FOCUS : Tome 2 – Autre-Monde – Maxime Chattam

Résumé : Imaginez un monde où la nature a repris le pouvoir, où les adultes sont redevenus sauvages et les enfants se sont assemblés en bandes pour survivre, où chaque promenade est une expédition, chaque jour passé, un exploit. Un monde recouvert par un océan de forêts, peuplé de créatures fabuleuses, traversé de courants étranges, d’énergies nouvelles. Un monde nouveau où trois adolescents tentent de déjouer les pièges d’une mystérieuse reine, acharnée à leur perte : Malronce. Oubliez tout ce que vous savez… pénétrez dans un Autre-Monde.

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : Un petit mot sur le prologue… Nous découvrons en quelques pages les Cyniks. L’échange entre deux adultes auquel nous assistons n’a rien de rassurant. Non contents de kidnapper les Pans pour la fameuse Quête des Peaux, ils s’en servent également comme esclaves ! Un bref passage nous présente un soldat de la Reine. Ce dernier porte un casque de fer, qui semble avoir remplacé sa chevelure, l’auteur nous dévoile qu’il s’agit d’une protection pour que ses pensées ne soient pas lus. Je n’y ai pas prêté attention sur le moment, mais plus tard en apprenant que le Raupéroden pouvait pénétrer dans les rêves de Matt (avouez-le, vous avez brièvement pensé à Harry et Voldemort), je me suis demandé si c’était pour se protéger de cette créature qu’ils portaient un casque de fer. J’ai également une hypothèse concernant le Raupéroden. Ou plutôt une intuition de lectrice : Je me demande s’il n’est pas le père de Matt.

Nous retrouvons l’Alliance des Trois sur le chemin qui mène à la Forêt Aveugle. Durant leur voyage, à court de vivres, ils s’arrêtent dans une galerie marchande, où ils font la rencontre d’un groupe de Pans aux règles bien étranges. Ces derniers bannissent les jeunes filles qui ont le malheur d’avoir leurs premières menstruations. Rassurez-vous, les garçons qui deviennent trop âgé le sont aussi. Ce qui nous mène à nous poser la question : que deviennent les Pans une fois devenus adultes ? Des Cyniks ? Autre chose ?

Cette communauté n’a reçu la visite d’un Long Marcheur depuis longtemps, ils ont peur de leurs altérations. Ce fût en somme, une très mauvaise escale pour Ambre… Mais pas pour les lecteurs qui adorent Plume, puisque nous découvrons qu’elle n’est pas la seule de son espèce ! Il existe des meutes de chiens sauvages et dangereux qui attaquent les Pans, et la race de Plume, ces chiens démesurément grands qui sont pacifistes.

Enfin, nous arrivons à la partie que j’attendais avec impatience ! La Forêt Aveugle. Une forêt aux arbres si grands que la lumière du jour n’y pénètre pas. L’alliance des Trois, suivie par Plume, s’enfonce dans l’obscurité. Ce passage m’a rappelé une saga que j’affectionnais enfant « Arthur et les Minimoys ». Vous aussi ? Après la découverte des « artichauds à miel », le trio tombe sur des plantes carnivores, puis d’étranges chitines phosphorescentes (Principal composant de l’exosquelette des arthropodes, voir sur Wikipédia). Plus loin, c’est un autre danger qui les guette. Un globe lumineux flotte à plusieurs mètres, à l’opposé de ce globe, la tête d’une créature à la gueule gigantesque, qui vous rappellera sans doute les baudroies des abysses… N’oubliez pas malgré tout ces dangers, que le principal reste le Raupéroden. Bien vite, celui-ci localise le trio.

Affublé d’armures en chitine de fourmi, un groupe de Pans sauvent nos héros (sauf Plume… #JePleureDesLarmesDeSang) des griffes des échassiers et du Raupéroden ! Une communauté étrange, à l’opposé de celle qu’ils avaient rencontrée quelques pages plus tôt. En effet, les Pans de la Forêt Aveugle ont subit une mutation impressionnant, rendant leurs cheveux, leurs yeux, leurs lèvres et leurs ongles verts. Au-delà de leur apparence surprenante, ce qui est le plus marquant, c’est qu’ils maîtrisent à la perfection leur altération. Au grand plaisir d’Ambre, un dernier point termine de les différencier de la précédente communauté, chez ceux qui se font appeler le peuple Gaïa, que Tobias se hâte de renommer en Kloropanphylle : ce sont des femmes qui sont aux pouvoirs.

