Soul Kitchen – Poppy Z. Brite

Résumé : Rickey et G-man, deux chefs qui attirent les ennuis aussi vite que les succès, ouvrent, après Alcool, le restaurant le plus prisé de La Nouvelle-Orléans, un nouveau lieu sur un bateau typique du Mississipi… Et c’est dans un casino flottant qu’ils embarquent pour le dernier volet de leurs aventures, cette fois pimentées cajun…

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : J’avoue, j’avoue… Je commence à nouveau par un tome 3. En plus c’est le dernier ! Mais figurez-vous que je ne l’ai pas choisi ce roman, il s’est imposé à moi ! Je n’avais pas envie d’acquérir les deux premiers tomes. J’ai regardé les avis sur internet pour voir s’il était nécessaire de les avoir lus pour comprendre celui-ci mais ce n’était heureusement pas le cas.

Le prologue, qui se déroule dix ans plus tôt dans un autre restaurant, est finalement la partie la plus rythmée du roman. Nous découvrons Milford Goodman (haha, ce nom quoi…), un chef noir (eh oui, ça a toute son importance) qui en revenant au restaurant après son service, tombe sur sa supérieure agonisant dans son propre sang. La police débarque et l’embarque. J’ai cru suite à ça, que le roman allait tourner autour de la discrimination raciale, pourquoi pas même des erreurs judiciaires, et que nous allions suivre le parcours de Milford. Pas du tout ! Ou alors si, un peu.

Dis ans plus tard, ou quelques pages plus tard pour les lecteurs, nous découvrons un couple, G-man et Rickey, qui tiennent un restaurant au concept original, Alcool, dont les plats sont tous la particularité d’être préparés avec devinez quoi… De l’alcool évidemment. Au début je n’ai pas bien compris l’intérêt du prologue étant donné que Milford n’était absolument pas présent, mais finalement, il va revenir. Soyez patients, je dois vous parler d’abord d’un élément très important dans ce roman, je dirais même un des pivots de cette histoire : la blessure de Rickey. Ce dernier voulant soulever un sac d’huîtres se blesse au niveau des lombaires. Même si de base, un lumbago, c’est anecdotique dans la vie d’un adulte français (et j’insiste sur ce mot), et bien dans la vie d’un américain ce n’est pas le cas, surtout si ce dernier est aussi borné que notre cher Chef Rickey.

Cette blessure va provoquer les rebondissements de l’histoire. C’est à cause de celle-ci que Rickey va accepter de consulter l’un de ses clients, le Docteur Lamotte. Et c’est là que c’est important de se souvenir que l’histoire se déroule à Nouvelle-Orléans, donc, aux États-Unis ! Où le système de santé est très loin d’être aussi bon qu’en France. Le Docteur Lamotte va le dissuader de passer des radios à cause du coût élevé de celles-ci et se contenter de lui prescrire un puissant anti-douleur. Le souci avec ce type de médicaments, c’est qu’ils provoquent très fréquemment des addictions et autres effets secondaires dévastateurs. Loin de soigner les patients, ils se contentent de masquer une douleur. Et une grande partie du roman va tourner également autour de cette addiction. Dès la première consultation (Yo Doc Gynéco, comme ça va ti toué ?!), le Docteur Lamotte va proposer à Rickey un contrat de prestation consistant à créer un menu pour le restaurant gastronomique qu’il souhaite ouvrir au sein d’un casino (sur un bateau mais balek, ce n’est pas important). En lecteur prudent, vous avez sûrement comme moi, senti le danger pointer le bout de son sale museau. Rendre quelqu’un dépendant de vos services pour pouvoir l’exploiter, quelle belle idée de salopard… J’ai eu un doute en constatant que l’histoire avançait sans que Rickey accepte cette offre mais finalement il va l’accepter et c’est la que tout les lecteurs se disent « Mais voilà, mais c’était sûr en fait ! » (Comment ça va Sardoche ? Les nerfs, le clavier, l’écran ?).

C’est après cet épisode que Milford va revenir dans l’histoire. Après dix ans de prison, il a du mal à se réinsérer dans la vie, notamment professionnelle. G-man et Rickey vont lui proposer d’intégrer l’équipe d’Alcool, ce qu’il va évidemment accepter. Sa présence va engendrer de la haine pour le restaurant et ses propriétaires. Ce n’est pas très important, parce qu’au final, cette partie n’est pas traitée à fond par l’auteur. Il y a simplement Tanker qui va être viré par Rickey, parce qu’il a mal géré des menaces proférées durant les vacances du petit couple. Cela va amener un personnage plus que secondaire en fin de roman, qu’un G-man se sentant délaissé va embrasser une fois imbibé d’alcool… Aucun intérêt. Pourtant cette histoire avec Tanker va noircir quelques pages du roman. J’ai trouvé cette partie vraiment superflue. Bref !

