Martin Eden – Jack London

Résumé : Martin Eden, un marin de vingt ans issu des quartiers pauvres d’Oakland, décide de se cultiver pour faire la conquête d’une jeune bourgeoise. Il se met à écrire, et devient un auteur à succès. Mais l’embourgeoisement ne lui réussit pas… Désabusé, il part pour les îles du Pacifique. Ce magnifique roman paru en 1909, le plus riche et le plus personnel de l’auteur, raconte la découverte d’une vocation, entre exaltation et mélancolie. Car la réussite de l’œuvre met en péril l’identité de l’écrivain. Comment survivre à la gloire, et l’unir à l’amour, sans se perdre soi-même ? Telle est la quête de Martin Eden, le marin qui désire éperdument la littérature.

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : Que ce soit le résumé ou la préface de l’édition Folio Classique, je ne suis complètement d’accord avec ce qu’ils en disent et je vais tâcher de vous expliquer pourquoi dans cet article.

Effectivement, Martin Eden est un jeune homme issu d’un milieu pauvre, qui va rencontrer une jeune femme d’une famille aisée et vouloir se cultiver, puis devenir un auteur à succès pour se sentir digne de l’épouser. Cependant, quand ils disent dans le résumé « Mais l’embourgeoisement ne lui réussit pas… Désabusé, il part pour les îles du Pacifique. », ils laissent sous-entendre qu’on va lire l’histoire de la fuite de la bourgeoisie, ce qui n’est pas le cas. Le roman parle de son envie et de ses sacrifices pour devenir quelqu’un d’important dans le monde de la littérature, pas de sa vie sur une île du Pacifique. Bref, je ne suis pas contente de leur résumé !

Dans la préface, ils expliquent également que Martin va tomber amoureux de Ruth, la jeune fille de bonne famille, puis d’une ouvrière. Et là, non. J’ai attendu pendant tout le roman que l’amour salvateur de cette ouvrière arrive et me débarrasse de Ruth, que je n’appréciais pas… J’imagine qu’il parle de Lizzie Connolly, qui est bien de la même classe que Martin, et dont il va s’occuper à la fin du roman. À aucun moment il n’éprouve de sentiments amoureux pour Lizzie, il la respecte, il respecte l’amour qu’elle a pour lui, il s’en occupe et s’en préoccupe mais il ne l’aime pas. Il l’aurait peut-être aimée s’il n’avait pas rencontré Ruth.

En parlant de ce personnage, que je détestais tant au tout début du roman, laissons Jack London nous la décrire…

C’était une créature pâle, séraphique ; elle avait de grands yeux d’un bleu céleste et une opulente chevelure d’or. Il eût été incapable de dire comment elle était vêtue. Il savait seulement que sa robe était aussi merveilleuse qu’elle. Il la compara à une pâle fleur d’or sur une tige frêle. Non, c’était plutôt un être spirituel, une divinité, une déesse ; une beauté aussi sublime n’était pas de ce monde.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Comment voulez-vous que je puisse apprécier Ruth en lisant cette description ? La fille très banale que je suis ne pouvait qu’exécrer cette créature divine. J’ai donc, dans un premier temps, détesté Ruth, ses manières, sa beauté, l’admiration et l’amour que Martin lui vouait. Probablement, je l’admets, par jalousie. Ruth est tout ce que je ne serais jamais. Forcément, sans pouvoir s’identifier aux personnages, un faussé est creusé entre le lecteur et son livre, ce qui me paraissait inconcevable. Je me suis donc identifiée à Martin Eden, malgré tout j’ai lu en ayant moins de sympathie pour lui, car je le trouvais finalement superficiel. Je l’ai même trouvé antipathique quand il rabaissait ses anciennes conquêtes et les autres filles moins bien nées que Ruth, celles qui s’abîment les mains et le dos au travail pour gagner quelques pièces.

Quant à Ruth… De mon point de vue, c’est une jeune femme élevée loin de la dure réalité du monde, qui tombe face à un homme qui va l’intriguer et la troubler. Si j’ai bien compris, Jack London laisse sous-entendre que cette femme est encore vierge. Et l’intérêt premier qu’elle a pour Martin Eden est très primaire, si on en croit la citation ci-dessous.