« – Vous êtes conduit au Conseil des Femmes pour statuer sur votre sort, expliqua Orlandia.
– Les filles commandent votre communauté ? demanda Ambre.
– Oui. Nous sommes plus sages et moins impulsives que les garçons. Ils sont nos conseillers, ils savent analyser une situation, mais nous prenons les décisions.
– Et les garçons acceptent ?
– Ils sont ainsi débarrassés de toute pression, inclus dans le processus sans pour autant avoir à gérer les choix, personne ne s’en plaint. »

Je n’ai pu qu’aimer ce passage… Une parfaite harmonie entre les hommes et les femmes.

Notre trio se rend rapidement compte que les Kloropanphylles sont des cachottiers. Un secret est gardé derrière une porte sur laquelle ils ont gravé une tête de mort. Rien de rassurant, ce qui n’a pourtant pas arrêté l’Alliance des Trois. Après leurs avoirs ouverts leurs portes, fait découvrir leurs créations ingénieuses, partagé leurs vivres et leurs coutumes, le peuple de Gaïa s’est senti trahit, condamnant le petit groupe à croupir dans une cage, en attendant le sort qu’allait leur réserver le Conseil des Femmes. Là encore, ce n’était pas suffisant pour retenir Matt et ses amis. Ils fuient le Nid en volant un navire, avant de s’écraser sur les terres de la Reine Malronce.

Nous pouvons enfin découvrir la première cité des Cyniks. Babylone. Qui était, avant la tempête une université. Ambre et Tobias, que Matt n’a pu accompagner à cause des avis de recherche le concernant, découvre les horribles coutumes de cette communauté. L’esclavage des Pans dans un premier temps, qu’ils rendent dociles grâce à un anneau, fabriqué dans un alliage spécial, planté dans leur nombril comme un piercing. L’anneau ombilical. Puis ils tombent ensuite sur une ancienne connaissance… Colin ! Le traître de l’île des Manoirs que nous pensions mort. Celui-ci a échoué à prouver son utilité, se retrouvant sous la coupelle du Buveur d’Innoncence, qui semble le terroriser… Pendant ce temps, Matt resté en dehors de la cité aperçoit un convoi escorté par des Cyniks, enfermée dans une cage, il voit Plume. Son sang ne fait qu’un tour, il attaque les hommes pour libérer sa chienne. Un combat qui termine mal, puisque les deux amis sont capturés.

Ambre et Tobias remarquent par chance que Matt est prisonnier et que les soldats de la Reine l’embarque à bord d’un bateau. Où ce dernier va s’apercevoir avec joie que Plume est à bord. Revenons à notre duo, dans un premier temps, ils pensent cambrioler la boutique d’un personnage qui ne nous est pas étranger. Il s’agit de Balthazar, l’homme-serpent de New-York. Pris la main dans le sac, le Cynik loin de les dénoncer décide de les aider. Il leur apprend que certains adultes n’ont pas totalement perdu la mémoire. L’oncle de Doug n’était pas seul. Balthazar est sorti avec quelques souvenirs d’avant la Tempête, appelé Cataclysme par les adultes. D’autres encore ont vu une partie de leur mémoire préservée par leur perversion (ce qui n’est au demeurant pas une bonne nouvelle). N’ayant pas réussi à rejoindre le navire, le duo décide de demander de l’aide au Buveur d’Innocence.