Au-delà de la manipulation, des effets des médicaments et de l’addiction, le roman va aussi se pencher sur les conséquences de tout ça sur le couple G-man et Rickey. Au début c’est génial, les cachets augmentent la libido et réduisent douleur et stress de Rickey. Top ! Mais. Très vite c’est l’inverse qui va se produire. Le chef Rickey va s’assommer de médicaments, délaisser G-man et accepter le deal avec Lamotte pour obtenir encore plus d’ordonnance. Il va devoir partager son temps entre Alcool et Soul Kitchen. Par ailleurs, il va proposer Milford comme chef exécutif de ce deuxième restaurant. Il est temps que j’évoque enfin un personnage que l’on voit peu mais qui va être important : Clancy Fairbairn. L’auteur en parle très peu alors que finalement, c’est lui qui va apporter les seuls moments d’action. C’est tout ce que j’ai à en dire.

En somme, c’est un bon roman… Mais ! L’histoire aurait pu être plus intense si l’auteur avait travaillé et évoquer plus souvent la partie concernant Milford. Même si en l’état actuel les événements sont logiques, je trouve qu’il manque un peu de profondeur à cet ouvrage.

Petit bonus… La doctoresse vietnamienne. J’avoue que c’est un passage totalement anodin du roman pourtant j’ai adoré ce personnage et juste « Merci de l’avoir créé ».

Anecdote : Tout comme Chronique Alicienne, ce roman m’est tombé dans les mains sans que je ne le cherche ! Lui aussi, j’ai décidé de lui laisser une chance. La couverture était suffisamment originale pour que je lui accorde un peu de mon attention. Encore une fois, c’était un très bon choix que de le garder. 🥰

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021, menu « Automne douceur de vivre », catégorie « Eh Jiji, tu ne trouves pas que ça sent drôlement bon à la Gütiokipänja ! » (Parcours initiatique, jeunesse, famille, nourriture).

Bonne lecture ! Signé C.

FOCUS : Tome 3 – Autre-Monde – Maxime Chattam


Résumé : L’invasion d’Eden est imminente. Pour défendre la cité et déjouer les plans maléfiques de la reine Malronce, il n’y a plus d’autre choix : il faut combattre. Les Pans doivent alors développer leurs pouvoirs, affronter Cyniks et Gloutons dans une guerre sans merci, braver le Raupéroden, dont la vrai nature, comme celle de la reine Malronce, leur restera longtemps inconnue. C’est l’épreuve ultime pour Matt, Ambre et Tobias, qui doivent apprendre la vie en commun, la politique, et aussi le lien vital et salvateur qu’il faut préserver avec la nature. Pour survivre, pour que le monde change, et que renaisse l’espoir. Entrez dans l’Autre-Monde, rejoignez l’Alliance des Trois. Elle vous mènera jusqu’au bout de sa longue quête…

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : Un troisième tome qui commence à Eden, le Paradis perdu des Pans. Matt et Ambre s’empressent de prévenir les habitants que la guerre contre les Cyniks est imminente. Tout s’emballe. La jeune fille découvre que les scararmés (les scarabées bleus et rouges) décuplent la puissance de l’altération, quant à Plume elle ramène un troupeau de chiens gigantesques ! Peu à peu mais dans l’urgence, les Pans se préparent à défendre leur liberté et leurs vies. Un groupe composé le plusieurs Pans, dont Matt, Ambre, Ben et Floyd les Longs Marcheurs, partent de leur côté en terre Cynik afin de découvrir les secrets du Testament de Roche (table gravée d’un plan sur laquelle s’est réveillé Malronce après la tempête, certaine de devoir y poser la peau d’un Pan… Bref).

Tobias quant à lui, absorbé par le Raupéroden à la fin du second tome, vit un vrai cauchemar éveillé. Enfermé avec d’autres personnes, il attend le moment où le « Dévoreur » comme il le nomme, viendra le prendre pour justement, le dévorer… Prenant son courage à deux mains, il mène l’enquête. Rapidement il découvre que parmi ses compagnons de cellule se trouvent des visages connus… Colin le traître ainsi que Franklin le Long Marcheur. Malheureusement, ils ne lui seront pas d’une grande aide. Seul, il réussit à découvrir que le Dévoreur est une gigantesque araignée, mais plus important encore, qu’il se trouve actuellement dans le Raupéroden. L’araignée n’est autre que son estomac, les éclairs ses muscles, et son système immunitaire est une nuée de moustiques. La découverte qui lui permet de tirer ses conclusions n’est autre qu’un mobile en acier, le cœur du Raupéroden, quant à son cerveau, il s’aperçoit avec effroi qu’il s’agit de quelqu’un que l’on connaît déjà, quelqu’un qu’on a vu au tout début de la saga… Le père de Matt. J’avoue avoir émis l’hypothèse (voir la chronique du tome 2) qu’il puisse être son père plus tôt dans l’histoire. Une simple intuition. Il y a un passage où est évoqué un(e) rival(e) de cette créature la « Rauméduse ». Je me suis imaginé qu’elle était la mère de Matt, qui du coup ne serait pas Malronce, mais… Si ! Rauméduse est le nom donné à Malronce par le Raupéroden.

