Sortez-moi de là – Sonia Dagotor

Résumé : Je me prénomme Madeleine. Je sais, c’est un prénom d’une autre époque et encore, vous ne savez pas tout !
Je viens de perdre ma mère avec qui je vivais dans notre maison en Auvergne. Ma mère a toujours décidé pour moi, mais rassurez-vous, je ne lui en veux pas. Même après sa mort, elle me commande encore. Sa dernière trouvaille, m’envoyer à Paris ! Pour une nana qui n’a jamais quitté son village natal, c’est une petite révolution. Mais je suis prête. Il était temps de me sortir de là. Je vous emmène avec moi ?

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Note personnelle : ★ ★ ★ ★

Avis : J’ai énormément rigolé en lisant ce roman. Dès le début j’ai été emballée. Juste en lisant le résumé, en voyant la couverture et le prénom du personnage principal, j’ai su que ça allait être un bon moment. Madeleine et moi avons un point commun, Paris nous a accueillies alors que nous étions déjà adultes… Bien que nos histoires soient différentes, l’appréhension du changement, l’arrivée à Paris, l’euphorie des premiers pas dans cette ville magnifique, m’a permis de me plonger dans quelques bons souvenirs qui datent déjà d’une petite décennie. 🤫😂

Mais voyons de plus près l’histoire de Madeleine. Son père est mort lorsqu’elle était petite, un début bien triste me direz-vous, pour un roman qui va pourtant beaucoup nous faire rire. Nous apprenons par la même occasion que Madeleine a été élevée par sa mère (seule), en Auvergne, dans un petit village que la jeune femme n’a jamais quitté. Sa mère n’était malheureusement pas démonstrative, et a laissé Madeleine devenir, aux yeux de la société, une vieille fille. C’est-à-dire que notre chère amie ne connait pas grand chose de la vie. Elle a un look dépassé, ne conduit pas, n’a pas de métier, et n’a pas connu les plaisirs charnels, excepté une fois avec… chuuuuut c’est son secret, vous l’apprendrez en lisant le roman. Bref, elle va s’apercevoir qu’elle ne connait pas grand chose de sa maman non plus, lorsqu’un notaire va lui expliquer qu’elle est l’unique propriétaire d’un appartement à Paris et lui confier une lettre de sa mère, dans laquelle la défunte l’invite à se rendre immédiatement à la capitale pour prendre s’installer dans son tout nouveau bien immobilier.

Commence ma partie préférée ! Paris. Vous savez maintenant que j’aime quand un roman se déroule dans la capitale française, voir les personnages évoluer dans cette magnifique ville, et quels personnages ! Notre chère Madeleine se retrouve devant la porte de l’immeuble où se trouve son appartement. Nous découvrons en même temps qu’elle l’existence salvatrice d’une marraine haute en couleur. Madeleine, renommée Maddy par ce nouveau membre de la famille, va alors enchaîner les péripéties. Elles commencent par la découverte d’un locataire dans l’appartement de Maddy, un certain Jacky, jeune, beau, adorable et (mais ?) en couple. Se poursuivent par un relooking dans un magasin très spécial. Puis, nous emmènent dans les méandres de la séduction. Au-delà du rire, le roman nous fait une piqûre de rappel : pensez à vivre, pensez à aimer, temps que vous le pouvez encore. 🥰

En somme ce roman est un petit bonbon ! Une ode à la vie. Il est rythmé, plein d’humour, d’amour, de tendresse, d’émotions, de situations abracadabrantesques, la quasi-totalité de l’histoire se déroule dans notre belle capitale… Autant vous le dire, je ne voulais pas qu’on me « sorte de là ».

MAGICAL SUMMER CHALLENGE.pngAnecdote : Lu dans le cadre du Magical Summer Challenge 2019, menu « Sweet Cloud » catégorie « Ice cream ». La photo utilisée vient du compte Instagram @laetitiadupont.auteure à retrouver ici.

Bonne lecture ! Signé C.

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes – Karine Lambert

Résumé : Cinq femmes d’âges et d’univers différents cohabitent dans un immeuble parisien. Elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre. L’arrivée d’une nouvelle locataire va bousculer leur équilibre. Juliette est séduite par l’atmosphère chaleureuse de cette ruche, à un détail près : l’entrée est interdite aux hommes. Va-t-elle faire vaciller les certitudes de ses voisines ou renoncer, elle aussi ?