C’est lors d’un pacte qu’Ambre doit se déshabiller sous le regard pervers de cet immonde Cynik. Bill de son prénom, n’a pas perdu totalement la mémoire, comme l’avait annoncé Balthazar, c’est la perversité de l’homme qui l’a sauvé. Nous comprenons que le Buveur d’Innocence est un pédophile. Malgré tout ils concluent un marché, un moment avec la jeune fille contre un moyen de récupérer Matt. Le duo monte donc à bord d’une nacelle portée par une méduse volante. Durant le voyage ils en apprennent plus sur « la Quête des Peaux ». La Reine Malronce s’est réveillé après la Tempête sur une table où une carte est gravée. Grâce à ses rêves, elle a compris que la peau d’un Pan doit être posée sur le « Testament de Roche » pour indiquer le lieu de leur rédemption. Pas n’importe quelle peau. Celle d’un enfant avec des grains de beauté disposés d’une façon particulière.

La méduse volante porte notre duo jusqu’à l’île d’Hénok, où il ne fait pas bon vivre, la nuit en tout cas. L’île construite sous une montagne n’est pas épargné par le danger, ici se sont les Mangeombres. Vous avez sûrement pensé aux Mange-morts d’Harry Potter. Ou peut-être que l’association entre les ombres et les Pans vous a plutôt rappelé la célèbre histoire de Peter Pan. Ambre est contrainte de rester avec le Buveur d’Innocence pendant que Tobias se fait passer pour un Pan « domestiqué » par Colin. Les deux garçons, comprenant que le plan initial est désormais impossible à réalisé se rabattent sur une autre idée. Colin présente Jon à Tobias. Jon est un adolescent souffrant de trouble dissociatif de l’identité, à ne pas confondre amis lecteurs avec la schizophrénie. C’est grâce à cette maladie qu’il peut momentanément annuler l’effet de l’anneau ombilical. Ensemble, ce nouveau trio décide de libérer les autres Pans afin de les faire rejoindre leur rang pour libérer Matt. Tout s’enchaîne très vite, le groupe attaqué par les Mangeombres arrive à rejoindre la méduse, malheureusement, trahit consécutivement par le Buveur d’Innocence puis par Colin, Tobias est absorbé par le Raupéroden, quant aux autres ils s’écrasent plus loin au nord, ajoutant encore d’autres Pans à la longue liste des morts.

Dans les dernières pages, alors que le groupe de rescapés tente de rejoindre Eden, la cité panesque, nous apprenons que l’enfant dont la peau est la précieuse carte n’est autre qu’Ambre. C’est elle que Malronce écorchera si elle lui met la main dessus. Ce qui laisse planer le mystère sur ce que la Reine compte faire de Matt et pourquoi celui-ci a tant d’importance à ses yeux. J’ai ma petite idée là-dessus, si vous me permettez de vous la confier… Je pense qu’elle est la mère de Matt. Tout simplement parce qu’elle le recherche activement, vivant et que s’il avait été le « Grand Plan » elle ne se serait pas embêté avec cette fameuse Quête des Peaux, n’est-ce pas ? Par ailleurs, le casque de fer, qui me laisse imaginer qu’elle est une rivale du Raupéroden, colle parfaitement avec mon hypothèse du début d’article. Papa et Maman sont les grands méchants !

Ce n’est pas dans ce tome qu’aura lieu la confrontation avec Malronce, comme je l’avais cru dans un premier temps. Une bonne raison d’aller immédiatement chercher dans ma bibliothèque le troisième tome ! 🍎

Anecdote :Badge PAC 2020 Lu pour le Pumpkin Autumn Challenge 2020, menu automne douceur de vivre, catégorie « A window to the past » (Sorcière, sorcier, mage, SFFF).

Bonne lecture, Signé C.

La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond – Serge Brussolo

Résumé : Femme scaphandrier, Lize Unke appartient à la brigade de police fluviale chargée d’enquêter sur la catastrophe du métro englouti. Qu’est-il réellement arrivé, ce jour-là, quand le plafond du tunnel a crevé, laissant le fleuve s’engouffrer dans le réseau souterrain pour noyer des kilomètres de galeries, de rames… et des milliers d’usagers ? Bien des années ont passé depuis le drame, mais l’énigme reste entière. On parle de survivants, prisonniers de poches d’air. Des survivants qui connaîtraient la vérité… mais que personne ne semble pressé de ramener à la surface. La solution du mystère est là, quelque part dans le labyrinthe des tunnels inondés. Lize, qui a perdu sa jeune sœur dans la catastrophe, s’est donné pour mission de faire la lumière sur cette étrange histoire. Décision imprudente s’il en est, car quoi de plus vulnérable qu’un scaphandrier perdu sous les eaux !