Il lui faisait peur et, en même temps il était étrangement plaisant d’être regardée ainsi. Son éducation l’avertissait de l’imminence d’un danger, de la séduction subtile et mystérieuse du péché, tandis que dans son être tout entier son instinct lui claironnait de ne pas s’arrêter aux barrières de classe et de position, et d’aller au-devant de ce voyageur venu d’un autre monde, ce jeune homme frustre aux mains lacérées, au cou marqué à vif d’une ligne rouge causée par le frottement d’un col de chemise inhabituel, et qui, cela n’était que trop évident, était sali et souillé par une vie dégradante. Elle était saine, et sa pureté se révoltait ; mais elle était femme, et elle commençait tout juste à apprendre le paradoxe de la femme.

Martin Eden (1909) – de Jack London

J’imagine donc qu’elle a une attirance qui est en majeure partie sexuelle. Elle va ensuite tenter de le modeler à son image, ou plutôt à l’image de son homme idéal. Elle en devient encore plus détestable à mes yeux. Martin est un jouet entre ses mains, le pire, c’est qu’il semble accepter la situation et même s’en réjouir.

Il redevint aussitôt de l’argile entre ses mains ; il était aussi éperdument désireux d’être modelé par elle qu’elle l’était de le façonner à l’image de son idéal masculin.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Mais plus l’histoire avant, plus Martin ajoute des cordes à son arc, plus Ruth s’efface. Elle qui était un être divin à ses yeux, commence à pâlir. Dans la première partie du roman, il souhaite être à la hauteur pour elle, être aussi cultivé, intelligent, il veut intégrer son monde. Ruth l’aide à sa manière et à l’impression d’effectivement réussir à le faire se plier à ses exigences. Martin va réussir à se sentir à la hauteur intellectuellement, voire même se sentir plus intelligent encore. Et cette sensation va faire s’écrouler ce monde qui lui semblait idyllique. Il ne cesse pas d’aimer Ruth pour autant.

Jamais elle n’aurait deviné qu’à ces moments-là, cet homme venu d’un milieu inférieur la dépassait par la grandeur et la profondeur de ses conceptions. Comme tous les esprits limités qui ne savent reconnaître de limites que chez les autres, elle jugea que ses propres conceptions de la vie étaient vraiment très vastes, que les divergences de vues qui les séparaient l’un de l’autre marquaient les limites de l’horizon de Martin et rêva de l’aider à voir comme elle, d’agrandir son esprit à la mesure du sien.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Puis dans une second partie, alors qu’il a conquit le cœur de jeune fille, c’est désormais l’accord de ses parents pour l’épouser qu’il va devoir obtenir. À ce moment-là, il y a un tournant de l’histoire. Martin va maintenant se donner corps et âme à sa carrière d’écrivain. Son but initial étant de gagner suffisamment d’argent (c’est une notion qui revient très fréquemment, du début à la fin du roman, l’argent reste présent) pour offrir une vie confortable à Ruth. Son combat, c’est pour elle, comme va très joliment l’écrire Jack London.

En dépit des trésors de beauté qu’il avait en lui et de son désir éperdu de créer, c’était pour elle qu’il se battait. Il était un amoureux d’abord et avant tout ; il subordonnait tout le reste à l’amour.