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Note personnelle : ★ ★ ★  

Avis : Quelle belle idée ! Le titre à rallonge, typique des romans feel good, m’a immédiatement séduite, parce qu’il m’arrive d’être un petit mouton à la mode. J’ai imaginé des tonnes anecdotes drôles qui pourraient arriver à ces femmes qui ont renoncé aux hommes. C’est extrêmement enthousiaste que j’ai commencé cette lecture. 🌺

Je me suis parée d’un sourire, j’ai embarqué un paquet de madeleine, une tablette de chocolat, une tasse de thé, et enfin confortablement installée, j’ai commencé mon bout de chemin aux côtés de cinq femmes n’ayant qu’en commun leur lieu d’habitation (et les règles qui y sont imposées).

L’auteur nous fait découvrir, par des petites touches d’humour et de poésie, le passé mouvementé de ses personnages. Je vais tenter de vous donner mon point de vue sur ces femmes.

Commençons par Rosalie… Pour le coup, c’est le personnage que je comprends le moins. Je m’explique : elle a cru trouver en François l’homme de sa vie. Elle travaillait avec lui, filait le parfait amour, elle rêvait de mariage et d’enfants, mais lui il est parti. C’est le cœur brisé qu’elle a rejoint l’immeuble, pour se jeter à corps perdu dans le yoga, le thé et l’encens. Allons, allons, allons… Des peines de cœur, que celui qui n’en a pas connues lève la main. Je vais m’adresser aux femmes rapidement : mesdames, honnêtement, un homme qui part ça arrive, ça fait pleurer un peu, ça fait manger quelques kilogrammes de chocolat et c’est reparti n’est-ce pas ? Ou alors je suis un monstre d’insensibilité, parce que je ne me vois pas abandonner toute ma vie et l’amour pour un homme qui n’a pas su m’aimer. Elle est cool Rosalie, mais j’avoue que ses raisons sont trop légères pour que je les valide. Tant pis si je suis classée comme peste officielle de la blogosphère. 😂

Ensuite parlons de Simone. Certes là, je la comprends déjà un peu mieux. Simone a été élevée à la campagne et a décidé de partir en Amérique latine, où elle rencontre l’amour de sa vie. De cette amour naît un petit garçon, Diego. Un jour, elle surprend son amoureux avec une jeune femme. Effondrée elle quitte le pays avec son enfant. Elle s’occupe seule de ce petit bout. Elle s’autorise cependant à aimer à nouveau, notamment en se réfugiant dans les bras de son professeur de danse, qui comme les autres hommes qu’elle a connus, lui fait comprendre qu’il ne restera qu’une nuit. Il est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, ni une, ni deux, Simone rejoint l’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes. Je peux comprendre Simone, elle n’a pas renoncé immédiatement, alors que mince, l’homme avec qui elle a fait un enfant l’a trompé et les autres n’ont pas fait mieux, je lui accorde une pause à Simone. Pas vous ?

Troisième locataire, Giuseppina. Je valide son besoin de refuge, sans négocier. Pourquoi elle plus que les autres ? Parce que nous avons tous nos expériences, notre ligne de conduite et nos convictions. Je me suis aperçue qu’instinctivement j’ai présenté les locataires d’après ma perception de la gravité de leurs soucis. C’est très personnel finalement, une chronique de blog en somme, où on accepte d’afficher ses avis, en prenant garde à rester bienveillant, tant avec l’auteur qu’avec l’ouvrage. Revenons à notre demoiselle Giuseppina… Sicilienne, brocanteuse, repoussant toute féminité et visiblement noyant sa peine dans la boisson de temps en temps, voilà le portrait. Mais comment en est-elle arrivée là ? Les hommes de sa famille sont machistes. Ils l’empêchaient de vivre (si mes souvenirs sont bons, je crois bien que l’un d’entre eux, père ou frère, a même levé la main sur elle) et l’ont mariée à un goujat qui a expédié vite fait la nuit de noce devant un match de foot. Franchement… Là, il y a de quoi leur vomir dessus, s’exiler ensuite dans l’immeuble interdit aux mecs, puis vomir à nouveau. Mais elle leur a laissé sa fille… C’est le point noir de ce personnage qui aurait enfin pu apporter un peu de féminisme dans ce roman qui laissait penser que nous allions voir le combat d’un petit groupe de femmes. Mais Giuseppina m’a déçue. Certes je comprends : oui elle devait partir, mais purée pas en laissant sa fille. Elle l’a condamnée à vivre la même chose qu’elle. Elle aurait dû se battre, sortir son enfant de ce schéma diabolique, c’est ce que j’attendais en tant que lectrice.