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis :
« D’abord il y a la fissure qui s’ouvre dans le plafond de la station. Cric-crac-criiic-criiic… »
La première phrase d’un roman qui va vous faire suffoquer d’angoisse.

Hydrophobes, abstenez-vous ! Brussolo n’a pas fini de nous faire frissonner. Je venais de refermer « La princesse noire », d’abandonner derrière moi les enfants infirmes, la crasse, la maladie et les mensonges, pour plonger dans l’horreur d’une station de métro inondée. Le lendemain, je dois avouer que j’ai regardé le plafond, en empruntant les couloirs de la ligne 9. J’ai même jeté un second coup d’œil en attendant que la rame qui circule entre Pont de Sèvre et Mairie de Montreuil arrive.

Contrairement à ma récente lecture de Brussolo qui m’a étrangement surprise de par sa fin optimiste, nous sommes cette fois en présence d’un grand classique de l’auteur ! Une atmosphère étouffante, une sensation de danger imminent qui ne vous lâche plus. Une héroïne forte et fragile à la fois. Une femme bouleversée, perdue, qui n’hésite pas à enfiler son scaphandrier pour plonger parmi les cadavres immergés à la recherche de celui de sa petite sœur, espérant peut-être au passage noyer sa peine dans l’eau trouble.

J’ai remarqué avec autant d’étonnement que de plaisir, qu’aucun homme n’a pris le pouvoir sur l’héroïne, ce qui est je trouve, très rare dans les œuvres de l’auteur. Cela dit, dans le roman « La princesse noire », il n’y avait pas non plus cette notion de soumission que je reproche souvent à mon auteur favori, juste un chantage d’un adolescent, mais au fond, Inga avait accepté cette situation.

Scaphandrier
Casque de scaphandrier en cuivre et laiton à 3 boulons.

Dans un premier temps, nous découvrons Lize, hantée par le souvenir de la catastrophe, cauchemardant sans relâche de la mort de sa sœur Nacha. Refusant catégoriquement d’accepter le diagnostic de la psychologue lui répète pour la énième fois que tout vient de sa peur de devenir mère. Pourtant, sans cesse, elle parle de la voûte qui crève « comme un ventre », de son métier de « fœtus d’acier », avec ce fameux « cordon ombilical » sans lequel elle succomberait à une asphyxie. Je dois vous avouer que j’ai trouvé cette psychologue antipathique. Pourtant, en tournant les pages, j’ai constaté que Lize comparait souvent son métier à la grossesse, pire encore, elle s’était obligée enfant à être une mère pour Nacha.

Toute cette partie s’atténue rapidement, laissant place à l’angoisse de la plongée. Le travail de Lize consiste à piller les tombeaux sous-marins, rien d’illégal, promis ! Ce système permet de récupérer les papiers d’identité des cadavres pour les recenser et ainsi permettre aux familles de faire leur deuil. L’héroïne s’obstine, malgré les problèmes de santé que cet emploi engendre, à s’immerger plusieurs heures dans l’eau. Seule, à la merci des scaphandriers clandestins, qui pourraient d’un seul coup de couteau dans le tuyau d’approvisionnement en air, la tuer. Cette persévérance vient du fait, comme dit plus haut, qu’elle veut à tout prix retrouver sa sœur. Morte ou vive. Car il a été prouvé qu’il existe des poches d’air où se sont réfugiés des survivants ! La seconde partie de son emploi consiste à déposer des vivres dans ces grottes pour permettre aux rescapés de s’alimenter, se laver, s’habiller, survivre en somme. Ces derniers refusent tout contact avec leurs potentiels sauveteurs.

