Zen altitude – Sonia Dagotor

Résumé : Et si une randothérapie au cœur de l’Italie pouvait aider tout à chacun à régler ses difficultés ? C’est en tout cas le concept qu’entend promouvoir le beau Francesco en accompagnant cinq Français légèrement égarés dans la vie mais prêts à se lancer dans l’ascension du Monte Meta. Bérénice craint les hommes. Stéphane veut arrêter de fumer. Fabrice souhaite vaincre sa timidité. Isabelle lutte contre son hypocondrie et Audrey est une mère au bord de la crise de nerfs. Inscrits de plein gré (ou presque), ils espèrent retrouver leur zen attitude, en altitude.

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : J’ai découvert Sonia Dagotor il y a quelques années, lors du Magical Summer Challenge 2019 (dont je n’ai jamais terminé les articles haha #shameonme), durant lequel j’ai lu Sortez-moi de là ! Ayant gardé un excellent souvenir de ce petit roman feel good, j’ai immédiatement pensé à elle lorsque j’ai vu cette catégorie dans le PAC 2021.

Les premières pages nous présentent les cinq futurs randonneurs et leurs névroses. Bérénice traumatisée par sa dernière histoire d’amour (nous connaissons tous une Béré), Stéphane qui souhaite arrêter de fumer, Isabelle la pharmacienne hypocondriaque, Audrey la maman célibataire débordée et déprimée, et enfin Fabrice le timide maladif. Je trouvais que les personnages étaient caricaturaux au début, mais finalement Sonia a réussi à les lisser suffisamment pour qu’ils soient crédibles et surtout attachants. Avant de continuer, un petit détail qui m’a fait sourire : les amies de Bérénice qui sont à l’origine de sa participation à la randothérapie, lui ont offert ce présent dans une carte d’anniversaire décrite ainsi « […] une carte originale avec un chien en position du lotus, ridicule, soit dit en passant. », vous l’aurez remarqué, il s’agit du chien de la couverture du roman.

Tout ce petit monde se retrouve donc à l’aéroport où ils doivent prendre un avion direction l’Italie. J’avais hâte de lire le passage de leur rencontre et je n’ai pas été déçue.

Les débuts ont été compliqués pour Stéphane surtout, puisqu’en plus de fumer comme un pompier, il se trouve qu’il a été abîmé par son divorce et n’a plus aucune idée de comment séduire une femme (ce qui se rajoute à sa lourdeur naturelle). Il tente naturellement de séduire Bérénice dès qu’il la voit. Mauvais choix ! La traumatisée de l’amour… Évidemment, ça s’est passé comme ça le devait : mal. Malheureusement ils se retrouvent côte à côte dans l’avion. Audrey et Fabrice se rencontrent également à l’aéroport où ils sont rejoints par Isabelle, eux aussi sont ensemble pendant l’aller, mais cela se passe bien mieux pour eux.

Arrive ensuite le trajet en bus où nous découvrons un peu plus la personnalité de chacun. Audrey lit un roman que vous connaissez probablement, ou au moins dont vous avez entendu parler « Il est grand temps de rallumer les étoiles » de Virginie Grimaldi. Ce n’est pas du tout mon type de lecture mais je le vois passer partout. Peut-être devrais-je me laisser tenter un jour.

Enfin, le petit groupe rencontre leur guide (hyper sexy), Francesco. Petit à petit, pendant la randonnée, nous nous rendons compte que ce dernier cache aussi une vilaine blessure. Ce sont les filles du groupe qui vont s’en rendre compte et le forcer à agir pour régler ce souci. Tout le reste du roman racontera leur randonnée, leurs interactions, les liens qui se créent, avec une touche d’humour à la Sonia Dagotor.

