps de proférer une dernière menace.
– Si l’agence refuse de me dédommager, le manque à gagner sera prélevé sur votre salaire. Vous aussi, ne croyez pas vous en sortir si facilement.
Bruno récupéra le chat tout ébouriffé dans le traîneau.
– Bravo, grâce à toi, aucun de nous deux n’aura de crevette pour le réveillon, lui dit-il en lui caressant la tête.
Le chat se blottit contre l’homme et se laissa porter jusqu’aux vestiaires où il fut délicatement déposé sur un banc.
– Je reviens dans… Bruno regarda sa montre avant de continuer, une petite demi-heure. Reste sage, je passerais t’acheter des croquettes avant qu’on fiche le camp d’ici.
Il referma la porte en priant pour que le temps passe vite. L’idée de laisser l’animal seul lui tordait l’estomac. Heureusement, quand il revint, le félin patientait toujours au même endroit.

Bruno déposa le chat sur le siège passager et démarra la voiture.
– Il va falloir te trouver un nom maintenant. Qu’est-ce que tu dis de Santa ? questionna-t-il en lui lançant un regard. Non, ça ne te va pas. Peut-être que Claus te convient mieux.
À son grand étonnement le chat répondit par un miaulement.
– Bien, c’est officiel, tu t’appelles Claus. Grâce à notre rencontre aucun de nous deux ne passera le réveillon seul.
Bruno se mit à siffloter gaiement, malgré la circulation ralentie par la neige qui tombait encore en abondance. Rien ne pourrait entacher sa bonne humeur désormais.
– Finalement, j’ai acheté des crevettes. Tu as de la chance mon petit Claus ! Elles étaient en promotion, puis je te trouve maigrichon. Il te faut un peu de graisse si tu veux passer l’hiver mon petit.
Le chat était attentif aux paroles de son nouveau maître. Il le regardait conduire, poussant régulièrement des miaulements pour lui montrer sa reconnaissance. Bruno se gara dans une rue non loin de son appartement. Il sortit le chat de la voiture en s’assurant qu’il soit bien emmailloté dans le pull qu’il lui avait cédé. Il marchait doucement en veillant à ne pas glisser sur les plaques de verglas. En passant près d’un réverbère, il remarqua une affiche signalant la disparition, depuis plusieurs jours, d’un chat roux nommé Drufus. Pris d’un doute Bruno étudia à tour de rôle le chat qu’il tenait dans ses bras et celui de l’affiche. C’est à contrecœur qu’il arracha le numéro de téléphone de la propriétaire et le glissa dans la poche de son manteau.

De retour dans son appartement, Bruno déposa le chat et lui servit un bol de croquettes. Il rangea ses maigres courses et se résigna à sortir son téléphone. Il regarda l’animal qui mangeait goulûment puis pianota le numéro noté sur le morceau de papier froissé. Il écouta les sonneries, espérant honteusement que personne ne décroche.
– Allô ! Allô ! C’est qui à l’appareil ? questionna la voix d’une dame âgée.
– Bonsoir Madame, je crois que j’ai retrouvé votre chat Drufus, déclara-t-il en observant le petit chat qui se léchait les babines rassasié.
– Mais allons bon, que racontez-vous ?
– J’ai dit que j’ai retrouvé votre chat madame, il est…
– Il est sur le fauteuil, mon Drufus. Peu importe quel chat vous avez trouvé ce n’est certainement pas le mien, ajouta-t-elle avec fermeté.
– Je vois, je suis navré de vous avoir dérangée.
– Mais non, ce n’est rien. Bon réveillon monsieur.
Il raccrocha avec soulagement. Claus, vient se frotter à ses jambes. Il prit le chat dans ses bras et le caressa avec tendresse.
– Puisque tu es bien Claus et pas Drufus, je propose que l’on commence à fêter le réveillon ! Tu devrais faire ta toilette pendant que je nous prépare des crevettes. Le directeur avait raison sur un point, tu ne sens pas très bon, plaisanta-t-il en se levant pour cuisiner.
Le chat sauta sur le canapé et entreprit le nettoyage de son pelage. C’est d’ailleurs ensemble sur ce même canapé, à manger des crevettes décortiquées que les deux nouveaux amis passèrent leur réveillon de Noël et les suivants.

Bonne lecture, Signé C.