Un jour, ne tenant plus, la jeune femme décide de chercher Gudrun, l’amie de Nacha, qui lui ressemble physiquement et qui de par sa carrière de comédienne est capable de l’imiter à la perfection. Elle espère obtenir des informations sur sa sœur qui ne souhaitant plus être autant couvée par son aînée, avait disparu trois ans avant l’accident du métro. Elle y descendait pour mendier en jouant de la guitare. Lize tentait de renouer un lien avec elle, mais Nacha continuait de lui tourner le dos, préférant la dangereuse compagnie de Gudrun. Ayant enfin trouvé la localisation de cette dernière, Lize va accepter sa proposition : des informations sur les trois années de la vie de sa sœur où elle n’a pas pu être présente, contre une nuit dans l’appartement de l’héroïne. Grâce à cet échange, Gudrun va réussir à semer le doute dans la tête de Lize. L’accident était-il réellement dû à un tremblement de terre ? Est-ce réellement parce que les sortir de là serait trop couteux que les autorités ont décidé de laisser les survivants sous terre ? Les scaphandriers clandestins ont-ils pour mission de rapatrier les corps pour les familles ? L’enquête commence.

Son dénouement est abominable. Nous comprenons au fil des pages, que ce qui a créer l’inondation est l’explosion d’un laboratoire militaire clandestin. Un lieu où les chercheurs s’évertuaient à trouver un moyen de faire « des guerres propres », sans cadavres pourrissants, sans destructions de bâtiments. Sortir les morts ou les vivants, dévoilerait la supercherie. Quant à nos clandestins, il est bien vrai qu’il repéchait les dépouilles au début, néanmoins l’activité bâtant de l’aile, ils se sont mis à répondre à des requêtes plus malsaines. Le gaz mis au point par le laboratoire a des propriétés très étranges, celle de momifier instantanément. Laisser les peaux des cadavres intactes et d’une belle couleur miel. Les riches ont commencé à s’intéresser à ce surprenant cuir. Les clandestins violaient les tombes immergées pour ce commerce morbide.

Après un court moment dans la poche de gaz principale, Lize perd toute notion de temps. Elle perd également ses capacités à réfléchir. Tantôt amorphe à cause de l’excès de CO2, tantôt galvanisée par celui d’oxygène, elle ne peut que vivre au rythme de la tribu dans laquelle elle a échoué. Un instant de lucidité lui permet de retrouver la trace de sa soeur, et la demoiselle elle-même après avoir traversé le couloir de la peur. Une bonbonne de gaz provocant des crises de panique déversait la substance dans ce lieu. La jeune femme qu’elle pense être Nacha ne daigne pas lui adresser la parole, défigurée selon les rumeurs, elle ne se sépare jamais de son masque, aussi Lize repartira sans la moindre certitude.

Le lecteur n’en sait pas plus que Lize. Une fin typique des romans de Serge Brussolo. Nous retrouvons notre héroïne, amorphe, incapable de savoir si la jeune femme du métro était bien Lize, ou si elle se tient devant elle en prenant le rôle de Gudrun. Pire encore, Brussolo répète mots pour mots des passages du roman faisant référence à la vie que mène les rescapés. Nous comprenons grâce à ses répétitions que le cerveau de Lize a subit des dégâts irrémédiables, tout comme les « survivants » elle perd la mémoire, elle alterne les phases d’apathie et d’euphorie. Une partie de cette femme restera emprisonnée à jamais dans la grotte des survivants…

Brusquement elle se sentit emplie d’une bouffée d’euphorie. Une mousse de bulles multicolores envahit son cerveau, et pour traduire sa joie elle ne sut que crier :
« Marathon ! Marathon ! »
Quand elle reprit son calme, Gudrun pleurait.

Les dernières phrases d’un roman qui va vous faire suffoquer d’angoisse.

Anecdote :Badge PAC 2020 Lu pour le Pumpkin Autumn Challenge 2020, menu automne frissonnant, catégorie « Esprit es-tu là ? » (Fantôme, fantôme du passé, famille, historique, classique). Comme vous pouvez le constater, il s’agit d’un fantôme du passé… Petit bonus : j’ai trouvé ce livre dans ces fameux grands bacs de livres d’occasion de la librairie Boulinier, à Paris bonne nouvelle ! 🎃📚

Bonne lecture, Signé C.