Martin Eden (1909) – de Jack London

De mon point de vue, à l’instar de Walter White dans Breaking Bad, s’il est vrai que sa première motivation est sa famille, ou ici l’amour de Ruth, plus il va maitriser son sujet, plus il va vouloir le faire pour lui-même. Il aurait très bien pu prendre un emploi comme lui demandait sans arrêt sa bien-aimée et travailler ses textes dans ses moments de liberté, pourtant, il s’obstine à ne vouloir faire qu’écrire, quitte à se mettre dans une situation compliquée. Par ailleurs, Ruth ne comprend absolument pas la beauté de sa littérature. Elle n’aime pas ce qu’il écrit et ne le soutien pas. Il continue pourtant à écrire jour et nuit, et se confronter aux éditeurs, essuyer des refus encore et encore. Jusqu’au moment où la jeune femme décide de se séparer de lui. C’est la dégringolade pour Martin. Perdre Ruth est l’élément déclencheur de cette descente aux enfers, quoi qu’encore l’enfer lui aurait procuré plus d’émotions et de sensations que ce qu’il va vivre par la suite et jusqu’à la fin du roman. Il va tout de même la recroiser quand il aura enfin du succès…

Pourquoi n’avez-vous pas eu cette audace plus tôt ? demanda-t-il d’une voix dure. Quand j’étais sans travail ? Quand je mourais de faim ? Quand j’étais ce que je suis aujourd’hui, le même Martin Eden, le même homme, le même artiste ? Telle est la question que je ne cesse de me poser jour après jour – non seulement à votre sujet mais à propos de tout le monde.
[…]
Je crains que vous ne m’ayez pas comprit, dit-il avec douceur. Je veux dire ceci : si vous m’aimez, comment se fait-il que vous m’aimiez tellement plus qu’à l’époque où votre amour était suffisamment médiocre pour me renier ?
[…]
Ils demeurèrent silencieux pendant un long moment ; elle réfléchissait, au comble du désespoir ; lui songeait à son amour défunt. Il comprenait à présent qu’il ne l’avait jamais vraiment aimée. Il avait aimé une Ruth idéalisée, un être séraphique qu’il avait créé de toutes pièces, la muse lumineuse de ses poèmes d’amour. La vraie Ruth, la bourgeoise, avec tous les travers de sa classe, les petitesses désespérantes de l’esprit bourgeois, celle-là, il ne l’avait jamais aimée.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Je comprends ce que Martin veut dire par là, mais je pense aussi qu’il se trompe. L’amour est souvent comparé à un feu et j’ai acquis la certitude que c’est bien le cas, il se rapproche plus d’une forme de vie que d’un objet figé. Il naît, il grandit, et selon la façon dont on le cultive il évolue de différentes manières, parfois ou plutôt souvent, il meurt doucement. Pour moi, l’un comme l’autre se sont aimés. Ruth, a été élevée dans un climat privilégié et connu que ça. Ce devait être compliqué pour elle, qui vivait dans une bulle créée par ses parents, de se sortir de ces habitudes trop bien ancrée, d’accepter d’aimer quelqu’un issu de la classe ouvrière, et de se rebeller contre sa famille quitte à perdre ses privilèges. Je ne dis pas que c’est impossible, elle aurait pu le faire, et aurait même dû le faire. Mais finalement, c’est une jeune femme plutôt fragilisée d’avoir vécu dans ce monde aseptisé, j’ai presque de la peine pour elle, parce que je pense que ses sentiments sont vrais même si elle se laisse guider par sa famille. Quant à Martin, idéalisée ou non, il a aimé Ruth. Elle lui a ouvert une porte sur le monde, même si cette porte ressemblait plutôt à celle d’une bibliothèque. Elle lui a donné l’envie de se surpasser et un but ultime. Qu’est-ce que c’est, sinon de l’amour, quand épouser la personne devient un but ? Oui bon, en laissant de côté les gens qui ne sont là que pour l’appât du gain… Ce n’est pas le cas de Martin, il n’en avait pas après sa fortune, peut-être un peu son mode de vie (donc indirectement son argent haha) mais dire qu’il ne l’a jamais aimée, c’est, à mon avis complètement faux. S’il l’a aimée en l’idéalisant, elle n’en était pas moins elle-même à ce moment. Elle a toujours la Ruth bourgeoise et pourtant il l’aimait. Et voilà pour Ruth et Martin !