 

Lola, petite, grosse et exhibitionniste – Louisa Méonis

Résumé :« Moi, c’est Lola. Petite (pas tant que ça). Grosse (aucun commentaire). Et exhibitionniste (mais toujours par erreur !) »
Auteur de romans érotiques la nuit et assistante d’une patronne aussi tyrannique qu’anorexique pour une grosse boîte de finance new-yorkaise le jour. Et jusque-là, je m’en sortais pas trop mal. Mais il a fallu que mon big boss décède (l’égoïste !). Hop, Joseph Hamlish n’est plus, vive Jérémy Hamlish ! Alias monsieur le fils héritier qui a débarqué dans nos bureaux, alias monsieur JE SUIS UN DIEU VIVANT. Alors bon, moi, j’ai beau être une fille très bien sous tous rapport, quand on me met dans un ascenseur (ou sur un ring) avec l’incarnation de mes fantasmes, forcément, j’ai tendance à dépasser les bornes des limites. Voire à aller un peu au-delà…

Lola petite grosse.png

Note personnelle : ★ ★ ★ ★

Avis : Ma pile à lire du Magical Summer Challenge m’a décidément apporté beaucoup de joie et de belles découvertes. Après avoir lu les trois romans du menu « Sweet Cloud » (voir ma PAL du MSC) qui m’avaient tous emmenés dans un tourbillons d’émotions aux côtés d’héroïnes toutes plus drôles et touchantes les unes que les autres, me voilà aux côtés de la tout aussi charmante Lola. Oui, c’est une grosse introduction, mais il fallait bien ça, avant de parler de Lola !

Avant la lecture j’étais partagée, malgré le titre typiquement Feel good j’ai pensé qu’il s’agissait d’un Mommy Porn, au même titre que « 50 nuances de Grey », « After », « Love game » (j’en passe et des meilleurs) qui ne serait clairement pas ma tasse de thé. Puisqu’il était dans ma pile à lire pour le Magical Summer Challenge (vous savez maintenant que pour les challenges je prends le risque de lire des romans qui sortent de ma zone de confort) il fallait bien que je commence ma lecture et que je vois si elle était aussi insipide que je le pensais.

Grosses gouttes de sueur en lisant le prologue… Imaginez ma tête durant cette situation délicate : j’ai laissé une chance à ce roman et voilà qu’il me balance un passage érotique, non, soyons honnête, carrément pornographique dès les premières lignes ! J’ai faillit éteindre ma liseuse en criant « Hey je suis pas venue ici pour souffrir ok ?! » et partir jouer à PokeMMO (mon élevage de Magicarpe se porte à merveille, j’ai en stock des pokémons avec des statistiques à faire pâlir le professeur Chen). Puisqu’il ne s’agissait pas de l’intégral mais du tome 1, il comportait tout juste une centaine de pages, j’ai décidé de continuer ma lecture et j’ai bien fait !

Bien loin des beautés qui s’ignorent que l’on croise habituellement dans ces romans, Lola n’est pas la femme parfaite (Hallelujah). L’auteure nous met au parfum dès le début, Lola est toujours en retard, elle est célibataire, a eu le cœur brisé par son premier amour, elle écrit des romans érotiques la nuit, travaille comme comptable dans une grosse boîte le jour, où elle a un collègue homosexuel et une supérieure infecte qui répond aux clichés de « la pharaonne Toutanplastik », elle habite avec colocataire et un chat handicapé. Voilà le tableau, Lola n’est pas banale.

La demoiselle se retrouve dans un ascenseur avec Monsieur Sexy-Fossettes (mettez la climatisation, voici l’arrivée du mâle alpha), où elle décide de se changer tant bien que mal devant son futur patron (sans qu’elle le sache d’ailleurs), lui dévoilant une partie de son joli corps « potelé » (parce qu’une IMC de 25,71 kg/m² c’est un tout petit surpoids, à 0,71kg/m² elle était dans les corpulences dites « normales »). Lola n’a pas fini de nous faire rire, puisque nous découvrons ensuite un morceau de sa vie riche en rebondissements, le tout écrit avec un humour ponctué de références qui parleront aux femmes de ma génération et nous assistons à quelques scènes très hot.

Voilà ce qui vous attend si vous décidez de lire ce roman ! J’ai globalement passé un très bon moment, même si, je le répète, les clichés du « mec trop parfait » et les scènes osées m’embêtent toujours un peu.

MAGICAL SUMMER CHALLENGE.pngAnecdote : Lu dans le cadre du Magical Summer Challenge 2019, menu « Hypnotic Sunset » catégorie « Fairy Tale ». Photo de @awks_aine juste ici.