La princesse noire – Serge Brussolo

Résumé : Capturée puis vendue comme esclave par des pillards vikings, Inga est achetée par une étrange châtelaine surnommée « la Princesse noire ». Quel est le secret de cette femme solitaire qui règne en maître sur un manoir en ruine où elle recueille des enfants infirmes abandonnés par leurs parents ? Inga sent qu’un mystère pèse sur les lieux. Les adolescents dont elle a la garde chuchotent de bien curieuses histoires à propos d’une créature qui hanterait les souterrains. Un assassin qui, tel l’ogre des contes, viendrait à chaque nouvelle lune prélever son tribut de chair fraîche. Qui se cache sous le masque d’un dieu barbare pour commettre ses crimes en toute impunité ? Quelles manigances se trament dans le secret des oubliettes ?

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : Autant vous le dire : avant même le premier chapitre nous avons un avertissement écrit de la main de l’auteur. Avertissement qui concerne l’appellation des dieux vikings mais pas que ! Il nous parle de l’âge des protagonistes, qui nous paraîtront extraordinairement jeunes, mais nous assure qu’à cette époque on était considérés comme adulte à partir de 12 ou 13 ans… Connaissant l’auteur et les passages malsains dans ses livres, j’ai eu peur. C’est un génie de l’angoisse, qui n’a pas peur d’inclure fréquemment pour ne pas dire systématiquement, des scènes érotiques. Je fais abstraction habituellement, cependant, cette fois les protagonistes étant des enfants à mes yeux, j’ai eu envie de refermer le livre et le ranger, ce que je n’ai pourtant pas fait. Ma peur n’était pas fondée, rassurez-vous. Pour du Brussolo c’est relativement soft à ce niveau. Certes, il y a un passage avec quelques caresses sur le torse, entre deux adolescents. Rien de traumatisant non plus.

Nous suivons l’évolution d’Inga, jeune femme capturée puis vendue comme esclave par un groupe de vikings. Achetée par une femme mystérieuse, appelée Princesse Noire, nous la découvrons dans les premières pages aux côtés d’Inga, ensemble elles tentent de sauver un bébé abandonné dans le froid à la merci des loups. L’horreur commence très rapidement. L’enfant a été kidnappé sous leurs yeux, emmené dans un camp de « fabricants de monstres ». En effet, les nouveau-nés infirmes abandonnés par les familles vikings, qui espèrent les voir se faire dévorer par les loups, terminent parfois entre les griffes de ces groupes, qui à l’aide d’étranges machines de torture, comme des corsets de fer, contraignent leurs corps à grandir de travers. Ils les exhibent ensuite devant la foule, comme étant des trolls, gnomes et autres créatures… Le dernier enlevé a quant à lui eu « de la chance », car Inga et la Princesse ont réussi à le récupérer. Il grandira donc au Manoir des Deux Corbeaux, parmi la multitude d’enfants infirmes « sauvés » par la maîtresse des lieux.

Parlons-en du lieu d’ailleurs. Cet imposant manoir, s’avère finalement être un échec architectural. Voulant faire plaisir à sa Princesse, le défunt mari de celle-ci a décidé de céder à son caprice et lui construire le palais qu’elle souhaitait. Malheureusement les vikings n’étaient pas de bons maçons et ce qui devait être un véritable château, n’est finalement qu’un tas de pierres où le vent glacial s’engouffre par les nombreuses fissures. Les habitants sont dans un état encore plus pitoyable que la bâtisse. Des enfants infirmes, habillés de haillons, maigres et malades, jouant dans la fange du matin au soir. Nous apprenons que parmi eux se cache une vraie terreur, qui fait régner la peur, on lui prête une réputation de violeur et d’assassin… Skall de son prénom, s’avèrera finalement être un allié de taille pour Inga qui s’évertue à résoudre les mystères qui entourent cette île et sa Princesse.