La Reine. Passons maintenant à elle. Celle qui a mis en place ces règles. Danseuse étoile dans sa jeunesse, elle faisait tomber les hommes comme des mouches. Elle le dit elle-même, elle aimait le frisson de la première rencontre, la douceur de la séduction, elle aimait l’étincelle dans les yeux de ces messieurs. Le seul a qui elle a voulu faire une vraie place est parti en la laissant toute seule. Elle me rappelle Rosalie finalement. Bien que l’histoire soit différente, une déception puis on s’enferme dans un immeuble et on dit « plus jamais » aux hommes. Non, à nouveau. On comprend également que ce personnage refuse de vieillir, elle déteste ce corps qui ne peut plus séduire (m’enfin, faudrait qu’elle essaye pour savoir s’il séduit encore ou non), ce visage qui se couvre de rides, ces articulations qui se rouillent, la fleur fane, l’étoile pâlit et entraîne dans sa chute quatre autres cœurs. Elle est bien égoïste cette Reine. Elle a mal géré sa vie, son amour, et condamne les autres à faire comme elle. Bref, bien qu’elle écrive une lettre touchante à la fin, disant à ses locataires qu’elle s’est trompée et qu’elles devraient toutes à nouveau chercher l’amour, elle n’a pas réussi à redorer son image à mes yeux.

Reste Juliette, qui remplace Carla partie en Inde. Juliette a un passé compliqué. Ses parents ne s’intéressaient pas à elle, je crois même qu’ils ne l’aimaient pas. Est-ce possible ? Je n’en sais rien, je n’ai pas été dans ce cas et je n’ai pas d’enfant. Dans tous les cas, ce personnage aurait pu être encore plus brisé que Giuseppina ! Mais elle est un rayon de soleil, pleine de vie, elle refuse d’abandonner ses rêves, elle refuse d’abandonner l’amour ! Finalement, elle est celle qui m’a le plus touchée. Elle fait preuve d’une détermination sans faille, elle tient tête à La Reine et ses trois sbires. Finalement, elle trouve l’amour (ouais c’est du spoil, mais tout l’article c’est du spoil, je m’explique plus bas). Pas dans les bras de Max comme on pourrait le penser au début (le vieux cliché du meilleur ami qui devient l’homme de sa vie), mais dans ceux d’un cordonnier (si mon cerveau a bien retenu). Bref, tout est bien qui fini bien pour elle, et elle emmène les autres avec elle !

Un gros article n’est-ce pas ? Je n’ai parlé que des personnages. Parce que malheureusement le livre aussi. L’auteur nous présente ses personnages, leurs passés, comment elles sont arrivées là, et c’est tout. Je ne dirais pas qu’il n’y a pas d’histoire, puisqu’il y en a cinq, mais le roman manque cruellement de passages dans le présent et d’actions. Finalement je suis restée sur ma faim. Je pense qu’avec un tel sujet, il y avait de quoi écrire quatre ou cinq cents pages de plus ! D’autant plus que Karine Lambert place avec brio des petites références qui font sourire les lecteurs, elle y met de l’humour, de la poésie, elle tenait un truc là…

Quelques extraits :

« Il n’y a que sur scène qu’on peut danser tous les jours la même chorégraphie avec son partenaire sans tomber. Dans la vie c’est plus périlleux. »

« Moi on m’appelle « Chuuuut » ! C’est vilain, mais c’est mieux que rien. Ca fait un petit bruit dans le silence. Le silence est immense. Il est froid. Il fait mal quand il s’enroule autour de moi. »

« Est-ce qu’on peut faire provision d’amour comme de sucreries ? »

« L’homme c’est le jeu, l’imprévu, un moment de folie. »

Je lirais avec plaisir les autres livres de Lambert. Je râle, mais j’ai tout de même passé un bon moment et remercie l’auteur pour toute cette poésie qu’elle nous offre. 🌺

MAGICAL SUMMER CHALLENGEAnecdote : Lu dans le cadre du Magical Summer Challenge 2019, menu « Sweet Cloud » catégorie « Smoothie Party ».

Bonne lecture ! Signé C.