Bonne lecture ! Signé C.

Sortez-moi de là – Sonia Dagotor

Résumé : Je me prénomme Madeleine. Je sais, c’est un prénom d’une autre époque et encore, vous ne savez pas tout !
Je viens de perdre ma mère avec qui je vivais dans notre maison en Auvergne. Ma mère a toujours décidé pour moi, mais rassurez-vous, je ne lui en veux pas. Même après sa mort, elle me commande encore. Sa dernière trouvaille, m’envoyer à Paris ! Pour une nana qui n’a jamais quitté son village natal, c’est une petite révolution. Mais je suis prête. Il était temps de me sortir de là. Je vous emmène avec moi ?

Sortez moi de là.png

Note personnelle : ★ ★ ★ ★

Avis : J’ai énormément rigolé en lisant ce roman. Dès le début j’ai été emballée. Juste en lisant le résumé, en voyant la couverture et le prénom du personnage principal, j’ai su que ça allait être un bon moment. Madeleine et moi avons un point commun, Paris nous a accueillies alors que nous étions déjà adultes… Bien que nos histoires soient différentes, l’appréhension du changement, l’arrivée à Paris, l’euphorie des premiers pas dans cette ville magnifique, m’a permis de me plonger dans quelques bons souvenirs qui datent déjà d’une petite décennie. 🤫😂

Mais voyons de plus près l’histoire de Madeleine. Son père est mort lorsqu’elle était petite, un début bien triste me direz-vous, pour un roman qui va pourtant beaucoup nous faire rire. Nous apprenons par la même occasion que Madeleine a été élevée par sa mère (seule), en Auvergne, dans un petit village que la jeune femme n’a jamais quitté. Sa mère n’était malheureusement pas démonstrative, et a laissé Madeleine devenir, aux yeux de la société, une vieille fille. C’est-à-dire que notre chère amie ne connait pas grand chose de la vie. Elle a un look dépassé, ne conduit pas, n’a pas de métier, et n’a pas connu les plaisirs charnels, excepté une fois avec… chuuuuut c’est son secret, vous l’apprendrez en lisant le roman. Bref, elle va s’apercevoir qu’elle ne connait pas grand chose de sa maman non plus, lorsqu’un notaire va lui expliquer qu’elle est l’unique propriétaire d’un appartement à Paris et lui confier une lettre de sa mère, dans laquelle la défunte l’invite à se rendre immédiatement à la capitale pour prendre s’installer dans son tout nouveau bien immobilier.

Commence ma partie préférée ! Paris. Vous savez maintenant que j’aime quand un roman se déroule dans la capitale française, voir les personnages évoluer dans cette magnifique ville, et quels personnages ! Notre chère Madeleine se retrouve devant la porte de l’immeuble où se trouve son appartement. Nous découvrons en même temps qu’elle l’existence salvatrice d’une marraine haute en couleur. Madeleine, renommée Maddy par ce nouveau membre de la famille, va alors enchaîner les péripéties. Elles commencent par la découverte d’un locataire dans l’appartement de Maddy, un certain Jacky, jeune, beau, adorable et (mais ?) en couple. Se poursuivent par un relooking dans un magasin très spécial. Puis, nous emmènent dans les méandres de la séduction. Au-delà du rire, le roman nous fait une piqûre de rappel : pensez à vivre, pensez à aimer, temps que vous le pouvez encore. 🥰

En somme ce roman est un petit bonbon ! Une ode à la vie. Il est rythmé, plein d’humour, d’amour, de tendresse, d’émotions, de situations abracadabrantesques, la quasi-totalité de l’histoire se déroule dans notre belle capitale… Autant vous le dire, je ne voulais pas qu’on me « sorte de là ».

MAGICAL SUMMER CHALLENGE.pngAnecdote : Lu dans le cadre du Magical Summer Challenge 2019, menu « Sweet Cloud » catégorie « Ice cream ». La photo utilisée vient du compte Instagram @laetitiadupont.auteure à retrouver ici.

Bonne lecture ! Signé C.

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes – Karine Lambert

Résumé : Cinq femmes d’âges et d’univers différents cohabitent dans un immeuble parisien. Elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre. L’arrivée d’une nouvelle locataire va bousculer leur équilibre. Juliette est séduite par l’atmosphère chaleureuse de cette ruche, à un détail près : l’entrée est interdite aux hommes. Va-t-elle faire vaciller les certitudes de ses voisines ou renoncer, elle aussi ?