Quelques extraits (attention spoiler) :

« – Que tu penses à elle, pardi ! s’énerve Audrey. Que tu as eu un coup de foudre ! Que tu es amoureux ! Il y a tellement de choses qu’une femme aimerait entendre d’un homme… »
Audrey à Francesco

« Il se poste juste devant elle et glisse ses mains derrière la nuque de la jeune femme. Petit à petit, Audrey se détend. Des frissons parcourent son corps. Les larmes lui montent aux yeux sans qu’elle sache expliquer pourquoi.
– Tu es la plus jolie rencontre que j’aie faite depuis des lustres.
– Ah oui ? chuchote-t-elle. Je suis certaine que tu dis ça à toutes les femmes que tu croises.
– Je t’assure que non… »
Stéphane et Audrey

« – Bon ! Ce n’est pas grave ! Laisse-le prendre son bain tranquillement. Tu lui diras de ma part que je l’aime très fort, tout comme je t’aime aussi.
– Moi aussi, je suis amoureux.
– Tu es mignon, mon ange. Tu ne peux pas être amoureux de maman. Ce n’est pas pareil.
– Amoureux comme les papas avec les mamans ? demande le petit garçon.
– Voilà. On en reparlera à mon retour, d’accord ?
– D’accord, maman que j’aime jusqu’à mille. »
Audrey et son fils

« – Tu as pleuré ? dit-il en lui effleurant les joues.
– Un peu, avoue-t-elle.
– Ce n’est pas à cause de moi, j’espère.
– Un peu, répète-t-elle.
– Plus jamais tu ne pleureras à cause de moi. Ou alors, de joie…
Puisant en lui tout le courage qui lui avait échappé à ses seize ans, il se penche pour l’embrasser. »
Fabrice et Bérénice

Les personnages évoluent durant le séjour et l’auteure le fait ressentir. Par ailleurs, le fait que le guide ne soit pas parfait apporte la crédibilité nécessaire à l’histoire. Je ne cache pas que j’ai été très surprise par les couples qui se sont formés, je ne m’attendais pas à ceux-là mais ils sont bien finalement ! Petit bonus pour la scène du taxi… Classique des situations romantiques, haha, je suis sous le charme. C’est un roman parfait pour passer un moment sympathique.

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021, menu « Automne douceur de vivre », catégorie « Il suffit de se souvenir de rallumer la lumière » (Feel Good, santé mentale, émotion).

Bonne lecture ! Signé C.

Soul Kitchen – Poppy Z. Brite

Résumé : Rickey et G-man, deux chefs qui attirent les ennuis aussi vite que les succès, ouvrent, après Alcool, le restaurant le plus prisé de La Nouvelle-Orléans, un nouveau lieu sur un bateau typique du Mississipi… Et c’est dans un casino flottant qu’ils embarquent pour le dernier volet de leurs aventures, cette fois pimentées cajun…

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : J’avoue, j’avoue… Je commence à nouveau par un tome 3. En plus c’est le dernier ! Mais figurez-vous que je ne l’ai pas choisi ce roman, il s’est imposé à moi ! Je n’avais pas envie d’acquérir les deux premiers tomes. J’ai regardé les avis sur internet pour voir s’il était nécessaire de les avoir lus pour comprendre celui-ci mais ce n’était heureusement pas le cas.

Le prologue, qui se déroule dix ans plus tôt dans un autre restaurant, est finalement la partie la plus rythmée du roman. Nous découvrons Milford Goodman (haha, ce nom quoi…), un chef noir (eh oui, ça a toute son importance) qui en revenant au restaurant après son service, tombe sur sa supérieure agonisant dans son propre sang. La police débarque et l’embarque. J’ai cru suite à ça, que le roman allait tourner autour de la discrimination raciale, pourquoi pas même des erreurs judiciaires, et que nous allions suivre le parcours de Milford. Pas du tout ! Ou alors si, un peu.

Dis ans plus tard, ou quelques pages plus tard pour les lecteurs, nous découvrons un couple, G-man et Rickey, qui tiennent un restaurant au concept original, Alcool, dont les plats sont tous la particularité d’être préparés avec devinez quoi… De l’alcool évidemment. Au début je n’ai pas bien compris l’intérêt du prologue étant donné que Milford n’était absolument pas présent, mais finalement, il va revenir. Soyez patients, je dois vous parler d’abord d’un élément très important dans ce roman, je dirais même un des pivots de cette histoire : la blessure de Rickey. Ce dernier voulant soulever un sac d’huîtres se blesse au niveau des lombaires. Même si de base, un lumbago, c’est anecdotique dans la vie d’un adulte français (et j’insiste sur ce mot), et bien dans la vie d’un américain ce n’est pas le cas, surtout si ce dernier est aussi borné que notre cher Chef Rickey.