En effet, le lecteur se fait trimballer de légendes en mystères, de mystères en mensonges et de mensonges en vérités relatives. Dans un monde de violence, de crasse et de maladie, Inga démêle le vrai du faux. En écoutant les versions de l’histoire, variant d’un personnage à l’autre. Il y a les villageois vikings qui craignent la Princesse Noire, ce prêtre qui la pourchasse en l’accusant de tous les péchés, il y a également la version des enfants du manoir et bien entendu celle de la principale intéressée. Parmi les mystères à élucider, nous avons le choix… Pourquoi la dame sauve-t-elle ces enfants abandonnés, qui est-elle réellement, quelle créature se cache dans les sous-sols du manoir, d’où vient cette bête volante qui attaque les troupeaux de moutons ?! Au fil des pages, Inga et le lecteur découvrent la triste vérité.

Contrairement aux fins généralement sombres auxquelles l’auteur nous a habitué, j’ai trouvé que cette fois, ça se terminait bien pour les protagonistes. Inga n’est pas devenue folle, ou esclave de je ne sais quel dégénéré. Le roman se termine sur son départ en mer avec les enfants qu’elle a pu sauver, quelle surprise ! Vous vous doutez que je vous conseille ce roman, comme je le fais chaque fois quand il s’agit de Serge Brussolo.

Anecdote : Badge PAC 2020Lu pour le Pumpkin Autumn Challenge 2020, menu automne frissonnant, catégorie « Les chimères de la Sylve rouge. » (Gothique, vampire, créatures de la nuit). Je dois avouer que le résumé m’a laissé croire qu’il s’agissait d’une histoire tournant autour d’une créature de la nuit…

Bonne lecture, Signé C.

Ma vie depuis que je suis blogueuse

Figurez-vous que tenir un blog a changé des choses dans ma vie. J’ai commencé très récemment ce blog, j’en avais déjà tenu quelques-uns, notamment quand j’étais adolescente à la grande époque des Skyblog, mais celui-ci est différent, je passe beaucoup plus de temps à travailler sur mes articles et à choisir les visuels, faire des photos et rechercher des sujets qui peuvent être intéressants à aborder.

Passons à la liste des changements ! 😊

Je délaisse Facebook au profit de Twitter et d’Instagram

photo-1520846665856-15771c7a57b3Au début c’était simplement pour partager mes articles. Je n’avais pas envie de le partager sur mon mur Facebook, à mes amis, qui ne lisent pas forcément. Sur Twitter c’est plus facile de trouver une communauté qui sera intéressée par ce que l’on publie, grâce aux hashtags et aux suggestions de contacts. C’est également le cas sur Instagram. Je partageais mes photos de livres sur Facebook il y a déjà longtemps, sans même savoir que ça avait un nom sur un autre réseau social : Bookstagrameuse. Ce qui fait pencher la balance, c’est aussi le côté très éphémère de Twitter. Depuis que je l’utilise régulièrement, je me rends compte que je préfère partager un tweet quand j’ai juste à dire quelque chose de futile comme « Je suis en train de galérer sur WordPress ». 🤭
Je ne pensais, avant d’avoir un blog, que la communauté des lecteurs était si développée, qu’il y avait des challenges, des discussions passionnées dans les commentaires. J’ai fait de belles rencontres grâce à ce blog et ces challenges. 😊

J’ai adopté la liseuse Kindle

kobo-glo-hd-640x498Avant de commencer à écrire sur mon blog, ma liseuse restait dans un tiroir. J’ai eu besoin de la ressortir pour lire un ebook (logique), et je me suis aperçue que la fonction « Note » était franchement pratique. Plutôt que de noter dans mon téléphone, sur un papier ou prendre une photo de la page, je gagne du temps en surlignant le texte et en ajoutant ma note. Il y a aussi l’aspect financier, les ebooks sont souvent moins chers que les livres papiers, ce que je peux tout à fait comprendre. Et dernière chose géniale c’est le gain de place ! Ma bibliothèque déborde, ça commence à être compliqué de ranger mes livres, ils s’entassent à côté, ou dans les armoires, c’est tragique. Les trois soucis que je trouve aux liseuses, c’est que… Ce n’est pas un livre. Ça n’a pas d’odeur, de poids dans les mains, il n’y a pas ce bruit de pages tournées. Le second point, c’est pour les photos pour le blog ou Instagram, forcément, ça donne des visuels moins variés et moins beaux, parce qu’un livre c’est beau et surtout ils sont tous différent. Le dernier point, c’est de recharger sa liseuse. J’ai été surprise seulement une fois à me retrouver à court de batterie mais j’aime mieux dire que c’est frustrant ! 😳