Parlons maintenant de Martin et Brissenden. C’est un homme qu’il a rencontré chez Ruth, cultivé et intelligent, qui est du même monde que sa bien-aimée. Il va se prendre d’affection pour lui, notamment parce qu’il va se rendre compte qu’à la différence des autres personnes qui font partie de la bourgeoisie, lui n’est pas simplement cultivé, il ne se contente pas de répéter bêtement les leçons apprises par ses professeurs. De plus, il va reconnaître le génie de Martin, lire et apprécier ses textes avant tout le monde. Par ailleurs, ils vont se rendre compte qu’ils sont d’accord sur le monde de l’édition dont ils disent « Voilà où réside l’épouvantable paradoxe : les portes d’entrée de la littérature sont gardées par des cerbères qui sont les ratés de la littérature. Les rédacteurs en chef, leurs adjoints et associés, pour la plupart, les lecteurs de manuscrits qui travaillent pour les revues et les maisons d’édition, pour la plupart ou presque tous, sont des gens qui ont voulu écrire et qui n’ont pas réussi. » Brissenden est convaincu que Martin ne peut pas réussir dans ce monde, mais à la différence de Ruth qui ne le trouve pas bon, lui, le pense trop brillant.

Je sais ce que vous écrivez. Je le devine les yeux fermés. Il y a un ingrédient qui vous ferme la porte des magazines : la tripe. Les magazines ne savent que faire de cet organe. Ce qu’ils veulent, c’est du pipi de chat, et ils en sont bien arrosés, mais pas par vous.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Il y a également tout une partie politique en rapport avec Brissenden. Je pense que je suis passée à côté d’une partie importante de l’histoire, parce que la politique ne m’intéresse absolument pas et que je ne la comprends pas plus dans le roman que dans le monde actuel. Pourtant la notion de « socialisme » est souvent utilisée, son ami lui dit « Vous voyez, j’aimerais vous voir devenir socialiste avant de disparaître. Cela donnera une justification à votre existence. C’est la seule chose qui vous sauvera de la désillusion qui vous guette » et c’est même à cause d’un journalisme qui a complètement inversé le discours politique de Martin qu’il finit par perdre Ruth (plus d’une fois dans les dîners en famille, le père de Ruth lui parle de politique et ils sont en désaccord, sa mère se servira même de ce sujet pour les pousser à se quereller à nouveau et éloigner sa précieuse fille de Martin). Je vois l’importance de cette partie, sans pour autant réussir à bien la comprendre. Cela dit, ce n’est pas tout ce que fait Brissenden. Non content d’être la première personne à apprécier ses œuvres et à lui offrir de quoi survivre, il le prévient également, que Ruth ne sera pas une femme idéale pour lui. Il lui conseille de choisir une femme de la classe ouvrière (Hello Lizzie !), et il a parfaitement raison dans ce roman.

J’ajoute qu’il est inutile d’essayer de m’étouffer, je dirai ce que j’ai à dire. Si je comprends bien, vous en êtes encore aux amours juvéniles ; mais, au nom de la Beauté, choisissez mieux la prochaine fois ! Bon dieu ! qu’avez-vous à faire d’une fille de la bourgeoisie ? Laissez-les donc tranquilles. Trouvez-vous une belle et ardente dévergondée, qui se moque de la vie, raille la mort et aime à satiété. De telles femmes existent, et elle vous aimeront autant que n’importe laquelle des plantes pusillanimes sorties des serres chaudes de la bourgeoisie.
– Pusillanimes ? protesta Martin.
– Absolument, pusillanimes. Qui dégoisent la petite morale dont on les a gavées et ont peur de vivre leur vie. Celles-ci vous aimeront, Martin, mais elles aimeront bien davantage leur petite morale. Ce qu’il vous faut, c’est l’abandon magnifique à la vie, la liberté des grandes âmes, les papillons aux couleurs flamboyantes et non les petites phalènes grises.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Pour terminer avec cette amitié… Après que Ruth ait quitté Martin, Brissenden décède. Je pense que c’est surtout la perte de son ami qui lui fait totalement perdre pied. Il n’est pas la seule personne à avoir été présent pour Martin, il y a Maria chez qui il logeait et qui plu d’une fois à privé ses enfants de nourriture pour en donner à l’homme qui lui louait une chambre, elle l’a veillé et soigné quand il est tombé malade, bref, Maria était un soutien. Il y a aussi Gertrude sa sœur, dans une moindre mesure, qui l’invitait aussi à manger quand son mari était absent, et lui donnait de l’argent, même si elle lui demandait de trouver un emploi. Cependant, Brissenden est le seul à lui avoir apporté un soutien dans le domaine de la littérature, qui rappelons-le est devenu au fil du temps, sa vraie raison de vivre. Et donc, j’en conclu que finalement, c’est la plus grosse claque que lui met la vie. Après ça, il a finalement du succès, de l’argent et se met à haïr la terre entière.

