L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes – Karine Lambert

Résumé : Cinq femmes d’âges et d’univers différents cohabitent dans un immeuble parisien. Elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre. L’arrivée d’une nouvelle locataire va bousculer leur équilibre. Juliette est séduite par l’atmosphère chaleureuse de cette ruche, à un détail près : l’entrée est interdite aux hommes. Va-t-elle faire vaciller les certitudes de ses voisines ou renoncer, elle aussi ?

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Note personnelle : ★ ★ ★  

Avis : Quelle belle idée ! Le titre à rallonge, typique des romans feel good, m’a immédiatement séduite, parce qu’il m’arrive d’être un petit mouton à la mode. J’ai imaginé des tonnes anecdotes drôles qui pourraient arriver à ces femmes qui ont renoncé aux hommes. C’est extrêmement enthousiaste que j’ai commencé cette lecture. 🌺

Je me suis parée d’un sourire, j’ai embarqué un paquet de madeleine, une tablette de chocolat, une tasse de thé, et enfin confortablement installée, j’ai commencé mon bout de chemin aux côtés de cinq femmes n’ayant qu’en commun leur lieu d’habitation (et les règles qui y sont imposées).

L’auteur nous fait découvrir, par des petites touches d’humour et de poésie, le passé mouvementé de ses personnages. Je vais tenter de vous donner mon point de vue sur ces femmes.

Commençons par Rosalie… Pour le coup, c’est le personnage que je comprends le moins. Je m’explique : elle a cru trouver en François l’homme de sa vie. Elle travaillait avec lui, filait le parfait amour, elle rêvait de mariage et d’enfants, mais lui il est parti. C’est le cœur brisé qu’elle a rejoint l’immeuble, pour se jeter à corps perdu dans le yoga, le thé et l’encens. Allons, allons, allons… Des peines de cœur, que celui qui n’en a pas connues lève la main. Je vais m’adresser aux femmes rapidement : mesdames, honnêtement, un homme qui part ça arrive, ça fait pleurer un peu, ça fait manger quelques kilogrammes de chocolat et c’est reparti n’est-ce pas ? Ou alors je suis un monstre d’insensibilité, parce que je ne me vois pas abandonner toute ma vie et l’amour pour un homme qui n’a pas su m’aimer. Elle est cool Rosalie, mais j’avoue que ses raisons sont trop légères pour que je les valide. Tant pis si je suis classée comme peste officielle de la blogosphère. 😂

Ensuite parlons de Simone. Certes là, je la comprends déjà un peu mieux. Simone a été élevée à la campagne et a décidé de partir en Amérique latine, où elle rencontre l’amour de sa vie. De cette amour naît un petit garçon, Diego. Un jour, elle surprend son amoureux avec une jeune femme. Effondrée elle quitte le pays avec son enfant. Elle s’occupe seule de ce petit bout. Elle s’autorise cependant à aimer à nouveau, notamment en se réfugiant dans les bras de son professeur de danse, qui comme les autres hommes qu’elle a connus, lui fait comprendre qu’il ne restera qu’une nuit. Il est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, ni une, ni deux, Simone rejoint l’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes. Je peux comprendre Simone, elle n’a pas renoncé immédiatement, alors que mince, l’homme avec qui elle a fait un enfant l’a trompé et les autres n’ont pas fait mieux, je lui accorde une pause à Simone. Pas vous ?