Cette blessure va provoquer les rebondissements de l’histoire. C’est à cause de celle-ci que Rickey va accepter de consulter l’un de ses clients, le Docteur Lamotte. Et c’est là que c’est important de se souvenir que l’histoire se déroule à Nouvelle-Orléans, donc, aux États-Unis ! Où le système de santé est très loin d’être aussi bon qu’en France. Le Docteur Lamotte va le dissuader de passer des radios à cause du coût élevé de celles-ci et se contenter de lui prescrire un puissant anti-douleur. Le souci avec ce type de médicaments, c’est qu’ils provoquent très fréquemment des addictions et autres effets secondaires dévastateurs. Loin de soigner les patients, ils se contentent de masquer une douleur. Et une grande partie du roman va tourner également autour de cette addiction. Dès la première consultation (Yo Doc Gynéco, comme ça va ti toué ?!), le Docteur Lamotte va proposer à Rickey un contrat de prestation consistant à créer un menu pour le restaurant gastronomique qu’il souhaite ouvrir au sein d’un casino (sur un bateau mais balek, ce n’est pas important). En lecteur prudent, vous avez sûrement comme moi, senti le danger pointer le bout de son sale museau. Rendre quelqu’un dépendant de vos services pour pouvoir l’exploiter, quelle belle idée de salopard… J’ai eu un doute en constatant que l’histoire avançait sans que Rickey accepte cette offre mais finalement il va l’accepter et c’est la que tout les lecteurs se disent « Mais voilà, mais c’était sûr en fait ! » (Comment ça va Sardoche ? Les nerfs, le clavier, l’écran ?).

C’est après cet épisode que Milford va revenir dans l’histoire. Après dix ans de prison, il a du mal à se réinsérer dans la vie, notamment professionnelle. G-man et Rickey vont lui proposer d’intégrer l’équipe d’Alcool, ce qu’il va évidemment accepter. Sa présence va engendrer de la haine pour le restaurant et ses propriétaires. Ce n’est pas très important, parce qu’au final, cette partie n’est pas traitée à fond par l’auteur. Il y a simplement Tanker qui va être viré par Rickey, parce qu’il a mal géré des menaces proférées durant les vacances du petit couple. Cela va amener un personnage plus que secondaire en fin de roman, qu’un G-man se sentant délaissé va embrasser une fois imbibé d’alcool… Aucun intérêt. Pourtant cette histoire avec Tanker va noircir quelques pages du roman. J’ai trouvé cette partie vraiment superflue. Bref !

Au-delà de la manipulation, des effets des médicaments et de l’addiction, le roman va aussi se pencher sur les conséquences de tout ça sur le couple G-man et Rickey. Au début c’est génial, les cachets augmentent la libido et réduisent douleur et stress de Rickey. Top ! Mais. Très vite c’est l’inverse qui va se produire. Le chef Rickey va s’assommer de médicaments, délaisser G-man et accepter le deal avec Lamotte pour obtenir encore plus d’ordonnance. Il va devoir partager son temps entre Alcool et Soul Kitchen. Par ailleurs, il va proposer Milford comme chef exécutif de ce deuxième restaurant. Il est temps que j’évoque enfin un personnage que l’on voit peu mais qui va être important : Clancy Fairbairn. L’auteur en parle très peu alors que finalement, c’est lui qui va apporter les seuls moments d’action. C’est tout ce que j’ai à en dire.

En somme, c’est un bon roman… Mais ! L’histoire aurait pu être plus intense si l’auteur avait travaillé et évoquer plus souvent la partie concernant Milford. Même si en l’état actuel les événements sont logiques, je trouve qu’il manque un peu de profondeur à cet ouvrage.