Je vous dirais que la lune est un fromage vert, que vous applaudiriez, ou du moins que vous n’oseriez pas me contredire, parce que je suis riche. Et je suis le même qu’alors, quand vous me rouliez dans la boue, sous vos pieds.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Globalement, vous savez déjà tout sur Martin. Il rencontre Ruth, sous le charme il fait tout ce qu’il peut pour pouvoir s’intégrer dans son monde, puis se rend compte que ce monde n’est que de la poudre aux yeux mais reste amoureux de Ruth et du coup, il se lance dans une carrière littéraire en espérant devenir un écrivain connu pour pouvoir offrir une vie confortable à sa petite amoureuse et obtenir le consentement de ses parents pour l’épouser. Il rencontre en parallèle Brissenden qui va le conforter dans l’idée que le monde de l’édition et la bourgeoise sont deux choses ignobles dont il devrait se tenir loin. Il perd l’amour de Ruth, puis son ami décède. Bien sûr entre temps, Jack London nous raconte comment se fait cette ascension sociale, les efforts, les sacrifices, la faim, la fatigue… Jusqu’à ce qu’enfin il triomphe ! Mais la victoire a un goût amer et tout peut se résumer dans la phrase certainement la plus citée de ce roman « Ce n’est pas dans le succès d’une œuvre qu’on trouve sa joie, mais dans le fait de l’écrire. ».

Il se souvint des jours où il mourrait de faim, où personne ne l’invitait à dîner. C’était à ce moment-là qu’il avait besoin de repas, qu’il s’affaiblissait, manquait s’évanouir parce qu’il n’avait pas à manger, maigrissait parce qu’il criait famine. Étrange paradoxe. Quand il avait faim, personne ne le nourrissait, et maintenant qu’il pouvait s’offrir cent mille repas et perdait peu à peu l’appétit, on l’invitait de toutes parts. Où était la justice là-dedans, où était son mérite ? Il n’était pas différent d’alors. Il avait déjà fait tout son travail à l’époque.

Martin Eden (1909) – de Jack London

En se concentrant sur le personnage de Martin et en retraçant l’histoire, je vois un homme qui tombe amoureux évidemment, fait des efforts pour être aimé en retour et qui commence à rejeter ses origines, à détester la classe ouvrière, qui ne s’y sent plus à sa place lorsque ses connaissances le font se sentir supérieur à ces gens-là. Mais la tragédie c’est qu’il ne se sent pas plus à sa place parmi ceux qu’il admirait avant de se cultiver. Par-dessus le marché, il perd la femme qu’il aime, son but, sa raison de se battre et de vivre. Puis, pire encore, il perd son ami, la seule personne qui croyait en lui. C’est peut-être la véritable histoire d’amour de ce roman, sous la forme d’une amitié entre deux hommes. Ce sont deux personnes qui se voient, s’acceptent et s’admirent telles qu’elles sont. Il devrait être consolé par sa réussite littéraire, mais au contraire, il en veut aux gens de l’admirer une fois qu’il a eu du succès, alors qu’il estime être le même. Imaginez son état d’esprit à ce moment… Il n’a plus d’objectif, il ne sent plus à sa place nul part, il n’a plus l’amour (et je pense qu’il a très peur d’aimer à nouveau et s’en empêche), il n’a même plus la vraie amitié. Tout ce qu’il lui reste c’est de l’argent. Il est devenu apathique, il dort sans arrêt. Bref, il montre des signes évident de dépression. Et c’est là que je vais le admirer le personnage. Il va tenir toutes ses promesses. Rendre son argent au centuple à sa sœur, acheter une ferme laitière à Maria, une blanchisserie à Joe… Inconsciemment il règle toutes ses affaires avant d’embarquer sur un bateau, duquel il va se jeter.