Troisième locataire, Giuseppina. Je valide son besoin de refuge, sans négocier. Pourquoi elle plus que les autres ? Parce que nous avons tous nos expériences, notre ligne de conduite et nos convictions. Je me suis aperçue qu’instinctivement j’ai présenté les locataires d’après ma perception de la gravité de leurs soucis. C’est très personnel finalement, une chronique de blog en somme, où on accepte d’afficher ses avis, en prenant garde à rester bienveillant, tant avec l’auteur qu’avec l’ouvrage. Revenons à notre demoiselle Giuseppina… Sicilienne, brocanteuse, repoussant toute féminité et visiblement noyant sa peine dans la boisson de temps en temps, voilà le portrait. Mais comment en est-elle arrivée là ? Les hommes de sa famille sont machistes. Ils l’empêchaient de vivre (si mes souvenirs sont bons, je crois bien que l’un d’entre eux, père ou frère, a même levé la main sur elle) et l’ont mariée à un goujat qui a expédié vite fait la nuit de noce devant un match de foot. Franchement… Là, il y a de quoi leur vomir dessus, s’exiler ensuite dans l’immeuble interdit aux mecs, puis vomir à nouveau. Mais elle leur a laissé sa fille… C’est le point noir de ce personnage qui aurait enfin pu apporter un peu de féminisme dans ce roman qui laissait penser que nous allions voir le combat d’un petit groupe de femmes. Mais Giuseppina m’a déçue. Certes je comprends : oui elle devait partir, mais purée pas en laissant sa fille. Elle l’a condamnée à vivre la même chose qu’elle. Elle aurait dû se battre, sortir son enfant de ce schéma diabolique, c’est ce que j’attendais en tant que lectrice.

La Reine. Passons maintenant à elle. Celle qui a mis en place ces règles. Danseuse étoile dans sa jeunesse, elle faisait tomber les hommes comme des mouches. Elle le dit elle-même, elle aimait le frisson de la première rencontre, la douceur de la séduction, elle aimait l’étincelle dans les yeux de ces messieurs. Le seul a qui elle a voulu faire une vraie place est parti en la laissant toute seule. Elle me rappelle Rosalie finalement. Bien que l’histoire soit différente, une déception puis on s’enferme dans un immeuble et on dit « plus jamais » aux hommes. Non, à nouveau. On comprend également que ce personnage refuse de vieillir, elle déteste ce corps qui ne peut plus séduire (m’enfin, faudrait qu’elle essaye pour savoir s’il séduit encore ou non), ce visage qui se couvre de rides, ces articulations qui se rouillent, la fleur fane, l’étoile pâlit et entraîne dans sa chute quatre autres cœurs. Elle est bien égoïste cette Reine. Elle a mal géré sa vie, son amour, et condamne les autres à faire comme elle. Bref, bien qu’elle écrive une lettre touchante à la fin, disant à ses locataires qu’elle s’est trompée et qu’elles devraient toutes à nouveau chercher l’amour, elle n’a pas réussi à redorer son image à mes yeux.

Reste Juliette, qui remplace Carla partie en Inde. Juliette a un passé compliqué. Ses parents ne s’intéressaient pas à elle, je crois même qu’ils ne l’aimaient pas. Est-ce possible ? Je n’en sais rien, je n’ai pas été dans ce cas et je n’ai pas d’enfant. Dans tous les cas, ce personnage aurait pu être encore plus brisé que Giuseppina ! Mais elle est un rayon de soleil, pleine de vie, elle refuse d’abandonner ses rêves, elle refuse d’abandonner l’amour ! Finalement, elle est celle qui m’a le plus touchée. Elle fait preuve d’une détermination sans faille, elle tient tête à La Reine et ses trois sbires. Finalement, elle trouve l’amour (ouais c’est du spoil, mais tout l’article c’est du spoil, je m’explique plus bas). Pas dans les bras de Max comme on pourrait le penser au début (le vieux cliché du meilleur ami qui devient l’homme de sa vie), mais dans ceux d’un cordonnier (si mon cerveau a bien retenu). Bref, tout est bien qui fini bien pour elle, et elle emmène les autres avec elle !

Un gros article n’est-ce pas ? Je n’ai parlé que des personnages. Parce que malheureusement le livre aussi. L’auteur nous présente ses personnages, leurs passés, comment elles sont arrivées là, et c’est tout. Je ne dirais pas qu’il n’y a pas d’histoire, puisqu’il y en a cinq, mais le roman manque cruellement de passages dans le présent et d’actions. Finalement je suis restée sur ma faim. Je pense qu’avec un tel sujet, il y avait de quoi écrire quatre ou cinq cents pages de plus ! D’autant plus que Karine Lambert place avec brio des petites références qui font sourire les lecteurs, elle y met de l’humour, de la poésie, elle tenait un truc là…

Quelques extraits :