Le groupe de Pans explorateurs se trouvent confrontés à de grands dangers. Notamment durant leur traversée de la Passe des Loups… Les Pans y sont attaqués par une meute de loups aussi grands que les chiens qu’ils montent, donnant tout son sens au nom de cette trouée dans la forêt aveugle. Les adolescents tentent de fuir mais cela semble être vain, c’est alors que Peps, le chien de Luiz décédé quelques chapitres plus tôt, décide de se sacrifier. Laissant ainsi aux adolescents le temps nécessaire pour s’évader. J’ai fermé le livre et j’ai fait une minute de silence pour ce héros à quatre pattes… Je ne vous cache pas que c’était surtout pour sécher les larmes que ce sacrifice a provoqué, et qui rendait ma lecture difficile avec les lettres toutes floues. Bref, j’avais envie de vous partager ce passage qui m’a sincèrement émue, comme un dernier hommage à Peps, leur sauveur.

Un autre chien est prêt se sacrifier pour le groupe, ou une chienne devrais-je dire : Plume… Après la fuite du royaume de Malronce. Attendez, je reviens un peu en arrière. Les Pans sont arrivés sur les terres de la Reine Malronce. Celle-ci loge dans le château de… suspense insoutenable… De Disneyworld en Floride ! Une idée vraiment surprenante de la part de l’auteur, j’ai adoré imaginer ce parc d’attraction complètement modifié par la Tempête, sous un ciel rouge… D’ailleurs ! Rouge car la zone se trouve à côté de volcans en fusion. Bref. Fuyant l’endroit, poursuivis par un nouveau type d’adultes mutants, les Renifleurs de la Horde, les Pans qui viennent de perdre Neil (il s’est bravement sacrifié pour sauver Ambre) partent au galop sur leurs chiens direction Hénok et ses Mangeombres. Une petite parenthèse sur les Renifleurs, ce sont des adultes en train de mourir au moment de la Tempête que le courant électrique à ranimé. Leur physique me fait penser, allez savoir pourquoi, aux ennemis rencontrés dans Silent Hill. Peut-être est-ce aussi à cause de l’ambiance du parc d’attraction et de la brume au sol qui m’a rappelé le brouillard du célèbre jeu. Revenons à ce presque sacrifice. Plume, sachant que son maître et ses amis étaient pris en étaux entre les Mangeombres qui attendaient une proie pour quitter l’entrée de leur grotte et la Horde qui arrivait dans leur dos, décide courageusement de se mettre à découvert, dans la plaine, pour appâter les Mangeombres… Heureusement l’auteur n’a pas laissé mourir Plume ! Le plan mis au point par Matt fonctionne, les premiers monstres tuent les seconds et les Pans s’échappent avec leurs chiens.

Pendant ce temps, Ambre, a dos de papillon géant se rend seule au cœur de la Forêt Aveugle, ou plutôt au milieu de la Mer Sèche, afin de retrouver les Kloropanphylles. Les Pans, durant leur intrusion dans le château de Malronce découvrent que le Grand Plan les mènent à nouveau chez ce peuple. La jeune fille espère un accueil, à défaut d’être chaleureux, au moins pacifique. Après une mésaventure, elle termine chez les Becs ! Une tribu panesque en conflit perpétuel avec le Nid. Malgré leurs désaccords, les deux tribus finissent par s’accepter, car Ambre et les Becs sauvent les Kloropanphylles d’un Requiem-Rouge, monstre le plus dangereux de la Mer Sèche.

Le tome, voire le cycle se termine sur une bataille épique ! Les Pans et les Cyniks se lancent dans une guerre sans pitié. Les morts s’accumulent dans les deux camps. Ambre, arrive avec les tribus de la Mer Sèche et elle ramène avec elle une force extraordinaire que son organisme a assimilé : le Cœur de la Terre. Matt quant à lui, réussit à appeler le Raupéroden, qui en voulant se jeter sur lui absorbe Malronce, la Rauméduse. De cette union ressort la paix. Ambre se lance dans un discours qui unis les Pans et les Cyniks. Tout est bien qui fini bien !

Un tome riche en événements, en révélations mais également en sacrifices… Avec une fin épique ! Bref, ce cycle est incroyable. Je ne sais pas s’il est vraiment nécessaire d’en faire un supplémentaire mais puisqu’il est déjà écrit et sorti depuis longtemps, je vais le lire !

Anecdote : Lu pour le Pumpkin Autumn Challenge 2020, menu automne des enchanteresses, catégorie « Badge PAC 2020Nausicaä de la vallée du vent » (Nature writing, écologie, nature, post-apocalyptique).

Bonne lecture ! Signé C.