Petit bonus… La doctoresse vietnamienne. J’avoue que c’est un passage totalement anodin du roman pourtant j’ai adoré ce personnage et juste « Merci de l’avoir créé ».

Anecdote : Tout comme Chronique Alicienne, ce roman m’est tombé dans les mains sans que je ne le cherche ! Lui aussi, j’ai décidé de lui laisser une chance. La couverture était suffisamment originale pour que je lui accorde un peu de mon attention. Encore une fois, c’était un très bon choix que de le garder. 🥰

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021, menu « Automne douceur de vivre », catégorie « Eh Jiji, tu ne trouves pas que ça sent drôlement bon à la Gütiokipänja ! » (Parcours initiatique, jeunesse, famille, nourriture).

Bonne lecture ! Signé C.

Pumpkin Autumn Challenge – Édition 2021

🍂 On prend les mêmes et on recommence mamène ! Merci Guimause pour cette nouvelle édition du challenge automnal. 🍂

Rejoignez la page Facebook où les participants sont ravis d’échanger leurs expériences de ce challenge. Cliquez ici pour y accéder. 🎃

Je vous laisse maintenant aux bons soins de Guimause pour vous expliquer le concept de ce défi (que vous connaissez probablement aussi bien que moi). De mon côté j’ai choisi de me prêter au jeu en prenant les quatre menus et en lisant trois livres (minimum) par menus, ce qui nous fait une PAL de 12 livres (minimum). Cet article étant en évolution constante, je vous mettrais les liens de mes chroniques sur ces livres. 📚

Cette année encore, j’ai créé un badge que je mettrai en bas des articles pour signaler qu’il s’agit d’une lecture du PAC.

Découvrez sans plus attendre ma pile à lire ! Quatre menus, trois livres par menus (sauf pour le menu « Automne des mystères » qui propose de lire quatre livres).


Les sous-menus sont les suivants (cliquez sur l’intitulé du sous-menu pour retrouver la chronique du livre) :

🍪 Eh Jiji, tu ne trouves pas que ça sent drôlement bon à la Gütiokipänja ! (Parcours initiatique, jeunesse, famille, nourriture)
Soul Kitchen – Poppy Z. Brite
🍪 Il suffit de se souvenir de rallumer la lumière (Feel Good, santé mentale, émotion)
Zen altitude – Sonia Dagotor
🍪 J’ai un dragon et je n’hésiterais pas à faire feu ! (Humour, décalé, Anthropomorphisme, animaux)
La femme parfaite est une connasse ! – Marie-Aldine Girard et Anne-Sophie Girard


Les sous-menus sont les suivants (cliquez sur l’intitulé du sous-menu pour retrouver la chronique du livre) :

Le destin perdu (Temps, horloge, énigme, puzzle, historique, steampunk)
Les huit coups de l’horloge – Maurice Leblanc
Les ruines de l’Atlantide (Conte moral, philosophie, récit métaphorique, mythes et légendes)
Précis de Mythologie Scandinave – S. Ricard
En avant Yvette Tempête ! (Aventure, archéologie, artefact, voyage)
Le Dernier Oracle – James Rollins
Cabinet de curiosité (Arts, sciences, musée, singularité, étrangeté)
En quête de l’étrange : L’affaire Melmenac – Sélène Derose


Les sous-menus sont les suivants (cliquez sur l’intitulé du sous-menu pour retrouver la chronique du livre) :

👻 Gare, gare à la main de gloire ! (Voleur, thriller, policier, superstition, horreur, épouvante)
Damned Master – Katayama Shuu
👻 Double, double, toil and trouble (Sorcière, pièce de théâtre, prophétie, tragédie)
Pigpen – Kim carnby
👻 Le folklore de Chipenden (Créature surnaturelle, fantastique, obscure, fantasy)
Aime ton prochain – Chida Daisuke


Les sous-menus sont les suivants (cliquez sur l’intitulé du sous-menu pour retrouver la chronique du livre) :