Il montre la détermination à mourir que celle qu’il a eue pour vivre. Il combat l’instinct de survie. Et il triomphe à nouveau. C’est ça dernière victoire. Je vous laisse écouter ce passage lu par @clement.livres sur Instagram, que vous pouvez retrouver aussi sur Youtube.

Lecture de la scène de fin de Martin Eden (1909) de Jack London – Par @clement.livres

Pour finir, ce qui fait la beauté de ce roman, c’est l’évolution. Celle des personnages, de leurs sentiments, de leurs liens et relations. L’histoire en devient très réelle, très forte et très touchante. Ce n’est plus le bien contre le mal, il n’y a pas que des gentils et des méchants, le monde et les personnages ne sont pas figés. C’est une œuvre « humaine », je ne saurais pas dire si c’est le mot qui lui convient, mais c’est le mot que je souhaite lui attribuer.

Un petit mot pour Lizzie Connolly qui aime démesurément et inconditionnellement Martin Eden, mais ne va obtenir que son respect en retour de ses sentiments. Je ne comprends pas pourquoi il n’est pas en mesure de l’aimer, ni pourquoi il décide de la laisser sur le quai lorsqu’il embarque. Peut-être qu’elle aurait su rallumer la flamme avec toute la chaleur de son amour et ses couleurs flamboyantes de papillon. Par ailleurs, elle fait comme Martin finalement, elle accepte de prendre des cours pour devenir meilleure et pouvoir être aimée de cet homme qu’elle admire. Je suis triste pour ce personnage, je voulais vraiment parler d’elle avant de vous laisser !

Anecdote : Merci pour cette découverte mon futur auteur de best-seller. 🐺💖

Bonne lecture ! Signé C. 🐻

L’automne des Bookstagrammeurs #2 📚📸🐻

Les Bookstagrammeurs se sont surpassés cette année, tellement, qu’il me faut un second article pour partager leur travail. 🦊🍂

Cette fois, nous démarrons avec un compte anglophone @thereaderandthechef ! Je l’avais déjà présenté l’année dernière dans un article similaire. J’adore ce compte.

Un second compte anglophone, @alllora nous partage un magnifique travail.

Poursuivons un compte tout doux @ladyofbookshire ! Encore un compte anglophone, eux aussi on du talent, que voulez-vous ?

Définitivement, l’automne va bien aux bookstagrammeurs anglophone… Un nouveau compte plein de douceur @literary_nerd

Admirez les photos du compte @whisperingchapters 

Le dernier, le magnifique compte @myfriendsarefiction

BONUS : une artiste que j’adore et que j’ai découvert sur Instagram Emma du compte @leprinceaupetitpois

Signé C. 🐻🍂

L’automne des Bookstagrammeurs 📚📸🍂

Cette fois le blog est à l’heure ! Voyons si cette belle saison inspire nos amis Bookstagrammeurs.

Débutons par un compte français @page_en_sucre ! Avouez, vous êtes sous le charme de son feed automnal ! (Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul.)

Un second compte français, cocorico ! Un compte qui va plaire aux Potterhead : @leslecturesdedobby

Poursuivons avec le compte @lesinstants ! Encore un compte français. L’automne nous va bien !

Définitivement, les françaises subliment l’automne… Voici maintenant le compte de Laura @laurasreadings !

Admirez les photos du compte @unesourisetdeslivres_ !