« Il n’y a que sur scène qu’on peut danser tous les jours la même chorégraphie avec son partenaire sans tomber. Dans la vie c’est plus périlleux. »

« Moi on m’appelle « Chuuuut » ! C’est vilain, mais c’est mieux que rien. Ca fait un petit bruit dans le silence. Le silence est immense. Il est froid. Il fait mal quand il s’enroule autour de moi. »

« Est-ce qu’on peut faire provision d’amour comme de sucreries ? »

« L’homme c’est le jeu, l’imprévu, un moment de folie. »

Je lirais avec plaisir les autres livres de Lambert. Je râle, mais j’ai tout de même passé un bon moment et remercie l’auteur pour toute cette poésie qu’elle nous offre. 🌺

MAGICAL SUMMER CHALLENGEAnecdote : Lu dans le cadre du Magical Summer Challenge 2019, menu « Sweet Cloud » catégorie « Smoothie Party ».

Bonne lecture ! Signé C.

Dernier soupir – Lisa Jackson [saga]

Résumé : Selena Alvarez et Regan Pescoli le savent depuis longtemps : la réalité se fait parfois plus noire que nos cauchemars les plus sombres. Par exemple lorsque le shérif Grayson, leur chef dans la police de Grizzly Falls, est victime d’une tentative de meurtre et se retrouve entre la vie et la mort : un sniper a tenté de l’abattre alors qu’il sortait de son chalet dans les hauteurs de la ville. Sous le choc, les deux inspectrices se demandent très vite s’il existe un lien entre cette tentative d’assassinat et le meurtre récent de la juge Samuel-Picquard, dans les bois de Grizzly Falls. Et si les deux affaires sont liées, quelles peuvent bien être les motivations de ce tueur froid, implacable qui, elles le pressentent, ne s’arrêtera pas là ?

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Note personnelle : ★ ★

Avis : Encore une fois je tombe sur un roman issu d’une série de roman, c’est un running gag sur ce blog ! Il s’agit donc du cinquième tome de la saga « Alvarez et Pescoli » de Lisa Jackson.

Ces deux inspectrices collaborent pour trouver la personne qui a tiré sur leur supérieur, le shérif Dan Grayson. L’histoire commence (et termine) sur les chapeaux de roues contrairement à beaucoup de romans, mais se calme très vite. On passe d’une multitude d’actions et de tensions à des histoires de famille et une enquête basée essentiellement sur des témoignages et des interrogatoires.

Les quelques passages dans la peau du tueur, sans connaître son identité sont intéressants cela dit. J’aime beaucoup me plonger dans la psychologie des tueurs, comprendre leurs raisons et leur mode de fonctionnement, notamment parce que de mon point de vue le meurtre et la violence restent des comportements trop extrêmes et donc presque incompréhensibles.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas énormément apprécié cette lecture. Je souhaite quand même laisser une chance à cette saga, qui commençait pourtant bien. Peut-être est-ce uniquement ce tome qui manque de rythme. Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous faire votre propre avis. 😉

COLD WINTER CHALLENGEAnecdote : Roman lu dans le cadre du #ColdWinterChallenge 2018 menu « Stalactites ensanglantées » rapportant trois points. C’est la dernière lecture de ma PAL officielle. 🏆 P.S. : La photo n’est pas de moi mais du compte Instagram @chris_pleack à voir ici.

Bonne lecture ! Signé C.

5 romancières françaises spécialistes du thriller

Aujourd’hui, le 08 mars 2019, c’est la journée mondiale des droits de la femme, à cette occasion découvrez cinq romancières françaises, reines du thriller. 👸📚👑

Comment choisissez-vous les romans qui remplissent vos bibliothèques ? Grâce à la couverture sublime d’un livre, parce que l’auteur vous a convaincu, parce que le résumé vous plaisait tout simplement. Nous avons tous nos propres critères de sélection. 💖📚

Et si vous choisissez d’y mettre quelques ouvrages de romancières françaises ?

À noter que cet article risque de faire mentir les machistes qui pensent que les femmes ne peuvent pas écrire de romans, ou qu’elles n’écrivent que « des histoires à l’eau de rose ». Il est consacré aux femmes n’ayant plus à prouver leur talent en matière de thrillers !