🧚‍♀️ « La lunette de pierre, c’est extra ! Quand on veut voir ce qui ne se voit pas. » (Petit peuple, féérie, nature, nature writting)
Les ailes d’Alexanne, Tome 1 : 4 h 44 – Anne Robillard
🧚‍♀️ Nom d’une dune (Écologie, anticipation, science-fiction, post-apocalyptique)
L’Île du docteur Moreau – H. G. Wells
🧚‍♀️ Princesse princesse (Inclusivité, LGBTQI+, féminisme)
Le Deuxième Sexe, tome 1 : Les faits et les mythes – Simone de Beauvoir


Avez-vous participé ou participez-vous cette année au Pumpkin Autumn Challenge ? Avons nous des lectures communes ? Avez-vous déjà lu ces livres ? 🎃

Vous trouverez juste ici ma PAL de l’année 2020. 📚 🍂

Bon challenge, Signé C.


Démences – Graham Masterton


Résumé : 
Les 137 pensionnaires de l’asile, tous de dangereux criminels, avaient brusquement disparu sans laisser de trace. La police ne les avait jamais retrouvés. Comment aurait-on pu imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, qu’ils s’étaient réfugiés dans les murs mêmes de l’asile, à l’intérieur des murs ? Il n’y a que les fous pour croire sérieusement à l’efficacité de la magie noire. Et les fous furieux pour s’en servir.

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : Dès les premières pages vous êtes dans l’action ! Directement transporté dans le monde effrayant de Graham. Sous une pluie battante (il pleuvait dehors pendant ma lecture, c’était absolument parfait, la lecture idyllique) Jack au volant de sa voiture, croit voir un enfant qui la traverse, essayant de l’éviter il termine dans le paysage. Plus de peur que de mal ! Perturbé, il cherche l’enfant, ou l’animal qui vient de voir. Ne le trouvant pas, il hésite un moment avant de continuer les recherches, autant énervé qu’inquiet.

Lors de ce périple pluvieux, Jack tombe sur un édifice immense avec des tours de brique jaune ; et des ardoises gris-bleu luisantes ; et des rangées de fenêtres de style gothique. Un extrait du roman pour que vous vous représentiez bien l’endroit. Approchons un peu, voilà à quoi il ressemble de plus près : Son architecture était de style gothique autrichien, avec une tour carrée à chaque extrémité de sa façade longue de soixante-dix mètres, chacune avec une grappe de cinq flèches, et des balustrades ornementales en fer forgé faisant tout le tour des gouttières. Il y avait des visages partout. Des visages gris, en plomb, sur chacun des tuyaux d’écoulement. Des visages jaune d’ocre, sculptés dans la pierre, au-dessus des fenêtres. Des visages en fonte noire, aux coins des balustrades. Probablement plus d’une centaine, à tout prendre. A la différence de la plupart des gargouilles, cependant, aucun de ces visages n’était laid ou grotesque. Ils étaient tous paisibles, vénérables et sereins ; il y avait pourtant un détail étrange : chaque visage avait les yeux fermés, comme s’il était aveugle, ou endormi, ou mort.

Le quarantenaire fait le tour de la propriété, envisageant de l’acheter pour en faire un country-club. Nous avons le droit à une glaçante description de l’endroit, qui semble avoir été abandonné du jour au lendemain. Jack trouve des journaux sur le sol, extrait… Il ramassa un journal dont la manchette annonçait : « Le meurtre de Hall-Mills : Ouverture du procès ». La date était le 21 juin 1926. Probablement « le jour où tout a basculé », sinon, comment expliquer ces tasses à café dont le liquide semble s’être évaporé, la vaisselle encore dans les placards, les fleurs dans le vase ? Il est clair qu’il visite un endroit subitement abandonné il y a 62 ans de ça. Durant sa visite solitaire, il est poursuivit par… Eh bien nous ne savons pas. Quelque chose d’invisible. Il y revient en plus ! Quelques jours plus tard, avec sa secrétaire et son fils. Un détail m’a surprise : ils parlent de Donald Trump dans le roman.