Et le dernier de cet article, découvrez le fabuleux compte de @leahbookaddict

BONUS : pour les personnes sensibles aux arts graphiques, le très délicat compte russe @art.dariautumn

Signé C. 🐻🍂

Pumpkin Autumn Challenge – Édition 2021

🍂 On prend les mêmes et on recommence mamène ! Merci Guimause pour cette nouvelle édition du challenge automnal. 🍂

Rejoignez la page Facebook où les participants sont ravis d’échanger leurs expériences de ce challenge. Cliquez ici pour y accéder. 🎃

Je vous laisse maintenant aux bons soins de Guimause pour vous expliquer le concept de ce défi (que vous connaissez probablement aussi bien que moi). De mon côté j’ai choisi de me prêter au jeu en prenant les quatre menus et en lisant trois livres (minimum) par menus, ce qui nous fait une PAL de 12 livres (minimum). Cet article étant en évolution constante, je vous mettrais les liens de mes chroniques sur ces livres. 📚

Cette année encore, j’ai créé un badge que je mettrai en bas des articles pour signaler qu’il s’agit d’une lecture du PAC.

Découvrez sans plus attendre ma pile à lire ! Quatre menus, trois livres par menus (sauf pour le menu « Automne des mystères » qui propose de lire quatre livres).


Les sous-menus sont les suivants (cliquez sur l’intitulé du sous-menu pour retrouver la chronique du livre) :

🍪 Eh Jiji, tu ne trouves pas que ça sent drôlement bon à la Gütiokipänja ! (Parcours initiatique, jeunesse, famille, nourriture)
Soul Kitchen – Poppy Z. Brite
🍪 Il suffit de se souvenir de rallumer la lumière (Feel Good, santé mentale, émotion)
Zen altitude – Sonia Dagotor
🍪 J’ai un dragon et je n’hésiterais pas à faire feu ! (Humour, décalé, Anthropomorphisme, animaux)
La femme parfaite est une connasse ! – Marie-Aldine Girard et Anne-Sophie Girard


Les sous-menus sont les suivants (cliquez sur l’intitulé du sous-menu pour retrouver la chronique du livre) :

Le destin perdu (Temps, horloge, énigme, puzzle, historique, steampunk)
Les huit coups de l’horloge – Maurice Leblanc
Les ruines de l’Atlantide (Conte moral, philosophie, récit métaphorique, mythes et légendes)
Précis de Mythologie Scandinave – S. Ricard
En avant Yvette Tempête ! (Aventure, archéologie, artefact, voyage)
Le Dernier Oracle – James Rollins
Cabinet de curiosité (Arts, sciences, musée, singularité, étrangeté)
En quête de l’étrange : L’affaire Melmenac – Sélène Derose


Les sous-menus sont les suivants (cliquez sur l’intitulé du sous-menu pour retrouver la chronique du livre) :

👻 Gare, gare à la main de gloire ! (Voleur, thriller, policier, superstition, horreur, épouvante)
Damned Master – Katayama Shuu
👻 Double, double, toil and trouble (Sorcière, pièce de théâtre, prophétie, tragédie)
Pigpen – Kim carnby
👻 Le folklore de Chipenden (Créature surnaturelle, fantastique, obscure, fantasy)
Aime ton prochain – Chida Daisuke


Les sous-menus sont les suivants (cliquez sur l’intitulé du sous-menu pour retrouver la chronique du livre) :

🧚‍♀️ « La lunette de pierre, c’est extra ! Quand on veut voir ce qui ne se voit pas. » (Petit peuple, féérie, nature, nature writting)
Les ailes d’Alexanne, Tome 1 : 4 h 44 – Anne Robillard
🧚‍♀️ Nom d’une dune (Écologie, anticipation, science-fiction, post-apocalyptique)
L’Île du docteur Moreau – H. G. Wells
🧚‍♀️ Princesse princesse (Inclusivité, LGBTQI+, féminisme)
Le Deuxième Sexe, tome 1 : Les faits et les mythes – Simone de Beauvoir


Avez-vous participé ou participez-vous cette année au Pumpkin Autumn Challenge ? Avons nous des lectures communes ? Avez-vous déjà lu ces livres ? 🎃

Vous trouverez juste ici ma PAL de l’année 2020. 📚 🍂

Bon challenge, Signé C.