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Note personnelle : ★ ★ ★  

Avis : Quelle belle idée ! Le titre à rallonge, typique des romans feel good, m’a immédiatement séduite, parce qu’il m’arrive d’être un petit mouton à la mode. J’ai imaginé des tonnes anecdotes drôles qui pourraient arriver à ces femmes qui ont renoncé aux hommes. C’est extrêmement enthousiaste que j’ai commencé cette lecture. 🌺

Je me suis parée d’un sourire, j’ai embarqué un paquet de madeleine, une tablette de chocolat, une tasse de thé, et enfin confortablement installée, j’ai commencé mon bout de chemin aux côtés de cinq femmes n’ayant qu’en commun leur lieu d’habitation (et les règles qui y sont imposées).

L’auteur nous fait découvrir, par des petites touches d’humour et de poésie, le passé mouvementé de ses personnages. Je vais tenter de vous donner mon point de vue sur ces femmes.

Commençons par Rosalie… Pour le coup, c’est le personnage que je comprends le moins. Je m’explique : elle a cru trouver en François l’homme de sa vie. Elle travaillait avec lui, filait le parfait amour, elle rêvait de mariage et d’enfants, mais lui il est parti. C’est le cœur brisé qu’elle a rejoint l’immeuble, pour se jeter à corps perdu dans le yoga, le thé et l’encens. Allons, allons, allons… Des peines de cœur, que celui qui n’en a pas connues lève la main. Je vais m’adresser aux femmes rapidement : mesdames, honnêtement, un homme qui part ça arrive, ça fait pleurer un peu, ça fait manger quelques kilogrammes de chocolat et c’est reparti n’est-ce pas ? Ou alors je suis un monstre d’insensibilité, parce que je ne me vois pas abandonner toute ma vie et l’amour pour un homme qui n’a pas su m’aimer. Elle est cool Rosalie, mais j’avoue que ses raisons sont trop légères pour que je les valide. Tant pis si je suis classée comme peste officielle de la blogosphère. 😂

Ensuite parlons de Simone. Certes là, je la comprends déjà un peu mieux. Simone a été élevée à la campagne et a décidé de partir en Amérique latine, où elle rencontre l’amour de sa vie. De cette amour naît un petit garçon, Diego. Un jour, elle surprend son amoureux avec une jeune femme. Effondrée elle quitte le pays avec son enfant. Elle s’occupe seule de ce petit bout. Elle s’autorise cependant à aimer à nouveau, notamment en se réfugiant dans les bras de son professeur de danse, qui comme les autres hommes qu’elle a connus, lui fait comprendre qu’il ne restera qu’une nuit. Il est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, ni une, ni deux, Simone rejoint l’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes. Je peux comprendre Simone, elle n’a pas renoncé immédiatement, alors que mince, l’homme avec qui elle a fait un enfant l’a trompé et les autres n’ont pas fait mieux, je lui accorde une pause à Simone. Pas vous ?

Troisième locataire, Giuseppina. Je valide son besoin de refuge, sans négocier. Pourquoi elle plus que les autres ? Parce que nous avons tous nos expériences, notre ligne de conduite et nos convictions. Je me suis aperçue qu’instinctivement j’ai présenté les locataires d’après ma perception de la gravité de leurs soucis. C’est très personnel finalement, une chronique de blog en somme, où on accepte d’afficher ses avis, en prenant garde à rester bienveillant, tant avec l’auteur qu’avec l’ouvrage. Revenons à notre demoiselle Giuseppina… Sicilienne, brocanteuse, repoussant toute féminité et visiblement noyant sa peine dans la boisson de temps en temps, voilà le portrait. Mais comment en est-elle arrivée là ? Les hommes de sa famille sont machistes. Ils l’empêchaient de vivre (si mes souvenirs sont bons, je crois bien que l’un d’entre eux, père ou frère, a même levé la main sur elle) et l’ont mariée à un goujat qui a expédié vite fait la nuit de noce devant un match de foot. Franchement… Là, il y a de quoi leur vomir dessus, s’exiler ensuite dans l’immeuble interdit aux mecs, puis vomir à nouveau. Mais elle leur a laissé sa fille… C’est le point noir de ce personnage qui aurait enfin pu apporter un peu de féminisme dans ce roman qui laissait penser que nous allions voir le combat d’un petit groupe de femmes. Mais Giuseppina m’a déçue. Certes je comprends : oui elle devait partir, mais purée pas en laissant sa fille. Elle l’a condamnée à vivre la même chose qu’elle. Elle aurait dû se battre, sortir son enfant de ce schéma diabolique, c’est ce que j’attendais en tant que lectrice.