J’aborde mes lectures différemment

photo-1527544901013-b21533966828On a tous un avis sur nos lectures. Même s’il se résume à « j’aime » ou « je n’aime pas », on a un avis. Parfois des lectures nous touchent un peu plus, on a quelques phrases que l’on garde en tête, mais où les partager quand notre liste d’amis n’est pas composée en majorité de lecteurs ? C’est tout à fait possible de partager son avis sur son mur Facebook, cependant, c’est quand même plus agréable de se concentrer plus intensément sur sa lecture pour pouvoir la partager et voir si les autres ont pensé la même chose. J’avais un vrai besoin de dire ce que je pensais, quand je n’étais pas d’accord avec une idée ou au contraire que je me retrouvais dans les mots, quand un livre m’apprenait quelque chose (que ce soit une recette d’un autre pays, une maladie ou syndrome, une théorie…) ou même juste une phrase particulièrement poignante ou poétique. Je voulais partager, je voulais garder une trace de mes lectures. Bref, maintenant j’échange avec d’autres personnes passionnées et ça c’est la #kiffance.

Je passe du temps à faire des photos de mes livres

photo-1523865236457-3ae3358a4eaaPour alimenter mon profil instagram et pour avoir un blog plus personnalisé (déjà que la plupart de mes photos d’illustration viennent du site Unsplash), il faut bien prendre une photo que personne d’autre n’aura. J’aime bien ce côté plus artistique du blog. J’aimerais pouvoir faire de plus jolies photos, je fais avec les moyens du bord pour le moment. Armée de mon téléphone portable, avec un tasse de chocolat ou de café, une serviette en papier, parfois mes chats qui me font l’honneur de poser avec mes lectures, ou tout simplement avec la nature autour de chez moi. J’ai commencé à investir dans des produits de scrapbooking, ça reste léger parce que je ne serais jamais une photographe professionnelle, ni une bookstagrameuse de folie, mais j’espère pouvoir améliorer la qualité du blog avec le temps, parce que c’est devenu un passe-temps que j’apprécie énormément. 😊

Je participe à des challenges et à des tags

photo-1526566762798-8fac9c07aa98J’ai commencé mon blog quasiment en même temps que le début du Pumpkin Autumn Challenge 2018, et dès que j’ai vu ça, j’ai adoré ! C’était génial de constituer ma PAL, de créer un visuel pour vous la présenter, de commenter chaque lecture, de voir vos PAL et se rendre compte que nous avons des lectures et des goûts en commun et des goûts. En plus de ça, le plus magnifique c’est les rencontres. Je pense à une lectrice et bookstagrameuse avec qui j’ai discuté de la chance que nous avions d’avoir des bibliothèques municipales qui nous fournissent en lecture. Je pense aussi à une autre lectrice et blogueuse avec qui nous partageons l’amour du thriller (on a d’ailleurs décidé d’avoir une lecture en commun pour le Cold Winter Challenge). Et une dernière personne, sans blog apparemment qui était heureuse de m’avouer qu’elle n’appréciait pas spécialement les romances, qui avait décidé de se lancer des ces lectures à l’occasion du CWC, et qui en plus commence avec le même choix de livre que moi. N’est-ce pas magique internet ?! 😍

Vous l’aurez compris, ce qui change vraiment, c’est le partage. C’est aussi pour cette raison que je pose des questions en fin d’article (pas forcément dans les chroniques mais dans les articles quasiment systématiquement), parce que je souhaite ouvrir les discussions sur une passion. Et d’ailleurs, vous, avez-vous un blog ? Qu’est-ce que cela a changé pour vous ? Combien de temps y passez vous ? 😊

Bonne soirée. Signé C.