Sans plus attendre : une liste de cinq romancières françaises qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie ! 📖✒

1. Karine Giébel

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Maître dans l’art des thrillers psychologiques ! Si vous hésitez sur lequel lire pour commencer votre collection, ne cherchez plus et jetez vous sur celui-ci : Purgatoire des innocents. Son roman « Jusqu’à ce que la mort nous unisse » a même été adapté en film ! 💖*

2. Claire Favan

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Une femme de lettres au talent époustouflant, auteure de romans policiers. L’un de ses romans permet de rentrer dans la tête d’un tueur en série : Le tueur intime, qui a reçu le prix VSD du polar 2010. 😱

3. Ingrid Desjours

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Cette romancière est diplômée en psychologie clinique et spécialisée en sexo-criminologie et autant dire qu’elle se sert admirablement de ses connaissances pour écrire ses romans ! L’un des thrillers psychologiques les plus marquants, né de sa plume : Sa vie dans les yeux d’une poupée. 😵

4. Fred Vargas

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Notamment connue pour sa série « Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg ». Fred Vargas est certes une excellente romancière, mais également une archéozoologue et médiéviste. Son roman « Pars vite et reviens tard » a été adapté en film. 🕵️‍♀️

5. Marie Neuser

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Élue nouvelle reine du thriller grâce à ses romans « Délicieuse » et « Je tue les enfants français dans les jardins ». De sa plume naissent des histoires passionnantes et addictives, vous ne pourrez plus lâcher ses livres. 🤫*


Si cet article ne vous a pas convaincu du talent des françaises, il ne reste qu’une chose à faire : lisez ces romans. 📚😉

Bonne lecture ! Signé C.

Photo by Mariana Vusiatytska on Unsplash

La quête des ours – Erin Hunter [saga]

Résumé : Ils sont trois oursons, nés sous des cieux différents. Kallik vit sur la banquise, qui fond chaque jour davantage. Toklo grandit dans une forêt abîmée par les hommes. Lusa, enfermée dans un zoo, rêve d’explorer le monde sauvage. Ils n’auraient jamais dû se rencontrer, et pourtant… Leur quête pour un monde meilleur ne fait que commencer !

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : De beaux romans jeunesse traitant de la pollution et des répercutions des choix des hommes sur la vie des animaux. Ils donnent une vraie leçon (tout comme « la guerre des clans » des mêmes auteures).

Comme vous avez pu le lire dans le résumé, il s’agit de l’histoire de trois ours, un ours brun, un ours polaire et un ours noir qui vont par la force des choses se retrouver à faire du chemin ensemble. Plein d’émotion, bien étudié pour plaire aux enfants (et à moi aussi), avec un message important à la clé.

Bref, pour moi qui suis une grande fan des ours c’était un pur plaisir de lire le premier cycle ! Je pense lire le deuxième pour le prochain Cold Winter Challenge.

J’en profite pour parler d’Erin Hunter : il s’agissait à la base de trois romancières britanniques qui se sont associées pour écrire les aventures de clans de chats (la guerre des clans),  rejointes ensuite par quatre autres romancières, deux romancières britanniques, une américaine et israélienne, pour écrire les trois séries.

Personnellement, je n’ai pas senti qu’il y avait plusieurs auteures, je pensais même que ces romans étaient réalisés par un seul et unique homme ! C’est pour dire à quel point elles sont fortes ces dames. Je les félicite pour ces merveilleuses histoires qu’elles nous offrent et par conséquent la générosité dont elles font preuve. Se cacher derrière un pseudonyme et donner chacune une part d’elles pour ces romans, je trouve ça magnifique comme geste. 💙🐻🐻🐻💙

COLD WINTER CHALLENGEAnecdote : Roman lu pour le #ColdWinterChallenge 2018, menu « marcher dans la neige ». ❄💙 Je remercie Jedi, mon adorable chat, qui est toujours prêt à poser pour mes photos (et à détruire mon sapin). 🐱 📚 Le premier tome m’a été offert par ma maman à Noël (2016) 📚

Bonne lecture ! Signé C.