La Reine. Passons maintenant à elle. Celle qui a mis en place ces règles. Danseuse étoile dans sa jeunesse, elle faisait tomber les hommes comme des mouches. Elle le dit elle-même, elle aimait le frisson de la première rencontre, la douceur de la séduction, elle aimait l’étincelle dans les yeux de ces messieurs. Le seul a qui elle a voulu faire une vraie place est parti en la laissant toute seule. Elle me rappelle Rosalie finalement. Bien que l’histoire soit différente, une déception puis on s’enferme dans un immeuble et on dit « plus jamais » aux hommes. Non, à nouveau. On comprend également que ce personnage refuse de vieillir, elle déteste ce corps qui ne peut plus séduire (m’enfin, faudrait qu’elle essaye pour savoir s’il séduit encore ou non), ce visage qui se couvre de rides, ces articulations qui se rouillent, la fleur fane, l’étoile pâlit et entraîne dans sa chute quatre autres cœurs. Elle est bien égoïste cette Reine. Elle a mal géré sa vie, son amour, et condamne les autres à faire comme elle. Bref, bien qu’elle écrive une lettre touchante à la fin, disant à ses locataires qu’elle s’est trompée et qu’elles devraient toutes à nouveau chercher l’amour, elle n’a pas réussi à redorer son image à mes yeux.

Reste Juliette, qui remplace Carla partie en Inde. Juliette a un passé compliqué. Ses parents ne s’intéressaient pas à elle, je crois même qu’ils ne l’aimaient pas. Est-ce possible ? Je n’en sais rien, je n’ai pas été dans ce cas et je n’ai pas d’enfant. Dans tous les cas, ce personnage aurait pu être encore plus brisé que Giuseppina ! Mais elle est un rayon de soleil, pleine de vie, elle refuse d’abandonner ses rêves, elle refuse d’abandonner l’amour ! Finalement, elle est celle qui m’a le plus touchée. Elle fait preuve d’une détermination sans faille, elle tient tête à La Reine et ses trois sbires. Finalement, elle trouve l’amour (ouais c’est du spoil, mais tout l’article c’est du spoil, je m’explique plus bas). Pas dans les bras de Max comme on pourrait le penser au début (le vieux cliché du meilleur ami qui devient l’homme de sa vie), mais dans ceux d’un cordonnier (si mon cerveau a bien retenu). Bref, tout est bien qui fini bien pour elle, et elle emmène les autres avec elle !

Un gros article n’est-ce pas ? Je n’ai parlé que des personnages. Parce que malheureusement le livre aussi. L’auteur nous présente ses personnages, leurs passés, comment elles sont arrivées là, et c’est tout. Je ne dirais pas qu’il n’y a pas d’histoire, puisqu’il y en a cinq, mais le roman manque cruellement de passages dans le présent et d’actions. Finalement je suis restée sur ma faim. Je pense qu’avec un tel sujet, il y avait de quoi écrire quatre ou cinq cents pages de plus ! D’autant plus que Karine Lambert place avec brio des petites références qui font sourire les lecteurs, elle y met de l’humour, de la poésie, elle tenait un truc là…

Quelques extraits :

« Il n’y a que sur scène qu’on peut danser tous les jours la même chorégraphie avec son partenaire sans tomber. Dans la vie c’est plus périlleux. »

« Moi on m’appelle « Chuuuut » ! C’est vilain, mais c’est mieux que rien. Ca fait un petit bruit dans le silence. Le silence est immense. Il est froid. Il fait mal quand il s’enroule autour de moi. »

« Est-ce qu’on peut faire provision d’amour comme de sucreries ? »

« L’homme c’est le jeu, l’imprévu, un moment de folie. »

Je lirais avec plaisir les autres livres de Lambert. Je râle, mais j’ai tout de même passé un bon moment et remercie l’auteur pour toute cette poésie qu’elle nous offre. 🌺

MAGICAL SUMMER CHALLENGEAnecdote : Lu dans le cadre du Magical Summer Challenge 2019, menu « Sweet Cloud » catégorie « Smoothie Party ».

Bonne lecture ! Signé C.