Jack et Karen, sa secrétaire, retourne une fois de plus dans le bâtiment, accompagné de Randy. L’enfant avait vu l’une de ses fameuse personne dans le mur. Jack persuadé qu’il s’agissait d’un squatteur décide qu’il faut y retourner sur le champs. Mauvaise idée. Randy disparait… Ils ne retrouvent que son jouet, à moitié pris dans le mur de la cave. Pire encore, l’homme va être attaqué par deux mains qui sortent du sol ! Ils font ensuite la rencontre d’un ancien employé, qui habite à côté et reviens de temps à autre pour surveiller le bâtiment. Celui-ci leur donne rendez-vous le lendemain pour chercher le garçon. Lui aussi n’en sortira pas vivant. Il est littéralement râpé contre le mur de la cave ! Comme un chou sur une râpe, nous dit l’auteur, je pensais plutôt à du parmesan, mais la finalité c’est qu’il meurt dans d’atroces souffrances. Hormis ce mystère de « personnes dans le mur », il y en a un autre : une petite silhouette blanc grisâtre, encapuchonnée, sans visage… Nous la croisons à de nombreuses reprises. Elle est également à l’origine de l’accident de voiture de Jack, accident qui l’a mené à cet effrayant bâtiment. Cette silhouette l’a conduite à l’intérieur Des Chênes. Où Jack fait la connaissance de Lester, comme son fils… Lester lui explique que Quintus Miller est leur chef incontesté et qu’ils réclament la venue d’un prêtre, un en particulier, le prêtre. Évidemment l’homme part immédiatement à le recherche de cet homme, qu’il retrouve. Celui-ci lui explique que Quintus parlait d’évasion au moyen de la « Magie de Terre ». Une magie de druide, qui relie des lieux sacrés dont Stonehenge et Glastonbury mais également Les Chênes, par des lignes droites appelées lignes-ley. Le bâtiment serait le point central de ses lignes. Il aurait suffit d’user de cette magie pour se retrouver dans un labyrinthe souterrain permettant de sortir sur un autre site. Le Père Bell, le prêtre en question, a tracé un cercle d’eau bénite autour de la maison, y coinçant les internés, seul lui ou trois cardinaux agissant de concert. Évidemment, le prêtre n’a aucune envie de libérer les 137 patients emprisonnés. Sous la torture, il revient sur sa décision et ouvert les lignes-ley. Malheureusement, ça n’est pas terminé ! Les patients ne peuvent pas sortir de terre malgré le sacrifice du Père Bell. Pour définitivement les libérer ils ont besoin d’un sacrifice, le suivant : Un sacrifice de sang. Quoi d’autre ? Huit cents vies, une pour chaque mois de notre emprisonnement. Mais attention, nous parlons bien de 800 vies par personnes, soit 109 600 vies et probablement une de plus pour Randy…

Je vais condenser un peu plus le résumé. Nous avons de nombreux passages où des inconnus sont assassinés par les malades enfin libérés Des Chênes. Des descriptions avec du sang, de la chair à vif, de la souffrance, de la peur… Jack, Karen et un nouvel allié (deux en fait, mais le second meurt assez rapidement) trouvent petit à petit les étapes du rituel à suivre pour définitivement tuer ces fous. Malheureusement Jack est incarcéré pour kidnapping, puisqu’il n’a pas rendu Randy à Maggie pour son droit de visite. Grâce à Karen et son acolyte il arrive à sortir de la cellule en passant par le mur ! Il se rend jusqu’au Chêne, où il sauve Randy et arrive le combat final contre les aliénés… Qu’il gagne heureusement mais pas sans perte, Karen est assassinée par Quitus, lui-même tué par Jack. Les autres meurent dans l’incendie. Fin !

C’est un livre vraiment glauque. Il y a énormément de descriptions à vous donner la nausée, mais l’histoire est cohérente et palpitante. En comme, c’est un bon roman.

Anecdote : Roman lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2020, aïe aïe aïe… Décidément, le menu Badge PAC 2020automne des enchanteresses a été un gros soucis pour moi, j’ai décidé de reprendre une catégorie du menu automne frissonnant… Je suis Médée, vieux crocodile !

Bonne lecture ! Signé C.